A2025 --- PHYSIQUE I PSI
Cmp
Concours commun
Mines-Ponts
ÉCOLE NATIONALE DES PONTS et CHAUSSÉES,
ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS,
TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS,
MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY,
IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS,
CHIMIE PARISTECH - PSL.
Concours Mines-Télécom,
Concours Centrale-Supélec (Cycle International).
CONCOURS 2025
PREMIÈRE ÉPREUVE DE PHYSIQUE
Durée de l'épreuve : 3 heures
L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :
PHYSIQUE I - PSI
L'énoncé de cette épreuve comporte 7 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur
d'énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des
initiatives qu'il est
amené à prendre.
Les sujets sont la propriété du GIP CCMP. Ils sont publiés sous les termes de
la licence
Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de
Modification 3.0 France.
Tout autre usage est soumis à une autorisation préalable du Concours commun
Mines Ponts.
Physique I, année 2025 -- filière PSI
Le canon, fournisseur d'impulsion
L'impulsion désigne, dans le langage général, l'élan initial qu'on donne à un
objet (projectile)
qui poursuit ensuite son mouvement. Il à un sens plus spécifique en physique,
depuis son
introduction sous le nom #mpetus au moyen--âge : ainsi, un point matériel de
masse m et de
vitesse Y a pour impulsion p = mv et un système étendu de masse M et de
barycentre G
a pour impulsion p = Müc. Cette grandeur joue par ailleurs un rôle essentiel en
physique
microscopique, quantique et relativiste.
L'acquisition d'impulsion pour un projectile est le but d'un canon. Le sujet
comporte trois
problèmes I (description hydrodynamique d'un canon à eau), IT (étude
thermodynamique d'un
canon à poudre explosive) et IIT (modélisation électromagnétique d'un canon
électromagné-
tique). Ils sont totalement indépendants. Dans l'énoncé des questions posées,
exprimer signifie
donner une expression littérale et calculer signifie donner une valeur
numérique ; toutes les ap-
plications numériques seront réalisées avec seulement deux chiffres
significatifs ; on notera que
V2=14, V3%1,7, V5=22 et V7 2,6.
I Canon à eau
Le canon à eau est un dispositif utilisé par les pompiers pour éteindre les
incendies tout en
restant à distance des flammes ; on en utilise aussi dans les opérations de
police anti-émeutes.
Le but du dispositif est de projeter à grande distance, à travers un tube
métallique cylindrique
de diamètre d et de longueur £, de l'eau avec une vitesse initiale w élevée
(voir figure 1).
Un tel canon doit, dans le cas le plus favorable, avoir une portée maximale L
-- 150m. On
supposera que l'eau est un liquide incompressible de masse volumique po =
1,0x10° kg :m * et
peu visqueux, 7 = 1,0x10-*Pa:s.
jet d'eau
FIGURE 1 -- Canon à eau (photo SDIS de la Haute-Loire et Jéremy Rousseau) et
son schéma
Après être sorties du canon, les gouttes d'eau sont en mouvement sous la seule
action du champ
de pesanteur, d'intensité g = 9,8m:s?.
D -- 1. En négligeant tout frottement, montrer que la trajectoire des gouttes
est parabolique et
que la portée maximale est atteinte lors d'un tir sous un angle de 45° (figure
2).
Exprimer v, en fonction de g et L puis calculer sa valeur.
En déduire le diamètre d du canon s'il permet d'assurer un débit sortant de
6000 L:min !
(cas des plus gros canons à eau commercialisés).
D -- 2. Justifier que la totalité du jet est isobare à pression identique à
celle P, = 1,0 bar de l'air.
Peut-on appliquer le théorème de Bernoulli le long de cet écoulement
parabolique ?
Quelle est en particulier la vitesse minimale de l'eau entre sa sortie du canon
en © et son
impact au sol ?
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Physique I, année 2025 -- filière PSI
O L
> LT
FIGURE 2 -- Canon à eau en configuration de portée maximale
Si la pression de sortie du canon est bien pratiquement identique à P5, sa
pression à l'entrée
du tube, c'est-à-dire juste à la sortie de la pompe qui l'alimente, est plus
élevée ; on la notera
P; + AP. La chute de pression AP le long du tube est due aux effets combinés de
la viscosité
de l'eau et de la rugosité relative du matériau formant l'intérieur du tuyau du
canon; cette
grandeur mesure le rapport £/d de la hauteur moyenne des aspérités au diamètre
du tuyau. La
hauteur EUR des aspérités à l'intérieur d'un tuyau de canon à eau sera comprise
entre 0,1 mm et
1,0 mm ; sa longueur est { = 1,0 m.
[=]
Q
ND
i
£ (mm) :
0.25
0.025
0.0025
! glass 0.0025
: | Fer, Fonte 0.15
M Égout, usé 3.0
77] Acier, revêtement ciment 0.1
Matériau
1" Béton, grossier
©
©
na
ct
ï
Turbulence complète
Coefficient de perte de charge
[--)]
=
E neAn) np oAtepor oyrso8ny
+ Acier, rouillé 0.5 1 10°
! | Acier, de construction ou forgé | 0.025 5x1076
[ 1 L Canalisation d'eau, usée - LOT ET ART EP NOTE Tuyau lisse 10-56
iii PP Li D LU LE iii ii iii sr ii ii iii
10% 104 10 106 107 105
Nombre de Reynolds
FIGURE 3 -- Diagramme de Moody
Le diagramme de Moody (figure 3) permet alors de déterminer le facteur de
friction £ de
Darcy-Weisbach ; on peut alors en déduire la perte de charge selon :
2
Povs
AP = £---- 1 1
3 (1)
D -- 3. Rappeler l'expression du nombre de Reynolds R d'un écoulement, puis
calculer celui-ci
pour l'eau à l'intérieur du canon à eau. Que peut-on en conclure ?
D -- 4. Déterminer les valeurs extrêmes de £ puis de AP ; commenter.
La pompe qui alimente un tel canon prélève l'eau dans un réservoir de grande
dimension contenu
dans le camion, à la même altitude que la pompe, au repos et à pression
atmosphérique. Cette
pompe accélère donc l'eau (qui atteint la vitesse vo 38 m-s7! à l'entrée du
canon) et augmente
sa pression pour compenser les pertes de charge de la loi de Darcy-Weisbach
(1), elle atteint
P, = 6,0 bar à l'entrée du canon, pour une sortie de celui-ci sous pression
atmosphérique.
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Physique I, année 2025 -- filière PSI
D -- 5. En négligeant tout frottement mécanique à l'intérieur de la pompe,
exprimer la puissance
P qu'elle fournit en fonction de vo, Fe, Po, po et du débit volumique D...
Exprimer aussi
le rendement propulsif k défini comme la fraction de puissance utilisée
effectivement pour
l'acquisition d'impulsion de l'eau en sortie du canon.
1 -- 6. Calculer P et k; commenter.
IT Canon à propulsion chimique
Une arme à propulsion chimique (qu'il s'agisse d'une arme légère ou d'une pièce
d'artillerie)
contient (figure 4) un projectile Z, à symétrie de révolution, de rayon très
légèrement inférieur
au rayon a de l'âme du canon, de longueur £. Au moment de l'explosion,
l'arrière du projectile
(le culot) est disposé en x = 0; entre ce culot et la culasse à l'arrière du
canon se trouve
la chambre de combustion de volume V. dans lequel une certaine quantité de
poudre sera, à
l'instant { = 0, portée à température suffisante (par exemple par percussion)
pour en déclencher
la combustion avec élévation de température et de pression; c'est celle-ci qui
va propulser le
projectile dans le tube du canon.
projectile à & = 0 projectile à £{ > 0
Î Î
BR | ----îñ--_------_--_--_--_--_--__
S VW : [20
=) EE
> D TD A
âme
LL @. >
0 X (4)
FIGURE 4 -- Projectile dans un canon
Ainsi, pendant le mouvement du projectile, les gaz qui le propulsent occupent
en arrière de
celui-ci le volume V(t) = V. + ra?X(t) où X est l'abscisse du projectile, de
masse M. On
négligera toute fuite de ces gaz vers l'extérieur, qui sera considéré comme
vide. On négligera
aussi les forces de pesanteur.
ITA Le modèle des gaz de Joule
Tous les systèmes thermodynamiques étudiés seront décrits au moyen des
variables intensives
(pression P et température T) et des grandeurs extensives volume, énergie
interne et entropie
dont les valeurs molaires seront notées V,,, U,, et S,. On rappelle, en dehors
de toute transfor-
mation chimique ou changement d'état, l'identité thermodynamique associée à
toute évolution
infinitésimale :
Un = T dS$m -- P dVn (2)
Du fait des pression et température élevées régnant dans le canon, on ne peut
se contenter d'un
modèle de gaz parfait. On adoptera donc le modèle de Joule défini par deux
caractéristiques
(admises) :
-- le gaz vérifie la première loi de Joule : l'énergie interne molaire U,,(T)
ne dépend que de
la température ;
-- l'entropie molaire du gaz à pour expression :
ST Vin) = So +R [TT (Pr .) (3)
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Physique I, année 2025 -- filière PSI
où So, R>0,b>0et y > 1 sont des constantes.
Q -- 7. Déduire de (2) les expressions de U,,(T) (à une éventuelle constante
additive près) et de
l'équation d'état P = P(n,V,T) pour une quantité de matière n en fonction des
constantes
R et b.
À quelle(s) condition(s) ce modèle décrit-il un gaz parfait monoatomique ?
Attention,
dans ce qui suit on ne se placera pas dans ce cas particulier.
D -- 8. Rappeler les définitions puis donner les expressions des capacités
thermiques molaires Cm
et Cym du gaz de Joule à volume et à pression constantes ; commenter.
On note P, la pression (très élevée) juste après la fin de la combustion, à t =
0* lorsque le
volume disponible pour le gaz est V.. On admet aussi que la combustion est
instantanée et
produit exclusivement un gaz de Joule, en quantité de matière n. On suppose
d'abord que
la détente de ce gaz, pendant le mouvement du projectile dans le canon, est
adiabatique et
réversible.
Qi -- 9. Établir une relation liant, pendant une telle transformation, la
pression P et le volume
molaire V,, en fonction de b et de 7.
L'hypothèse isentropique est en fait peu réaliste et nous ne la conserverons
pas dans ce qui suit.
On considère donc ici, toujours dans le modèle du gaz de Joule, une évolution
intérieurement
réversible telle que le transfert thermique 0Q reçu par le gaz n'est plus nul
maïs donné par
0Q = KkÔW en fonction du travail des forces de pression, également reçues par
le gaz.
D -- 10. Quel est, à votre avis, le signe de k ?
Établir la relation P-(V,, -- b)? = cte et exprimer l'exposant q en fonction de
# et .
J -- 11. Exprimer la force de poussée F,(t) exercée sur le culot du projectile
en fonction de P;, V,
n, b, a, X(t) et q.
D -- 12. Cette force est-elle conservative ? Une réponse justifiée est attendue.
IIB Balistique intérieure
On étudie ici le seul cas d'un canon à âme lisse : le mouvement du projectile
est seulement une
translation et on peut négliger tous les frottements.
D -- 13. Établir l'équation différentielle du second ordre vérifiée par X(#).
D -- 14. Montrer que l'impulsion p, acquise par le projectile à sa sortie du
canon est donnée par
la relation :
Xo \7!
8 -- Po 1 --
Fa (x)
et exprimer X, en fonction de a, V., b et n ainsi que p, en fonction de M, q,
n, R et de
la température T; des gaz à t = 0*. Commenter la signification et l'expression
de ps.
IIT Canon électromagnétique
Depuis la découverte des phénomènes d'induction, l'utilisation des forces
électromagnétiques
pour la mise en mouvement de projectiles a été souvent évoquée. Dès 1917, le
français FAUCHON-
VILLEPLÉE réalise un prototype et dépose un brevet aux États-unis pour un tel
canon (figure
5) : le projectile (f) est en contact électrique (e et e") avec deux rails
conducteurs (g et g?)
qui permettent le passage du courant électrique généré par des batteries. Le
projet a été repris
pendant la seconde guerre mondiale en Allemagne puis par de nombreux pays
depuis ; l'agence
de défense européenne (EDA) finance actuellement un projet de ce type (PILUM).
Nous nous
contenterons ici d'une étude de principe.
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Physique I, année 2025 -- filière PSI
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FIGURE 5 -- Extrait du brevet US N°1 370 200
IIIA Ordres de grandeur
Le canon électromagnétique repose sur la production d'un champ magnétique
statique B par
un courant électrique 1 circulant dans un circuit fermé. Nous utiliserons, à
titre de modèle, le
champ créé par un fil infini, cylindrique, confondu avec l'axe (Oz), parcouru
par le courant 1
(figure 6). On caractérise un point M extérieur au fil par ses coordonnées
cylindriques (r, 0, 2).
On note lo = 1,3x10 6H :m ! la splitéabilité magnétique du vide.
D -- 15.
El >
Z
M
7,
k x CO
VA (l
iT
(l
O I
--?#Y ® ----+ L ------ Z
FIGURE 6 -- Fil infini créant en M un champ magnétique
Déterminer la direction du champ magnétique B créé en M par ce fil. En déduire
la
projection de B sur la base locale cylindrique en fonction des coordonnées de M.
Dans l'expérience de 1917, un projectile de masse m = 50 g est accéléré par un
canon électroma-
gnétique de longueur { = 25 m et atteint à sa sortie l'impulsion p, =
10kg-m-s"7!, L'écartement
des rails est de l'ordre de d = 1 cm.
3 -- 16.
D -- 17.
D -- 18.
D -- 19.
En supposant l'accélération a constante à l'intérieur du canon, exprimer la
durée At du
tir en fonction de £ et a puis a en fonction de m, p, et £.
Dans le cas d'un tir en direction non horizontale, est-il légitime de négliger
le poids du
projectile ?
Rappeler l'expression de la force de LAPLACE exercée sur un conducteur
électrique.
En supposant le champ magnétique uniforme dans le canon, exprimer son intensité
mini-
male B, en fonction de a, m, d et du courant électrique 7.
Ce champ magnétique est assimilé à celui créé par un fil infini situé à la
distance d/2 du
point où se trouve le projectile. Exprimer puis calculer la valeur minimale 7
du courant
électrique nécessaire à la réalisation de l'expérience, en fonction de m, a et
Ho.
La résistance électrique du système est notée À. On définit le rendement de
propulsion 7
comme le rapport de l'énergie cinétique emportée par le projectile à l'énergie
électrique
nécessaire au tir. Montrer que l'on peut mettre ce rendement sous la forme 7 =
R,/R en
exprimant la résistance utile R, en fonction de Lo, m et p,. Sachant que À, =
107" Q,
proposer une conclusion.
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Physique I, année 2025 -- filière PSI
IIILB Modélisation
La géométrie du propulseur et des rails d'alimentation est proposée figure 7;
le générateur
de tension constante Æ4 alimente l'ensemble en courant électrique depuis une
abscisse x < 0. La ligne est fermée par le projectile à l'abscisse X(t). Le mouvement de celui-ci démarre en X(0) = 0 et se termine par l'éjection en X (At) -- £. La résistance électrique R(X) du circuit, tout comme l'inductance propre L(X), dépendent a priori de la progression du projectile dans le canon. Le courant /(t) est donc variable. On note m la masse du projectile et on néglige le poids et tous les frottements. FIGURE 7 -- Le propulseur d'un canon électromagnétique et son schéma équivalent Les rails de guidage, distants de d, sont formés d'un matériau conducteur de conductivité 7, de hauteur h et d'épaisseur e. D -- 20. Rappeler la loi de Faraday de l'induction électromagnétique. On distingue parfois deux situations d'induction : « circuit fixe dans un champ magnétique variable » (induction de Neumann) et « circuit mobile dans un champ magnétique statique » (induction de Lorentz). Que dire de cette distinction dans le cas de la figure 77? . Établir l'équation électrique reliant Æo, les fonctions L(X), R(X), I(t), X(t) et leurs dérivées. d£ . Justifier que la force propulsive est F = 1°(t)--- ; en déduire l'équation mécanique qui dX ? décrit le mouvement du projectile. . L'argument « la longueur des rails d'alimentation est {, indépendamment de la position du projectile » pourrait servir à justifier un modèle où R(X) = cte. En limitant votre argumentation à quelques lignes au maximum, expliquer pourquoi cet argument est in- correct. Dans la suite on négligera la résistance électrique du projectile et la résistance interne du générateur. Justifier le modèle linéaire, R(X) = p X et exprimer p en fonction des caractéristiques du rail de guidage. . En négligeant les effets de bord, on pourra en première approximation considérer le champ magnétique B , dans le plan 2 = 0 où se trouve le projectile, comme uniforme dans chaque zone de l'espace (entre les rails et hors de ceux-ci). Montrer, en précisant les hypothèses ou approximations nécessaires, qu'entre les rails il vaut Bo © ol/h; on pourra s'inspirer du modèle du solénoïde infini. Page 6/7 Physique I, année 2025 -- filière PSI En déduire l'expression de de. Les équations différentielles du mouvement prennent la forme non linéaire ci-après, qui ne permet qu'une résolution numérique : ax = al? et X(t#)I(4)+7 ee | x Te = B dt dt dt D -- 25. Exprimer les constantes positives à, 6 et T7 en fonction des données du problème. Préciser la dimension de 7 et son interprétation physique. FIN DE L'ÉPREUVE Page 7/7