CCP Chimie 1 PC 2012

Thème de l'épreuve Étude comparative de l'aluminium et du magnésium. Synthèse du taxol.
Principaux outils utilisés atomistique, cristallographie, thermochimie, solutions aqueuses, oxydoréduction, mélange binaire, chimie organique, orbitales moléculaires
Mots clefs aluminium, magnésium, Slater, composé défini, taxol, carbure, alcynure, triazoture

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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SESSION 2012 PCCH107 EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE PC ____________________ CHIMIE 1 Durée : 4 heures ____________________ N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre. ___________________________________________________________________________________ Les calculatrices sont interdites Toute réponse devra être clairement justifiée. Le sujet est composé de deux parties : - la première aborde une étude comparative des propriétés physico-chimiques de l'aluminium et de ses dérivés ; - la deuxième partie traite d'une approche de synthèse du cycle A du taxol ainsi que de celle de la chaîne latérale. Il est recommandé d'utiliser, uniquement pour l'écriture des mécanismes, des représentations simplifiées des molécules ne pouvant faire apparaître que la seule fonction organique concernée par la transformation chimique étudiée. Dans chaque partie, de nombreuses questions sont indépendantes. Toutes les données utiles au problème sont regroupées en fin de sujet. 1/12 Tournez la page S.V.P. 1- Etude comparative de quelques propriétés de l'aluminium et du magnésium L'aluminium est remarquable pour sa résistance à l'oxydation et sa faible densité. C'est le métal le plus abondant de l'écorce terrestre. Son minerai principal est la bauxite, où il est présent sous forme d'oxyde hydraté dont on extrait l'alumine. L'aluminium est un produit industriel important, notamment dans l'aéronautique, les transports et la construction. Sa nature réactive en fait également un catalyseur et un additif dans l'industrie chimique. 1.1 Atomistique 1.1.1 Citer, avec précision, les règles permettant d'établir la configuration électronique d'un atome dans son état fondamental. 1.1.2 Ecrire la configuration électronique du magnésium, Mg (Z = 12) et de l'aluminium, Al (Z = 13), dans leur état fondamental. En déduire le nombre d'électrons de valence du magnésium et de l'aluminium. 1.1.3 Préciser la place du magnésium et de l'aluminium (période et colonne) dans la classification périodique. 1.1.4 Quels sont les nombres d'oxydation les plus courants du magnésium et de l'aluminium ? Justifier votre réponse. 1.2 Energie de première ionisation L'énergie de première ionisation du magnésium est de 738 kJ.mol-1, celle de l'aluminium, 577 kJ.mol-1. 1.2.1 Rappeler la définition de l'énergie de première ionisation d'un atome. 1.2.2 Calculer, dans le modèle de Slater, les constantes d'écran pour les électrons de valence du magnésium et de l'aluminium. En déduire les valeurs des charges effectives des électrons de valence de l'aluminium et du magnésium. 1.2.3 Le modèle de Slater permet-il d'interpréter la différence entre les valeurs d'énergie de première ionisation du magnésium et de l'aluminium ? Proposer une explication sans calcul supplémentaire. 1.3 Etude cristallographique de l'aluminium et du magnésium Le magnésium cristallise dans une structure hexagonale compacte, hc, alors que l'aluminium cristallise dans une structure cubique à faces centrées, cfc. 2/12 1.3.1 Représenter la maille conventionnelle de la structure cfc de l'aluminium. Etablir la relation entre le paramètre de maille, aAl, et le rayon de l'atome d'aluminium, RAl. 1.3.2 Représenter la maille conventionnelle de la structure hc du magnésium (prisme droit, de hauteur c, à base losange d'arête aMg). Rappeler la relation entre c et aMg et celle entre aMg et le rayon de l'atome de magnésium, RMg. 1.3.3 Calculer le nombre d'atomes par maille conventionnelle ainsi que la coordinence de ces atomes pour la structure cfc de l'aluminium et la structure hc du magnésium. 1.3.4 Quelle est la valeur de la compacité pour chacune de ces structures cristallographiques ? Justifier votre réponse sur l'exemple de la structure cfc de l'aluminium. 1.3.5 Représenter, pour la maille conventionnelle de type cfc, les centres des sites interstitiels octaédriques, symbolisés par « », et tétraédriques, symbolisés par « T », situés dans les plans suivants : - plan correspondant à une face du cube ; plan parallèle à une face et passant par le centre du cube ; plan contenant deux arêtes parallèles n'appartenant pas à la même face. 1.3.6 Exprimer, en fonction du rayon atomique de l'aluminium, RAl, le rayon maximal d'un atome « logeant » dans chacun de ces sites. Justifier votre réponse. 1.3.7 A partir des valeurs des paramètres de maille, aAl = 400 pm et aMg = 320 pm, calculer les valeurs du rayon atomique de l'aluminium et du magnésium pour ces structures. 1.3.8 Quels sites interstitiels peuvent être occupés par l'atome de magnésium dans la structure cfc de l'aluminium ? Les alliages Al-Mg sont-ils des alliages de substitution ou d'insertion ? Justifier votre réponse. 1.4 Diagramme de phases aluminium/magnésium Le diagramme de phases aluminium-magnésium présente les points remarquables suivants (voir tableau ci-dessous). La fraction molaire en aluminium, x Al (0 x Al 0,60), ainsi que la température de fusion correspondante à cette composition sont indiquées pour une pression fixée à 1 bar : Magnésium Eutectique E1 Composé défini D1 Eutectique E2 Composé défini D2 x Al 0,00 0,30 0,40 0,55 0,60 Température de fusion (°C) 650 440 460 455 470 1.4.1 Quelles sont les formules des composés définis D1 et D2 ? 3/12 Tournez la page S.V.P. 1.4.2 Représenter, pour 0 x Al 0,60, l'allure du diagramme de phases solide-liquide magnésium/aluminium en indiquant clairement la composition et la température des points remarquables. 1.4.3 Qu'appelle-t-on eutectique ? Tracer l'allure de la courbe de refroidissement isobare pour un mélange liquide ayant la composition de l'eutectique E1. Indiquer, pour chaque portion de cette courbe, la variance et les phases en présence. 1.4.4 Tracer l'allure de la courbe de refroidissement isobare pour un mélange liquide de fraction molaire en aluminium, x Al = 0,35. Indiquer, pour chaque portion de cette courbe, la variance et les phases en présence. 1.5 Etude de la réduction de l'alumine L'aluminium est produit industriellement à partir d'alumine, Al2O3. Les droites d'Ellingham, représentant l'enthalpie libre standard, r G°(T ), en fonction de la température T, ont été tracées pour les couples suivants : C(s)/CO(g), C(s)/CO2(g) et CO(g)/CO2(g) Les équations bilan des équilibres mis en jeu ont été rapportées à une mole de dioxygène. 1.5.1 Rappeler en quoi consiste l'approximation d'Ellingham. 1.5.2 Attribuer qualitativement chacune de ces droites d'Ellingham (notées 1 à 3) à un couple du carbone. 1.5.3 Tracer sur votre copie le diagramme d'Ellingham du carbone et de ses oxydes, en précisant les domaines de prédominance ou d'existence des différentes espèces. 1.5.4 Etablir l'expression de r G°(T ) pour la réaction de formation de l'alumine, Al2O3(s), rapportée à une mole de dioxygène, pour un domaine de température comprise entre 300 et 930 K d'une part et entre 930 et 2000 K d'autre part. 4/12 1.5.5 Superposer, sur le graphique obtenu en 1.5.3, les segments de droites d'Ellingham de la réaction de formation de l'alumine, Al2O3(s). Que peut-on en conclure quant à la réduction de l'alumine par le carbone ou l'un de ses oxydes ? 1.6 Analyse de la teneur en aluminium d'un minerai Afin de déterminer la teneur en aluminium dans un échantillon de bauxite, contenant essentiellement de l'alumine, Al2O3, et de l'hématite, Fe2O3, on met en oeuvre le protocole suivant : - 1,00 g d'un échantillon de minerai est mis en suspension, à chaud, dans 20,0 mL d'une solution aqueuse de soude de concentration 1,00 mol.L-1. Après refroidissement de la solution, on élimine par filtration un résidu solide de couleur rouille. - 20,0 mL du filtrat ainsi obtenu sont ensuite dosés par une solution aqueuse d'acide chlorhydrique de concentration 1,00 mol.L-1. On observe l'apparition d'un précipité blanc pour un volume versé en solution aqueuse d'acide chlorhydrique, v1 = 6,00 mL. On supposera que l'alumine, Al2O3, et l'hématite, Fe2O3, sont, en fonction du pH de la solution aqueuse, sous forme de : Al3+(aq), Al(OH)3(s), solide blanc, ou Al(OH )-4 (aq), pour l'alumine, Al2O3, Fe3+(aq), Fe(OH)3(s), solide rouille, pour l'hématite, Fe2O3. 1.6.1 Ecrire les équations de transformation de Al2O3(s) en Al(OH)3(s) et de Fe2O3(s) en Fe(OH)3(s) en présence d'eau. 1.6.2 Tracer le diagramme de prédominance ou d'existence des différentes espèces de Al(III) selon une échelle pOH. On ne cherchera pas à exprimer le pOH des frontières. 1.6.3 Montrer que l'hydroxyde d'aluminium, Al(OH)3(s), est un amphotère acido-basique en écrivant les équations des réactions correspondantes. 1.6.4 Ecrire l'équation de la réaction ayant lieu, pour Al(OH)3(s), lors de l'attaque basique à chaud du minerai par la soude supposée en excès. Quelle est la nature du résidu solide éliminé par filtration ? 1.6.5 Ecrire l'équation de la réaction de dosage pour un volume versé, v < v1, pour un volume versé v > v1. Calculer les constantes d'équilibre de ces réactions. 1.6.6 En déduire la quantité d'alumine ainsi que le pourcentage massique en alumine, Al2O3, dans la bauxite. 1.7 Electrolyse de l'alumine, Al2O3 L'électrolyse de l'alumine, dissoute dans la cryolithe fondue, Na3AlF6, a lieu à 1230 K. Les électrodes sont constituées d'aluminium liquide et de graphite solide. On observe un dégagement gazeux de dioxyde de carbone. 5/12 Tournez la page S.V.P. On admettra que, dans ce milieu et à cette température, les solides ioniques sont totalement dissociés en leurs ions constitutifs. Seuls les ions de ces solides sont alors à prendre en compte pour cette question. 1.7.1 Ecrire la structure de Lewis de l'anion constitutif de la cryolithe, Na3AlF6. Justifier que l'aluminium est l'atome central dans cet anion. Prévoir sa géométrie, à l'aide de la théorie VSEPR, autour de l'atome central d'aluminium. 1.7.2 Quels sont les ions constitutifs de l'alumine, Al2O3 ? Justifier votre réponse. 1.7.3 Quelle est la nature de l'électrode sur laquelle a lieu la formation de dioxyde de carbone gazeux ? La nommer et indiquer la réaction électrochimique ayant lieu sur cette électrode. 1.7.4 Quelle est la nature de l'électrode sur laquelle a lieu la formation d'aluminium liquide ? La nommer et indiquer la réaction électrochimique ayant lieu sur cette électrode. 1.7.5 Ecrire l'équation de la réaction d'électrolyse de l'alumine. Quel est l'intérêt d'effectuer l'électrolyse de l'alumine dans la cryolithe ? La différence de potentiels redox standard, associés aux deux couples d'oxydoréduction mis en jeu dans cette réaction d'électrolyse, est de 2,5 V à 1230 K. 1.7.6 En déduire une valeur de l'enthalpie libre standard de la réaction d'électrolyse de l'alumine solide dans la cryolithe à la température de 1230 K. 1.7.7 La tension U appliquée aux bornes de la cellule d'électrolyse est de 4,3 V. Comment justifier cet écart de valeur avec celle de la question précédente ? 1.7.8 Exprimer l'énergie E nécessaire à la production, sur une durée t, d'une masse d'aluminium, mAl, pour une tension U appliquée aux bornes de la cellule d'électrolyse traversée par une intensité de courant I, le rendement de la réaction d'électrolyse étant noté . 6/12 2- Etude de la synthèse du taxol Au début des années 1960, un vaste programme américain lancé par le National Cancer Institute et le Département Fédéral de l'Agriculture a conduit, dans le cadre de recherches de nouvelles sources d'anticancéreux, à la découverte du taxol, extrait des écorces d'if : O AcO Ph O Ph N H O 2 O OH 4 B A 1 6 OH 3 C H 5 HO BzO AcO O Ac = CH3CO : Ph = C6H5 : Bz = C6H5CO : acétyle phényle benzoyle Taxol 2.1 Etude spectroscopique de la cyclohexane-1,3-dione 1 Le réactif de départ du cycle A du taxol est la cyclohexane-1,3-dione 1, en équilibre avec un composé 2, largement majoritaire. 2 présente, entre autres, en infrarouge une bande très large entre 2200 et 3200 cm-1, centrée sur 2800 cm-1, ainsi qu'une bande intense à 1585 cm-1. Le spectre RMN (Résonance Magnétique Nucléaire) 1H de 2 présente quatre massifs distincts : Déplacement chimique en ppm 2,0 2,3 - 2,8 5,5 11,3 multiplicité Multiplet Multiplet Singulet Singulet intégration 2H 4H 1H 1H 2.1.1 Quel est le nombre de signaux observables pour les protons de la cyclohexane-1,3dione 1 ? Indiquer la multiplicité théorique de ces signaux. Justifier votre réponse. 2.1.2 Représenter le composé 2. Attribuer les signaux observés par RMN 1H pour les protons de 2 en présentant les résultats sous forme de tableau. Pourquoi n'observe-ton que 4 massifs de signaux ? 2.1.3 Attribuer les bandes d'absorption IR (Infrarouge) observées pour 2 et expliquer la valeur relativement basse du nombre d'onde de la bande à 1585 cm-1. 2.1.4 Nommer l'équilibre entre la cyclohexane-1,3-dione 1 et le composé 2. Justifier la stabilité du composé 2 par rapport à la cyclohexane-1,3-dione 1. Ecrire un mécanisme pour cet équilibre en catalyse acide. 2.2 Transformation de la cyclohexane-1,3-dione 1 Un équivalent de cyclohexane-1,3-dione 1 est traité par un excès de carbonate de potassium, K2CO3 et 2,1 équivalents d'iodométhane en solution dans l'acétone (ou propanone). Après 12 h de chauffage au reflux, le composé 3, de formule brute C8H12O2 est obtenu sous forme de cristaux blancs. 7/12 Tournez la page S.V.P. L'action sur 3, en solution dans le benzène, du 2,2-diméthylpropane-1,3-diol et de quantités catalytiques d'APTS (ou acide para-toluènesulfonique), conduit au composé 4, de formule brute C13H22O3. Ce dernier, en solution dans le Tetrahydrofurane (THF), est traité à basse température par du LDA (ou DiisopropylAmidure de Lithium) puis par un léger excès d'iodométhane. On isole un solide blanc 5 de formule topologique plane : O O 5 O 2.2.1 Quel est le rôle du carbonate de potassium ? Justifier qu'il est possible d'utiliser ce composé pour la transformation chimique souhaitée. 2.2.2 Représenter un montage de chauffage à reflux. Nommer la verrerie utilisée. Quel est l'intérêt d'un tel montage ? 2.2.3 Calculer le nombre d'insaturations de 3. Ecrire la formule topologique de 3 et proposer un mécanisme réactionnel pour sa formation à partir de 2. Nommer chacune des étapes de ce mécanisme. 2.2.4 Indiquer une méthode de purification adaptée à l'obtention de cristaux purs de 3. Décrire, en quelques lignes, son principe et le protocole expérimental usuellement mis en oeuvre. 2.2.5 Quel est le rôle de l'APTS dans la transformation 3 4 ? Quel est l'intérêt d'utiliser cette espèce chimique pour cette transformation au lieu par exemple d'acide sulfurique, H2SO4 ? 2.2.6 Proposer une formule topologique de 4 et écrire le mécanisme de sa formation à partir de 3. Comment améliorer le rendement de formation de 4 ? 2.2.7 Nommer et écrire la formule topologique de l'intermédiaire formé à partir de 4 et de LDA. Quelle est la structure possible d'un produit secondaire accompagnant celle de 5? 8/12 2.3 Action d'un alcynure sur 5 L'action d'un équivalent d'amidure de sodium, NaNH2, sur un équivalent d'acétylène (ou éthyne), liquéfié dans le THF à basse température, permet de former un composé ionique 6. L'addition de 5 conduit, après hydrolyse acide, au composé 7 représenté ci-dessous. Ce dernier est ensuite transformé en 8 par le dihydrogène en présence de catalyseur de Lindlar (palladium « désactivé ») : 6 5 puis hydrolyse acide O 7bis 7 non isolé O 2.3.1 Ecrire la formule semi-développée du composé ionique 6 ainsi que l'équation de la réaction de formation de 6. 2.3.2 Représenter le composé 7bis susceptible d'être isolé après hydrolyse acide. Proposer un mécanisme pour sa formation à partir de 6 et 5. 2.3.3 Pourquoi 7bis n'est pas isolé et se transforme dans les conditions de l'hydrolyse acide en 7 ? Ecrire un mécanisme pour la transformation 7bis 7. 2.3.4 Ecrire une formule topologique de 8. Pourquoi utiliser le catalyseur de Lindlar pour la transformation de 7 en 8 ? L'éthyne gazeux peut être généré à partir de carbure de calcium, CaC2, solide ionique. 2.3.5 Ecrire la structure de Lewis du dianion dicarbure. Quel réactif supplémentaire est susceptible de générer l'éthyne à partir de carbure de calcium ? 2.3.6 Construire le diagramme des orbitales moléculaires (OM) pour le dianion dicarbure en précisant les orbitales atomiques (OA) ayant « servi » à leur construction. On négligera pour la construction de ce diagramme les interactions entre les orbitales atomiques s et p. 2.3.7 Nommer les différentes OM obtenues et indiquer leur symétrie. Préciser l'occupation de ces OM pour le dianion dicarbure et calculer l'indice de liaison. Est-ce en accord avec la structure de Lewis de cet anion ? 9/12 Tournez la page S.V.P. 2.4 Formation d'un carbanion vinylique Le composé 8, traité à 60 °C par des quantités catalytiques d'APTS, dans un mélange 2:1 acétone/eau, permet d'obtenir le composé 9, de formule brute C11H16O. L'action sur 9 de la tosylhydrazine 10 dans le THF conduit à 11. Ce dernier composé, mis en présence à basse température, d'un excès de tert-butyllithium dans le THF, conduit à un dianion qui se transforme en organolithien vinylique 12 : THF 9 tert-BuLi dianion + - ArSO2 Li N SO2 NH-NH2 11 N N Li précurseur de 12 NH-SO2Ar 10 = ArSHO2-NH-NH2 12 Li 2.4.1 Proposer une formule topologique pour le composé 9. Quel est l'intérêt d'utiliser l'acétone pour la transformation 8 9? 2.4.2 Indiquer les protons à caractère acide de 11. Justifier votre réponse. Proposer une formule topologique du dianion issu de 11. Quel est le gaz qui se dégage lors de la formation de 12 ? L'organolithien 12 est ensuite piégé par du méthanal. Après hydrolyse acide, le composé 13, alors obtenu, est transformé par une suite de réactions en 14. Ce dernier, est traité par le réactif de Sarret afin d'obtenir 15 : méthanal 12 13 puis hydrolyse acide suite de réactif OH réactions OH 15 de Sarret 14 2.4.3 Ecrire la formule topologique de 13. Préciser les étapes opératoires à mettre en oeuvre afin d'isoler le composé 13 pur à l'issue de l'hydrolyse acide. 2.4.4 Quelle est la composition du réactif de Sarret ? Ecrire la formule topologique de 15. 10/12 2.5 Préparation de la chaîne latérale du taxol La préparation de la chaîne latérale du taxol a été réalisée à partir du benzaldéhyde 16. Celui-ci est transformé en 17, de formule brute C11H12O2, selon une réaction diastéréosélective. On obtient le diastéréoisomère de 17 dont la double liaison C=C est de configuration E. Puis, 17, par réaction d'époxydation, conduit à 18. Ce dernier est transformé en 19 par du triazoture de sodium, NaN3. N3 O O CO2Et 17 CO2Et NaN3 OH 16 18 puis hydrolyse 19 2.5.1 Ecrire la formule topologique de 17. Proposer un réactif permettant le passage de 16 à 17. Comment se nomme cette réaction ? 2.5.2 Représenter en convention de Cram les stéréoisomères de 18 obtenus lors de l'époxydation de 17, le cycle de l'époxyde étant dans le plan de représentation. Indiquer la relation de stéréochimie entre ces stéréoisomères. 2.5.3 Ecrire la structure de Lewis de l'anion triazoture, N 3- . Proposer un mécanisme expliquant le passage de 18 à 19. 19 est transformé en 20 par du chlorure de benzoyle (BzCl) en présence de pyridine, C5H5N. La transformation de 20 en 21 est une réaction d'hydrogénolyse. Elle met en jeu un catalyseur usuellement utilisé pour l'hydrogénation des alcènes et le dihydrogène. Le composé 21, non isolé, se transforme spontanément en 22, présentant l'ensemble des fonctions de la chaîne latérale du taxol : N3 CO2Et BzCl 19 pyridine NHBz NH2 CO2Et CO2Et OBz OBz 20 21 OH 22 2.5.4 Proposer un mécanisme pour la transformation de 19 en 20. 2.5.5 Quel catalyseur utilise-t-on usuellement pour l'hydrogénation des alcènes ? Quelles sont les autres fonctions organiques de 20 susceptibles d'être également hydrogénées ? Pourquoi la transformation de 20 en 21 est-elle chimiosélective ? 2.5.6 Proposer un mécanisme pour la transformation 20 21. 11/12 Tournez la page S.V.P. Données : Règles de Slater : on rappelle que dans le modèle de Slater l'énergie d'une orbitale atomique 2 Z associée au nombre quantique principal n est donnée par : ( n,l ) = - 13, 6 eff , n -19 en eV (1 eV = 1,6.10 J). La charge effective, Zeff , est calculée par : Zeff = Z - où Z est le nombre de protons et la constante d'écran calculée à partir du tableau ci-dessous : contribution des autres électrons groupe de l'électron niveaux étudié autres électrons du niveau n niveau n-2, n-3... n-1 1s 1s s et p d niveaux n+1, n+2... 0,30 s et p 1,00 0,00 0,85 0,35 0,00 0,00 1,2 ; 2 1,4 ; 8 1,6 ; 3 1,7 2 3 Enthalpies molaires standards de formation, f H° , entropies molaires standards, S°m , à 298 K : Approximations numériques : Composé Al(s) Al(l) Al2O3(s) O2(g) 3 f H° (en kJ.mol-1) 12 - 1680 S°m (en J.K-1.mol-1) 30 42 60 200 Constante globale de formation à 298 K de Al(OH )-4 : log4 = 33 Constante d'autoprotolyse de l'eau à 298 K : Ke = 10-14 Masse molaire (en g.mol-1) : O : 16 ; Al : 27 Numéros atomiques : C : 6 ; N : 7 ; F : 9 ; Mg : 12 ; Al : 13 Nombre de Faraday : F 105 C.mol-1 RMN 1H : gamme indicative de déplacements chimiques CH3-C -CH2-C-CH2-COR-OH 0,6 - 1,1 1,2 - 1,9 2,1 - 2,5 0,6 - 12,0 (ppm) -CH2OR 3,5 - 4,5 -HC=C 4,5 - 6,8 Infra-Rouge : nombres d'onde indicatifs de vibration de quelques groupes fonctionnels Groupe fonctionnel OH CH C=C C=O non conjuguée C=O conjuguée C-O éther-oxyde cyclique (cm-1) 3200 - 3600 2910 - 2970 1630 - 1670 1720 - 1750 1670 - 1700 1200 - 1250 Fin de l'énoncé. 12/12 IMPRIMERIE NATIONALE ­ 12 1243 ­ D'après documents fournis Température de fusion sous 1 bar : Tf(Al) = 930 K ; Tf(Al2O3) = 2320 K Température d'ébullition sous 1 bar : Téb(Al) = 2740 K Produits de solubilité à 298 K : Al(OH)3 : Ks = 10-32 ; Fe(OH)3 : Ks = 10-38 Constante d'acidité à 298 K : H2CO3/ HCO 3- : Ka1 = 10-6,3 ; HCO 3- / CO 32- : Ka2 = 10-10,3

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 CCP Chimie 1 PC 2012 -- Corrigé Ce corrigé est proposé par Laure-Lise Chapellet (ENS Lyon) ; il a été relu par Alexandre Hérault (Professeur en CPGE) et Mickaël Profeta (Professeur en CPGE). Le sujet est partagé en deux parties totalement indépendantes. La calculatrice étant interdite, des approximations numériques sont fournies dans le formulaire de fin d'énoncé. · La première partie touche à la chimie générale et étudie en particulier l'élément aluminium. Les aspects atomiques et cristallins sont abordés en dressant des comparaisons avec le magnésium. Les questions de ces sous-parties sont assez proches du cours et ne demandent pas de connaissances supplémentaires. Le diagramme binaire de ces deux éléments, comprenant des composés définis, est tracé. Par la suite, les procédés de production de l'aluminium sont l'occasion de tracer des diagrammes d'Ellingham et d'aborder la notion d'électrolyse. · La seconde partie relève, quant à elle, de la chimie organique, avec l'étude de la synthèse d'une molécule anticancéreuse, le taxol. Les différentes parties de la molécule sont synthétisées en faisant appel à un large éventail de réactions de chimie organique. Les spectroscopies RMN et IR sont utilisées pour la caractérisation de certains produits. Enfin, certaines réactions plus poussées font intervenir des mécanismes non connus mais proches de ceux vus en classe. Le sujet est dans la lignée des problèmes classiques et proches du cours des CCP ; il permet de réviser un large éventail de notions du programme tout en se familiarisant avec quelques applications plus avancées. Indications Partie 1 1.2.1 Penser à l'état physique des espèces intervenant dans la définition de l'énergie de première ionisation. 1.2.3 Observer les configurations électroniques pour évaluer les stabilisations et déstabilisations engendrées par le retrait d'un électron. 1.5.2 Raisonner sur les quantités de matières gazeuses produites par les réactions d'oxydation par mole de dioxygène pour remonter au signe de l'entropie standard de la réaction. 1.5.4 S'assurer que l'approximation d'Ellingham est valide sur les intervalles de température donnés. 1.6.5 La soude est placée en excès lors du traitement du minerai. 1.6.6 Prendre en compte les coefficients stoechiométriques de la réaction d'hydratation de l'alumine. 1.7.3 Chercher la seule source de l'élément carbone dans le système pour former le dioxyde de carbone gazeux. 1.7.8 Prendre en compte le rendement de la réaction dans le calcul de l'énergie dépensée. Partie 2 2.1.2 L'énol peut se former équiprobablement au niveau de l'une ou l'autre des cétones ; les deux énols résultants, bien que formellement identiques, sont en équilibre l'un avec l'autre. 2.3.6 L'énoncé précise qu'il ne faut pas prendre en compte les interactions entre orbitales s et p. Le diagramme construit est donc non corrélé. 2.5.6 Le mécanisme est dans un premier temps analogue à celui de l'hydrogénation des alcènes en présence d'un catalyseur hétérogène, puis du diazote est formé. 1. Étude comparative de quelques propriétés de l'aluminium et du magnésium 1.1 Atomistique 1.1.1 La configuration électronique d'un atome dans son état fondamental est obtenue à l'aide des règles de Pauli, Klechkowski et Hund. · Le principe d'exclusion de Pauli indique qu'au sein d'un atome, deux électrons ne peuvent pas avoir leurs quatre nombres quantiques (n, , m , ms ) identiques. · La règle de Klechkowski indique que le remplissage des orbitales atomiques se fait par ordre d'énergie croissante, c'est-à-dire avec un nombre (n + ) croissant, et qu'en cas d'égalité, l'orbitale ayant le plus petit nombre quantique principal (n) est remplie en premier. · La règle de Hund indique qu'au sein d'une sous-couche dégénérée, les électrons se répartissent de manière à maximiser le nombre de spins parallèles. Le principe d'exclusion de Pauli est à l'origine de la notion de case quantique (définie par les nombres n, et m ) dans laquelle ne peuvent être placés que deux électrons (ms = 1/2 et ms = -1/2). La règle de Hund est aussi formulée en disant que les électrons se répartissent de manière à maximiser la valeur du spin total. 1.1.2 En appliquant les règles précédentes, il vient que la configuration électronique du magnésium (Z = 12) dans son état fondamental est : Mg : 1s2 2s2 2p6 3s2 Le magnésium présente donc deux électrons de valence. De même, la configuration électronique de l'aluminium (Z=13) dans son état fondamental est : Al : 1s2 2s2 2p6 3s2 3p1 L'aluminium présente donc trois électrons de valence. 1.1.3 Les électrons de valence des deux éléments permettent de les replacer dans la classification périodique : · Pour le magnésium, le plus grand nombre quantique principal des électrons de valence est n = 3, ce qui le place dans la troisième période du tableau périodique. Par ailleurs, la dernière orbitale occupée est de type s et contient 2 électrons ; le magnésium est donc dans la deuxième colonne du bloc s, qui coïncide avec la deuxième colonne du tableau périodique. Il appartient ainsi à la famille des alcalino-terreux. · Pour l'aluminium, le plus grand nombre quantique principal des électrons de valence est également n = 3, il se place donc lui-aussi dans la troisième période du tableau périodique. En revanche, la dernière orbitale occupée est à présent de type p et contient un unique électron ; l'aluminium est donc dans la première colonne du bloc p, c'est-à-dire la treizième colonne de la classification périodique. 1.1.4 Le nombre d'oxydation le plus courant de ces éléments est celui qui leur permet d'acquérir la configuration électronique du gaz rare le plus proche, ici le néon. Pour cela, le magnésium doit perdre deux électrons tandis que l'aluminium doit en perdre 3. Les degrés d'oxydation les plus courants pour ces deux éléments sont donc +II pour le magnésium et +III pour l'aluminium. 1.2 Énergie de première ionisation 1.2.1 L'énergie de première ionisation est définie comme l'énergie nécessaire pour arracher un électron d'un atome sous forme gazeuse. Il s'agit donc, dans le cas de l'aluminium par exemple, de l'énergie mise en jeu dans la réaction suivante : Al(g) Al+ (g) + e- (g) 1.2.2 Les constantes d'écran, dans le modèle de Slater, sont calculées à partir des données fournies par l'énoncé : Mg,3(s,p) = 2 × 1,00 + 8 × 0,85 + 0,35 = 9,15 Al,3(s,p) = 2 × 1,00 + 8 × 0,85 + 2 × 0,35 = 9,50 La relation donnant la charge effective Zeff est elle aussi fournie par l'énoncé, Zeff,Mg,3(s,p) = 12 - 9,15 = 2,85 Zeff,Al,3(s,p) = 13 - 9,50 = 3,50 1.2.3 Dans le modèle de Slater, l'énergie de première ionisation s'exprime comme l'opposé de l'énergie de l'orbitale de laquelle l'électron est arraché. L'énoncé fournit l'expression de l'énergie d'une orbitale dans le modèle de Slater : 2 Zeff (n, ) = -13,6 (en eV) n Pour l'aluminium comme pour le magnésium, l'électron arraché en premier a pour nombre quantique principal n = 3. Le seul paramètre qui différencie ces deux éléments est alors la charge effective. D'après la question précédente, la charge effective de l'aluminium est plus élevée que celle du magnésium. Ainsi, dans le modèle de Slater, on s'attend à avoir une énergie de première ionisation plus élevée pour l'aluminium que pour le magnésium. Ce modèle ne permet donc pas d'expliquer les valeurs expérimentales. Ceci provient des approximations faites par ce modèle. En effet, aucune différence n'est faite entre les électrons 2s et 2p. Ainsi, la stabilisation relative rencontrée pour l'ion Al+ , où toutes les orbitales sont remplies, n'est pas prise en compte. Expérimentalement, la première ionisation de l'aluminium est donc favorisée par cette stabilisation relative et l'énergie de première ionisation devient inférieure à celle du magnésium, pour qui la première ionisation vient à l'inverse dépeupler une orbitale pleine.