X Maths B MP-MPI 2025

Thème de l'épreuve Étude des propriétés de polynômes interpolateurs
Principaux outils utilisés polynômes, espaces euclidiens, intégration, séries entières
Mots clefs interpolation, produit scalaire, polynômes orthogonaux, polynôme conductif, absolument monotone

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ECOLE POLYTECHNIQUE

CONCOURS D'ADMISSION 2025

MARDI 15 AVRIL 2025
08h00 - 12h00
FILIERES MP-MPI

-

Epreuve n° 3

MATHEMATIQUES B (X)

Durée : 4 heures
L'utilisation des calculatrices n'est pas
autorisée pour cette épreuve

Si I est un intervalle de R d'intérieur non vide et si f est une fonction n 
fois dérivable de I
dans R, on note f (n) sa dérivée n-ième, avec la convention f (0) = f . On dit 
qu'une fonction
f de I dans R est de classe C  si elle est n fois dérivable pour tout entier n  
1.

On note R[X] le R-espace vectoriel des polynômes à coefficients réels. Si n  0 
est un
entier, on note Rn [X] le sous-R-espace vectoriel de R[X] constitué des 
polynômes de degré
inférieur ou égal à n. Par convention, on note R-1 [X] le sous-espace vectoriel 
de R[X] réduit
au polynôme nul. On dit qu'un polynôme P  R[X] est unitaire s'il est non nul et 
si son
coefficient dominant est égal à 1.

Si V est un R-espace vectoriel de dimension finie muni d'un produit scalaire, 
pour tout
sous-R-espace vectoriel W de V on note W  l'orthogonal de W dans V .

Si m et n sont deux entiers naturels non nuls, on note Mm,n (R) l'ensemble des 
matrices
à m lignes et n colonnes et à coefficients réels. Si m = n, on note Mn (R) = 
Mm,n (R). Si
M  Mm,n (R), on note M T  Mn,m (R) la matrice transposée de M . Si (ai,j )1im 
est
1jn

une famille de nombres réels indexée par les couples (i, j) d'entiers tels que 
1  i  m et
1  j  n, on note (ai,j )  Mm,n (R) la matrice dont le coefficient à la ligne i 
et la colonne j
est ai,j .

Le problème comporte quatre parties. Les trois premières parties sont 
indépendantes entre
elles. On pourra utiliser des résultats des trois premières parties dans la 
quatrième et dernière
partie.
Première partie

Soit a et b deux nombres réels tels que a < b. Soit h une fonction C  de [a, b] dans R. On fixe un entier N  1. On dit que h s'annule à l'ordre N dans [a, b] s'il existe P des nombres a  c1 < c2 < · · · < cm  b et des entiers strictement positifs k1 , . . . , km tels que m i=1 ki = N et, pour tout entier 1  i  m et tout entier 0  k < ki , on a h(k) (ci ) = 0. 1a. Soit N  1 un entier. Montrer que si h s'annule à l'ordre N + 1 dans [a, b], alors h0 s'annule à l'ordre N dans [a, b]. 1b. Pour tout entier N  1, montrer que si h s'annule à l'ordre N + 1 dans [a, b], il existe c  [a, b] tel que h(N ) (c) = 0. On fixe, pour le reste de cette partie, f une fonction de classe C  de [a, b] dans R. Soit P  R[X] un polynôme non nul, scindé dans R et dont toutes les racines sont dans ]a, b[. On note a < t1 < · · · < tm < b les racines de P et, pour tout entier 1  i  m, on note ki le plus petit entier tel que P (ki ) (ti ) 6= 0. 2a. Montrer que si Q  R[X] est un polynôme tel que deg(Q) < deg(P ) et, pour tout entier 1  i  m et tout entier 0  k < ki , Q(k) (ti ) = 0, alors Q = 0. 2b. Montrer qu'il existe un unique polynôme H(f, P )  R[X] tel que deg(H(f, P )) < deg(P ) et tel que, pour tout entier 1  i  m et tout entier 0  k < ki , H(f, P )(k) (ti ) = f (k) (ti ). Pour t  [a, b] r {t1 , . . . , tm }. On pose Q(f, P )(t) = f (t) - H(f, P )(t) . (t - t1 )k1 · · · (t - tm )km 1 3a. On pose g = f -H(f, P ). Montrer que, pour tout entier 1  i  m et tout réel x  [a, b], on a Z 1 v ki -1 (ki ) ki f (x) - H(f, P )(x) = (x - ti ) g (ti v + x(1 - v)) dv. 0 (ki - 1)! 3b. Montrer que la fonction Q(f, P ) se prolonge de façon unique en une fonction de classe C  de [a, b] dans R. 4a. Soit s0  [a, b] et soit un entier n  1. Montrer que Q(f, (X - s0 )n )(s0 ) = f (n) (s0 ) . n! 4b. Soient P1 , P2  R[X] deux polynômes unitaires et scindés dans ]a, b[. Montrer que H(f, P1 P2 ) = H(f, P1 ) + P1 H(Q(f, P1 ), P2 ) et Q(f, P1 P2 ) = Q(Q(f, P1 ), P2 ). On fixe t  [a, b] r {t1 , . . . , tm }. Pour tout s  [a, b], on pose m Y Qt (s) = f (s) - H(f, P )(s) - Q(f, P )(t) (s - ti )ki . i=1 5a. Montrer que la fonction Qt s'annule à l'ordre deg(P )+1 dans l'intervalle [min(t, t1 ), max(t, tm )]. 5b. En déduire que si P est unitaire, il existe   [min(t, t1 ), max(t, tm )] tel que f (t) - H(f, P )(t) = f (deg(P )) () P (t). deg(P )! On dit qu'une fonction h de [a, b] dans R est absolument monotone sur un intervalle [a, b] si elle est de classe C  sur [a, b] et si, pour tout entier n  0, la fonction h(n) est à valeurs positives sur [a, b]. En particulier h est à valeurs positives. 6. On suppose que f est absolument monotone sur [a, b]. Montrer que, pour tout polynôme P  R[X] scindé dans ]a, b[, la fonction Q(f, P ) est absolument monotone sur [a, b]. Deuxième partie Soit I = [-1, 1]. On fixe un entier n  2 pour toute cette partie. Soit f : I ]0, +[ une fonction continue. On rappelle que l'on définit un produit scalaire sur Rn [X] en posant, pour tous P, Q  R[X], Z 1 hP, Qi = P (x)Q(x)f (x) dx. -1 Soit D  Rn [X] un polynôme ayant n racines réelles distinctes r1 > · · · > rn 
dans I. On
suppose de plus que D  Rn-1 [X] .

2

7a. Montrer qu'il existe des nombres réels 1 , . . . , n tels que, pour tout P  
Rn-1 [X],
Z 1
P (x)f (x) dx =
-1

n
X

i P (ri ).

i=1

7b. Montrer que si P  R2n-1 [X], on a
Z 1
P (x)f (x) dx =
-1

n
X

i P (ri ).

(1)

i=1

Indication : on pourra considérer la division euclidienne de P par D.
Y

7c. En évaluant l'égalité (1) sur le polynôme

(X - rj )2 , montrer que i > 0 pour tout

1jn
j6=i

1  i  n.
Pour 1  j  n - 1 et t  R, on pose fj (t) =

j
Y

(ri - t) ainsi que f0 (t) = 1. Si 0  j  n - 1

i=1

et P, Q  Rn [X], on pose
hP, Qij = hP, Qfj i.

7d. Montrer que, pour tout 0  j  n - 1, h·, ·ij définit un produit scalaire sur 
Rn-j-1 [X].
Dans les questions 8. à 12. ci-dessous, on fixe un entier naturel 0  j  n - 1.

8a. Montrer qu'il existe une unique famille q0 , . . . , qn-j-1 de polynômes 
unitaires de R[X]
telle que deg(qi ) = i pour 0  i  n - j - 1 et telle que pour tous 0  i 6= i0  
n - j - 1,
hqi , qi0 ij = 0.
8b. On pose qn-j =

n
Y

(X - ri ). Montrer que qn-j est l'unique polynôme unitaire de

i=j+1

degré n - j vérifiant, pour tout 0  i  n - j - 1,
hqi , qn-j ij = 0.
9a. Soit 2  i  n - j. Montrer qu'il existe des nombres réels ai et bi tels que
qi - Xqi-1 = ai qi-1 + bi qi-2 .
9b. Montrer que
bi hqi-2 , qi-2 ij = -hXqi-1 , qi-2 ij .
9c. Montrer que bi < 0. 10a. Pour i  {0, 1}, montrer que le polynôme qi a exactement i racines dans R (noter que l'on ne demande pas que les racines appartiennent à l'intervalle I). 3 10b. Montrer que, pour tout 1  i  n - j, le polynôme qi a exactement i racines réelles distinctes, que ces racines sont simples et que si x1 < x2 sont deux racines consécutives de qi , il existe une unique racine de qi-1 dans l'intervalle ]x1 , x2 [. 10c. En déduire que, pour tout 0  i  n - j - 1, on a qi (rj+1 ) > 0.
Pour 0  i  n - j - 1, il existe donc un unique nombre réel i tel que
qi+1 (rj+1 ) + i qi (rj+1 ) = 0.
On fixe 0  i  n - j - 1 et on pose
pi =

qi+1 + i qi
.
X - rj+1

On note c0 , . . . , ci  R les coordonnées de pi dans la base (q0 , . . . , qi 
) de Ri [X].

11a. Montrer que, pour 0  `  i,

q` - q` (rj+1 )
qi+1 + i qi ,
= 0.
X - rj+1
j
11b. Montrer que, pour tout entier 0  `  i, il existe un réel ` > 0 tel que c` 
= ` c0 et
en déduire que c` > 0.

12. Montrer que, si 0  j  n-2, pour tout 0  i  n-j -1, le polynôme pi est 
orthogonal
à Ri-1 [X] pour le produit scalaire h·, ·ij+1 .
13. Soit B = (a0 , . . . , an ) l'unique base orthogonale de (Rn [X], h·, ·i) 
telle que ai est un
polynôme unitaire de degré i pour tout 0  i  n. Montrer que, pour tout 0  j  n 
- 1, les
n
Y
coefficients du polynôme
(X - r` ) dans la base B sont des nombres réels strictement
`=j+1

positifs.
Indication : on pourra noter (qj,0 , . . . , qj,n-j ) la base de (Rn-j [X], h·, 
·ij ) obtenue dans les
questions 8a et 8b et raisonner par récurrence descendante sur j.
Troisième partie
Soit  un nombre réel strictement positif. Pour tous réels x et r tels que |x| < 1 et |r| < 1, on pose F (x, r) = (1 - 2rx + r2 )- . 14. Montrer que la fonction F est de classe C  sur ]-1, 1[2 . 15. Montrer que pour x  ]-1, 1[, la fonction r 7 F (x, r) est développable en série entière au voisinage de 0. () Pour x  ]-1, 1[, on note an (x) le n-ième coefficient du développement de la fonction r 7 F (x, r) de sorte que, pour r dans un voisinage de 0, X n F (x, r) = a() n (x)r . n0 4 () () 16a. Pour x  ]-1, 1[, montrer que a1 (x) = 2xa0 (x) et que, pour tout entier n 1, () () (n + 1)an+1 (x) = 2(n + )xa() n (x) - (n + 2 - 1)an-1 (x). Indication : on pourra commencer par calculer (1 - 2xr + r2 ) F r (x, r). () 16b. En déduire que, pour tout n  0, la fonction an est un polynôme de degré n dont on déterminera le coefficient dominant ainsi que la parité. On suppose désormais que  > 12 . Pour P, Q  R[X], on pose
Z 1
1
hP, Qi =
P (x)Q(x)(1 - x2 )- 2 dx.
-1

17a. Montrer que, pour tout entier n  0 et tout x  ]-1, 1[,
a()
n (x) =

1  n F
(x, 0).
n! rn
()

(+1)

17b. En déduire que, pour tout entier n  1, on a (an )0 = 2an-1 .
17c. Montrer que

2 + 21 dt
-1 (1 - t )

R1

R1
1
= (2 + 1) -1 t2 (1 - t2 )- 2 dt et en déduire que

()

ha2 , 1i = 0.
()

17d. Montrer par récurrence sur n  1 que han , 1i = 0 pour tout entier n  1 et
()
hXan , 1i = 0 pour tout entier n  2.
Indication : on pourra commencer par démontrer l'égalité
Z 1
1
2
(+1)
()
hXan , 1i =
a
(t)(1 - t2 )+ 2 dt.
2 + 1 -1 n-1
()

()

17e. En déduire que, pour tout n  0, la famille (a0 , . . . , an ) est une base 
orthogonale
de Rn [X] muni du produit scalaire h·, ·i.
Quatrième partie

Pour tout entier n  1, on note x · y  R le produit scalaire canonique de deux 
vecteurs x et
y de Rn . On note Sn-1 la sphère unité de Rn , c'est-à-dire
Sn-1 = {x  Rn | x · x = 1}.

Pour un entier n  1, on note Sn+ l'ensemble des matrices symétriques M  Mn (R) 
telles
que, pour tout X  Rn ,
X T M X  0.

Soit N  2 un entier et soit f une fonction de R dans R. On dit que f est de 
type positif
en dimension N si, pour tout entier k  1 et tout k-uplet (x1 , . . . , xk )  
(SN -1 )k , on a
(f (xi · xj ))  Sk+ .
Si A = (ai,j ) et B = (bi,j ) sont deux matrices de Mn (R), on note A B la 
matrice (ai,j bi,j )
de Mn (R).
5

18a. Montrer que si U  Rn , alors U U T  Sn+ .

18b. Montrer que si A, B, C  Mn (R), on a A

(B + C) = (A

B) + (A

C).

18c. Montrer que si M  Sn+ , il existe des nombres réels positifs di  0 et des 
vecteurs
Ui  Rn , 1  i  n tels que
n
X
M=
di Ui UiT .
i=1

Indication : on pourra commencer par écrire M = P T DP où P  Mn (R) est une 
matrice
inversible et D  Mn (R) une matrice diagonale à coefficients positifs.

18d. En déduire que si A, B  Sn+ , alors A

B  Sn+ .

18e. Pour tout entier N  2, montrer que le produit de deux fonctions de type 
positif en
dimension N est de type positif en dimension N .

On rappelle que, pour tout entier n  0, il existe un unique polynôme Tn de 
degré n tel que,
pour tout   R, Tn (cos ) = cos(n).

19. Montrer que les polynômes Tn sont des fonctions de type positif en 
dimension 2.
Indication : on pourra utiliser la forme exponentielle du cosinus.

On admettra, dans la suite du problème, que pour tout entier n  0 et tout 
entier N  4, le
( N -1)

polynôme an 2

est de type positif en dimension N .

Pour un entier N  2, on dit qu'un polynôme P  R[X] est N -conductif si, pour 
toute
fonction absolument monotone f de [-1, 1] dans R, le polynôme H(f, P ) est une 
fonction de
type positif en dimension N .

20. Soient P1 et P2 deux polynômes N -conductifs. Montrer que si P1 est de type 
positif en
dimension N , alors P1 P2 est N -conductif.
( N -1)

On fixe un entier N  4 et un entier n  2. On admet que le polynôme an 2
possède n
racines réelles simples r1 > r2 > · · · > rn dans ]-1, 1[. Soit f : [-1, 1]  R 
une fonction
absolument monotone.

21. Montrer que le polynôme H

!
n
Y
f, (X - ri ) est une fonction de type positif en dii=1

mension N .

6