X/ENS Maths A MP-MPI 2026

Thème de l'épreuve Inégalité de Von Neumann, Hausdorffien et rayon numérique, conjecture de Crouzeix
Principaux outils utilisés algèbre linéaire, produit scalaire, réduction, topologie, polynômes
Mots clefs hermitien, matrice unitaire, norme d'opérateur, Crouzeix, Von Neumann, Hausdorffien, Okubo-Ando, principe du maximum

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ECOLE POLYTECHNIQUE - ESPCI
ECOLES NORMALES SUPERIEURES

CONCOURS D'ADMISSION 2026

LUNDI 13 AVRIL 2026
08h00 - 12h00
FILIERES MP-MPI

-

Epreuve n° 1

MATHEMATIQUES A

Durée : 4 heures
L'utilisation des calculatrices n'est pas
autorisée pour cette épreuve

PRÉAMBULE ET NOTATIONS

Dans tout le texte, la lettre C désigne le corps des nombres complexes muni de 
la
conjugaison complexe z + 7. Pour z EUR C, on notera |2| :-- V2 le module de z. 
La lettre
R désigne le corps des nombres réels et R, l'ensemble des nombres réels qui 
sont positifs
ou nuls. Pour xrE Cet E R:, on notera

D(r,ô):={zeC|lz2-7xr <0 et 0D(x,d) ={z2EeC||z2-1x|=0)} respectivement le disque fermé et le cercle centrés en x et de rayon 6. (1) Pour n > 1 entier, on considère le C-espace vectoriel C" que l'on munit de 
l'appli-
cation C7 x C7 -- C définie par

où les x; (resp. y;) sont les coordonnées de x (resp. y). On notera aussi pour 
x EUR C",
Ir: (xix)
Les candidates et candidats pourront utiliser sans justification les faits 
suivants :

e Pour x EUR C" fixé, l'application w, : y + (xly) est semi-linéaire au sens où
Da(y + ay") = Pay) + Apx(y") alors que d, : x (xly) est linéaire:
ext |[x] est une norme sur C":

e |{xly)] < [x] - [y]. Par analogie avec le cas euclidien, (- |:) est souvent appelé produit scalaire hermitien et lorsque (u1,...,u,) est une famille de vecteurs de C" telle que (u;lu;) = 0 pour à £ j et [lu;|| = 1 avec 1 < 4, < n, on dira que (u1,...,uA,) est une base orthonormale. Pour deux entiers m > 1et n > 1, Ms A(C) désigne les matrices à m lignes et n
colonnes à coefficients dans EUR et M, (OC) := M,h(C) les matrices carrées n x 
n.

(i) Étant donnée une matrice À EUR My A(C), on notera A EUR M, n(C) sa trans-
posée et À la matrice dont les coefficients sont les conjugués dans C des coef-
ficients de A. Les éléments de C" seront identifiés aux éléments de M, 1(C).
On notera aussi 4* := 'A. On pourra utiliser sans justification que pour tous
x et y dans C",on a

(xly) = 'x y et (Ax|y) = (x|A*y)

1
(ii) On considère pour À EUR M, (CO)

IAÏ := sup [Az

Ie=1

qui définit une norme sur M,(C) (on ne demande pas de le démontrer) ap-
pelée norme subordonnée. Lorsque P EUR M,(C) est inversible, on définit le
conditionnement de P par

cond(P) := || P{ - IP.

(ii) Une matrice À de M, (C) est dite unitaire si A*A -- J,. Elle est dite 
hermi-
tienne si ÀA* = À. On pourra utiliser sans démonstration que À est unitaire si
et seulement si pour tout x EUR C", on a | Ax|] -- |x|| ou encore si et 
seulement
si les colonnes de À forment une base orthonormale.

(IT) Pour (A1,...,,) EUR C", on notera diag(A1,...,À,) la matrice diagonale de 
M, (C)
dont les coefficients diagonaux sont données par les À;. Le théorème de 
réduction
suivant pourra, et devra, être utilisé.

Théorème Soit À une matrice unitaire (resp. hermitienne). Il existe alors une
matrice unitaire U telle que

A = Udiag(x,..., À )UT!
où les À; sont les valeurs propres de À qui sont alors de module 1 (resp. 
réelles).

Autrement dit une matrice unitaire (resp. hermitienne) est diagonalisable en 
base
orthonormale pour le produit scalaire hermitien avec valeurs propres de module 1
(resp. réelles).

(IV) Pour tout polynôme à coefficients complexes p = 5, piX* EUR CI[XT] et 
toute ma-
trice À EUR M,(C), on rappelle que p(A) est la matrice 5 Y_,p; 4°. On 
s'intéresse
alors à [Ip(A)|| que l'on essaie de majorer par

Iplls := sup [p(a)
aEURes
pour un ensemble $ compact qui, bien sûr, va dépendre de A.

Les candidates et candidats sont invités à ne pas rester bloqués sur une 
question (notam-
ment celles, plus difficiles, situées en fin de partie). On attend toutefois un 
traitement de
portions substantielles de chacune d'elles, plutot qu'un < grappillage > de 
points.

Dans toute la suite, on considère n > 1 entier.

2
Préliminaires

Az]

(ER

1) Soit À EUR M,(C). Justifier l'existence de [| AÏI et montrer que [| A|| = 
max;0o

2) Dans le cas où À est une matrice diagonale diag(À1,...,À,), donner une 
expression
de ||A{| en fonction des À;.

3) Montrer que pour À, B EUR M,(C), on a [AB < [AI - HBH. 4) Vérifier que pour Ü unitaire, on a [[U/|| = 1 et montrer que pour tout À EUR M, (C), on à HAUT = IU A = AI. 5) On suppose À diagonalisable de sorte qu'il existe une matrice inversible P et une matrice diagonale D telles que À = PDP7*. Montrer que pour cond(P) défini dans le préambule et o(A) l'ensemble des valeurs propres de À, on à pour tout p EUR CIX] Ipllocay < IPC cond(P)[p|oca). A- Principe du maximum pour les polynômes On note D := D(0, 1) le disque unité et OD := 9D(0, 1) le cercle unité. Pour p EUR C|X] de degré n -- 1 et z2 EUR D on se propose de montrer que [p(z)| < [p|lsp. On suppose ici n > 2.
Soit s = 4/1--|2[2. On introduit la matrice U de M,(C) et le vecteur e; EUR C" 
par

Ugo)  \
6) Montrer que U est unitaire.

7) Montrer que p(z) = eïp(U }ez.

8) Montrer, en utilisant le théorème du préambule, que

p(2)| < Hp < [pllan. 9) On suppose ici que |z| < 1. Montrer que [p(z)| < ||p|lp. 10) Soit S un fermé borné non vide de C. On définit alors OS EUR $ comme suit : x E S \ OS si et seulement s'il existe 0 > 0 tel que le disque D(x,0) EUR S. 
Montrer

que ||plls = piles:
B- Inégalité de Von Neumann

On suppose que À EUR M,(C) est une contraction au sens où ||A|| < 1 et que p EUR CIX |. On veut montrer l'inégalité de Von Neumann suivante : IpCAJI < |plin. 11) En utilisant la question 5), traiter le cas où À est unitaire. 12) Montrer qu'il existe une matrice hermitienne D1 (resp. Dy4:) dont les valeurs propres sont réelles positives et telle que D? = 1 -- A*A (resp. D, = 1 -- AA*). Indication : utiliser le théorème de réduction du préambule. 13) Montrer qu'il existe q EUR C[X] tel que D1 = q(A*A) et D: = q(AA*). 14) Déduire de la question précédente que AD y: = D1A* AD = DA. 15) Montrer que la matrice U EUR M,(C) définie par L A  Dy: (on % ) est unitaire. 16) En utilisant les matrices / A Day 0, -.. 0» \ 0, O0, Ur -- _ , 0, O0, I, V Da A 0, - 0, où k est le nombre de matrice nulle 0, de M,(C) sur la première ligne, démontrer l'inégalité de Von Neumann. Indication : on notera l'analogie avec la matrice U de la partie À. On montrera ainsi que pour p de degré < k + 1, le premier bloc en haut à gauche de p(Uz) est égal à p(A). 17) En déduire que pour toute matrice À EUR M, (C), on a IpCA)I < [ploconan : C- Hausdorifien et rayon numérique Le Hausdorffien de À EUR M,(C) est par définition le sous-ensemble suivant de EUR : 18) Montrer que o(A) EUR H(A) où o(A) est l'ensemble des valeurs propres de À. 19) Montrer que pour (A1,...,1,) EUR C", H(diag(A1,...,,)) est l'enveloppe convexe de {A1,...,À,} c'est à dire l'ensemble {J 5, @Â | di oe=l1etaeR;}. 20) En déduire H(A) lorsque À est unitaire (resp. hermitienne). 21) Montrer que x : ' } = D(0, à). Indication : on pourra commencer par calculer (Ax|x) pour x -- " | avec a, bER. et a° +b? =]. 22) Montrer que H{(A) est un fermé borné de C. On introduit le rayon numérique r(A) de À défini par À) := rA)= max le. 23) Montrer que 31 AI < r(A) < I AI. Pour la première inégalité, on pourra utiliser l'identité de polarisation A(Az|y) = (Az + y)|x + y) -- (A(x -- y)|x -- y) +i(A(r + iy)|x + iy) -- i(A(x -- iy)|x -- iy). 24) Montrer quer: AEM,(C)H+r(A)EeR, est une norme. 25) En considérant les matrices À -- : ' | et B -- A*, montrer que l'inégalité r(AB) < r(A)r(B) n'est pas vraie. 26) On veut dans cette question montrer l'inégalité r(A*) < r(A)* pour tout k EUR N. 26-a) On suppose & > 1. On note wy -- exp(#t) une racine primitive k-ème de

l'unité. Partant de l'égalité polynomiale usuelle X° -- 1 -- IL. (X -- wf), en

déduire les égalités polynomiales

k

1--XF=][(1-uix) et ral

=] j=1

(1--wiX

S ÈS
ie Ê
S,
26-b) Pour x E en de norme 1, on pose pour j = 1, . .. , k
k
Xj = (ITU-wfA))x.

l=l
Ri-}

Déduire de la question précédente la formule suivante

¼

k

2

k

L[llxjll - (wtAxjlxj)]= 1-(A xlx).
j=l

26-c) On suppose r(A) ::s;; 1. Soit 0 un réel quelconque et soit x E en un 
vecteur
unitaire. En écrivant l'égalité précédente pour e i0 A, montrer que la partie 
réelle
de 1-e ike (Ak xlx) est toujours positive et en déduire que r(Ak ) ::s;; 1.
26-d) En déduire le résultat annoncé, i.e. r(Ak ) ::s;; r(A)k pour tout k E N 
et pour
tout A E Mn (e).

D- Conjecture de Crouzeix
La conjecture de Crouzeix s'énonce comme suit : pour toute matrice A E Mn (e) 
et pour
tout polynôme p E e[X] on a
(1)
lllp(A)III ::s;; 2IIPll'.J-{(A)·
27) En étudiant l'exemple de A= (   ) , montrer que la constante 2 dans la 
conjec
ture ne peut pas être améliorée.
28) En utilisant le résultat de la question 26), montrer que la formule (1) est 
toujours
vérifiée pour les monômes p(X)= Xk avec k  0 entier.
29) Soient A E Mn (e), z= r(A)e i0 E Ji(A) et p(X)= L% =o ck Xk E e[X]. On 
suppose
qu'il existe <.p E R tel que ck = lck le i(cp- ke) pour O ::s;; k ::s;; r. Montrer que (1) est vérifiée pour le couple (A,p) considéré. 30) Un résultat de Okubo et Ando montre que si B E Mn (e) est telle que r(B) ::s;; 1 alors il existe une matrice inversible X vérifiant cond(X) ::s;; 2 telle que C := x- 1 BX soit une contraction. 30-a) En utilisant le résultat de Okubo-Ando, montrer que lllp(A)III :::;; 2IIPll[l)(0,r(A))· 30-b) En déduire, pour tout disque contenant Ji(A) de borde, que lllp(A)III ::s;; 2IIPlle · 6