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2026
Mathématiques 1
Sur quelques sous-groupes de GLn(R)
Dans tout le sujet, n désigne un entier supérieur ou égal à 2. On note :
· Mn (R) l'ensemble des matrices de taille n × n à coefficients dans R, In sa
matrice identité.
· GLn (R) le groupe des matrices inversibles de Mn (R).
· Sn+ (R) (resp. Sn++ (R)) l'ensemble des matrices symétriques positives de Mn
(R) (resp. définies positives).
· On (R) le groupe des matrices orthogonales de Mn (R), et SOn (R) celui des
matrices orthogonales de déterminant
1.
· La transposée d'une matrice M Mn (R) sera notée M et sa trace tr M .
· On note |X| le cardinal d'un ensemble X, en convenant que |X| = + si X est un
ensemble infini.
· Si A est une partie finie d'un groupe G, on note A le sous-groupe de G
engendré par A.
Le problème comporte trois parties indépendantes.
Partie A Sous-groupes finis de On (R)
Soit G un groupe de neutre e. On dit que G est d'exposant fini si et seulement
si :
m N
x G
xm = e
De plus, si G est un sous-groupe de GLn (R), on note tr G la trace du groupe G,
qui est l'ensemble :
tr G = {tr A ; A G}
I Généralités
Soit G un sous-groupe de GLn (R).
Q1. Montrer que si G est fini, alors G est d'exposant fini et tr G est fini.
Q2. Donner un exemple de sous-groupe infini de GLn (R) dont la trace soit finie.
Q3. Donner un exemple (pas nécessairement matriciel) de groupe infini qui soit
d'exposant fini.
II Cas particulier : les sous-groupes finis de O2 (R)
Pour tout R, on note R et S les matrices :
cos - sin
R =
sin
cos
S =
cos
sin
sin
- cos
On pourra utiliser sans démonstration les relations suivantes, valables pour
tout (, ) R2 :
R R = R+
R S = S+
S R = S-
S S = R-
Q4. Soit A SO2 (R). Montrer qu'il existe un unique réel [0, 2[ tel que A = R
.
1/6
Q5. Soit R. Dans cette question, G = R .
a) Vérifier que G = {Rk ; k Z}.
2
b) Dans le cas où =
avec m N , déterminer |G|.
m
c) Montrer que G est fini si et seulement si Q.
d) Montrer que si G est d'exposant fini, alors G est fini.
e) Montrer que si tr G est fini, alors G est fini.
Q6. Soient et deux réels. Dans cette question G = R , R .
a) Montrer que |G| = |(Z + Z) [0, 2[|.
b) En déduire, pour p et q deux entiers non nuls premiers entre eux, que R , R
= 2pq.
p
q
c) Déterminer R , R dans le cas général (où p et q ne sont pas forcément
premiers entre eux).
p
q
Q7. Soit G un sous-groupe fini de SO2 (R). Montrer que G est monogène.
Q8. Pour m N , on note Dm le sous-groupe de O2 (R) engendré par R 2 et S .
m
2
a) Déterminer le cardinal de Dm .
On pourra montrer que Dm SO2 (R) = R 2 , puis chercher une bijection entre Dm
SO2 (R) et
m
Dm \SO2 (R).
b) Soit G un sous-groupe fini de O2 (R) qui n'est pas inclus dans SO2 (R).
Montrer qu'il existe m N tel
que G soit isomorphe à Dm .
III Une caractérisation des sous-groupes finis de On (R)
Dans cette partie, G est un sous-groupe de On (R). On désire montrer que :
G fini G d'exposant fini tr G fini
Q9. Rappeler le théorème de réduction des matrices orthogonales.
Q10. On suppose dans cette question que G est d'exposant fini. Montrer, en
utilisant le théorème de réduction
précédent, que tr G est fini.
Jusqu'à la fin de cette partie, on suppose maintenant que tr G est fini. On
munit Mn (R) de son produit scalaire usuel :
(A|B) = tr AB
On note F le sous-espace vectoriel de Mn (R) engendré par G et d = dim F.
Q11. Montrer qu'il existe une famille B = (Ai )i[[1,d]] de matrices de G qui
forme une base de F.
Q12. Soit B = ((Ai |Aj ))(i,j)[[1,d]]2 . On considère la matrice C des
coordonnées des matrices Ai dans la base canonique
de Mn (R).
a) Quelle est la taille de la matrice C ?
b) Montrer que B = C C.
c) Montrer que B et C sont de même rang. En déduire que B est inversible.
Q13. Soit M G. On peut décomposer M dans la base B :
M=
d
X
x j Aj
j=1
x1
(A1 |M )
..
-1
On note alors XM = ... et YM =
. Montrer que XM = B YM .
.
xd
(Ad |M )
Q14. Montrer que {YM | M G} est un ensemble fini. En déduire que G est fini.
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Partie B Sous-groupes compacts de GLn (R)
On note Mn,1 (R) l'espace vectoriel des matrices colonnes de taille n × 1 à
coefficients dans R.
Dans cette partie, on se place dans Mn,1 (R), muni de son produit scalaire
canonique noté (.|.) et de sa norme associée
.. Pour r 0, on note B(0, r) la boule fermée de centre 0 et de rayon r de Mn,1
(R) pour cette norme, et B = B(0, 1)
la boule unité fermée.
I Quelques propriétés utiles
Soient A Sn++ (R) et B Sn (R).
Q15. On pose, pour X et Y dans Mn,1 (R) :
X, Y A = (AX|Y )
Montrer que ., .A est un produit scalaire sur Mn,1 (R).
On note alors .A la norme associée à ce produit scalaire et BA la boule unité
fermée pour cette norme. Existe-t-il
une matrice A telle que B(0, r) = BA ?
Q16. Vérifier que X 7 A-1 BX est autoadjoint pour le produit scalaire ., .A .
Que peut-on en déduire pour la matrice
A-1 B ?
Soient A et B dans Sn (R). On note B A si et seulement si pour tout X Mn,1
(R), (BX|X) (AX|X).
Q17. Montrer que B A si et seulement si A - B Sn+ (R).
Q18. Soient A et B dans Sn++ (R). Montrer que B A si et seulement si le
spectre de A-1 B est inclus dans ]0, 1].
Pour la réciproque, on pourra utiliser une base orthonormée pour le produit
scalaire ., .A bien choisie.
Q19. On suppose toujours que A et B sont deux matrices de Sn++ (R), et que B
A. Montrer que det B det A,
avec égalité si et seulement si A = B.
Q20. Montrer que B A si et seulement si BA BB .
Q21. Soit K une partie de Sn+ (R). Montrer que K est une partie bornée de Sn+
(R) si et seulement s'il existe R+
telle que pour tout A K, A In .
II Stricte log-concavité de l'application det
Soit C une partie convexe de Mn (R) et : C R une fonction. On dit que est
strictement concave si et seulement
si :
(A, B) C 2 t [0, 1]
(tA + (1 - t)B) t(A) + (1 - t)(B)
avec égalité si et seulement si A = B ou t = 0 ou t = 1.
Q22. Montrer que Sn++ (R) est une partie convexe de Mn (R).
Q23. Montrer que : A 7 ln(det A) est une fonction strictement concave sur Sn++
(R).
On pourra utiliser le résultat de la question Q16.
III Groupe orthogonal associé à une matrice symétrique définie positive
À toute matrice A Sn++ (R) on associe son groupe orthogonal :
O(A) = {M Mn (R) ; M AM = A}
Q24. Montrer que O(A) est un sous-groupe de GLn (R), isomorphe à On (R).
On pourra montrer qu'il existe une matrice B telle que A = B B, et chercher un
isomorphisme sous la forme
M 7 B -1 M B.
Q25. Montrer que O(A) est une partie compacte de Mn (R).
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IV Sous-groupes compacts de GLn (R)
Dans cette partie, G désigne un sous-groupe compact de GLn (R). On désire
montrer que G est alors isomorphe à un
sous-groupe de On (R).
Q26. Montrer que pour tout M G, |det M | = 1.
Q27. On pose :
C = {M X ; (M, X) G × B}
Montrer que C est compact, et que 0 est un point intérieur à C.
Q28. Montrer qu'il existe une unique matrice A Sn++ (R) telle que C BA et qui
soit de déterminant maximal.
On pourra commencer par montrer que E = {A Sn+ (R) ; C BA } est non vide,
compact et convexe, puis
utiliser la question Q23 pour démontrer l'unicité.
Q29. Montrer que G est un sous-groupe de O(A).
Partie C Croissance du groupe de Heisenberg discret
I Croissance d'un groupe
Soit G un groupe de neutre e, engendré par une partie finie S = {si }i[[1,N ]]
. À tout élément g G - {e} on associe
sa longueur relativement à S par :
( k
)
X
ak
a1
S (g) = min
|ai | g = s1 . . . sk ; si S , ai Z
i=1
S (g) est le nombre minimal d'éléments de S permettant d'obtenir g. Par
convention, on pose S (e) = 0. On note
alors, pour p N :
VS (p) = {g G ; S (g) p}
VS (p) est l'ensemble des éléments de G s'obtenant à partir d'au maximum p
éléments de S.
Nous dirons que G est un groupe à croissance polynomiale de degré d N si et
seulement si il existe deux réels
strictement positifs et tels que, pour tout p 1 :
pd |VS (p)| pd
Q30. Montrer que pour tous g et h dans G, S (g -1 ) = S (g) et S (gh) S (g) +
S (h).
Q31. Soit une autre partie finie génératrice de G. Montrer qu'il existe deux
constantes C et C strictement positives
telle que, pour tout g G :
CS (g) (g) C S (g)
En déduire que le fait que G soit un groupe à croissance polynomiale de degré d
ne dépend pas du système S
de générateurs choisis.
Q32. Soit p N. Dénombrer le nombre de triplets (x, y, z) N3 tels que x + y +
z p. En déduire que (Z3 , +) est un
groupe à croissance polynomiale et déterminer son degré.
II Le groupe de Heisenberg discret
Dans cette partie, n = 3. On considère les trois matrices suivantes :
1 0 0
1 1 0
S= 0 1 1
T = 0 1 0
0 0 1
0 0 1
1
U = 0
0
On note A = {S, T, U }. H désigne alors le sous-groupe de GL3 (R) engendré par
A.
Q33. Pour tout (i, j, k) Z3 , calculer S i T j U k .
4/6
0
1
0
1
0
1
Q34. Pour (i, j, k, i , j , k ) Z6 , déterminer un triplet (i , j , k )
Z3 tel que :
SiT j U k Si T j U k = Si T j U k
Q35. Vérifier que U commute avec tous les éléments de H, et que pour tout (i,
j) Z2 :
S i T j U ij = T j S i
Q36. Le groupe H est-il commutatif ? Quel est le groupe engendré par (S, T ) ?
Q37. Montrer que l'application f définie par :
f :
Z3
(i, j, k)
7
H
SiT j U k
est bien définie et bijective. Est-ce un isomorphisme de groupe (en munissant
Z3 de sa structure usuelle) ?
Peut-on munir Z3 d'une structure de groupe telle que f soit un isomorphisme ?
Q38. Soit M H et p N . Montrer que si A (M ) p, alors il existe (i, j, k, z)
Z4 tels que M = S i T j U k+z avec
|i| + |j| + |k| p et |z| |ij|. En déduire que |VA (p)| = O(p4 ) quand p tend
vers +.
On pourra utiliser les résultats de la question Q35.
Q39. Montrer que, pour tout (i, j, k) Z3 , si |i| + |j| p et |k| |ij|, alors
A (S i T j U k ) p.
Q40. Montrer que :
i
1-
p
et déterminer un équivalent de cette dernière quantité quand p tend vers +.
Q41. En déduire que H est un groupe à croissance polynomiale de degré 4.
Fin
5/6
2
M098 - 17 février 2026 - 10:47:21 c b e a
p
p3 X i
card{(i, j, k) N , i + j p et k ij}
2 i=0 p
3