X Chimie PC 2006

Thème de l'épreuve Étude d'un polymère fluoré. Synthèse du clovène.
Principaux outils utilisés polymérisation, cinétique chimique, chimie organique

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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ÉCOLE POLYTECHNIQUE
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE INDUSTRIELLES

CONCOURS D'ADMISSION 2006 FILIÈRE PC

COMPOSITION DE CHIMIE

(Durée : 4 heures)

L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée.
L'épreuve comporte deuoe problèmes indépendants.

***

Premier problème

Étude d'un polymère fluoré

Données :
Numéros atomiques : F : Z = 9; C : Z = 6.
Électronégativités dans l'échelle de Pauling : F : 3,98; O : 3,44; C : 2,54; H 
: 2,20.
Masse atomique : F : 19 g--mol"1.
Rayons de Van der Waals : F : 135 pm, H : 120 pm, CH3 : 200 pm.
Distances interatomiques : C--C : 154 pm, C--H : 110 pm.

cos (35, 26°) = 0,81 ; cos (38,940) : 0,77 ; cos (109,47") = --0,33 .

Depuis la découverte du polytétrafluoroéthylène (PTFE) par Roy J. Plunkett en 
1938, les
polymères fluorés ont fait preuve d'une facilité d'adaptation qu'aucun autre 
matériau n'a pu
égaler. Leurs propriétés antiadhésives, ainsi que leurs inerties thermique et 
chimique ont fait le
succès du PTF E, commercialisé sous la marque Teflon® et celui d'autres 
copolymères.

Nous proposons d'examiner quelques propriétés structurales et thermodynamiques 
du PTFE,
puis sa synthèse et enfin un procédé de préparation des polymères fluorés gràce 
à une réaction
de télomérisation, décrite par la suite, et dont l'étude sera abordée a l'aide 
de deux mécanismes

réactionnels, l'un par initiation radicalaire, l'autre par catalyse 
d'oxydoréduction.

I. Propriétés structurales et thermodynamiques du PTFE

Nous comparons tout d'abord les propriétés de quelques hydrocarbures et 
fluorocarbures.

1. Considérons les quatre conformations (I à IV) du butane représentées en 
projection de
Newman.

H3C î"'**--Î H3C
CH3 CH3 H CH3
H CH'3 H H
H C' !! H l\ I\
H ' H H . H H ' H H ' H
H H CH3 CH
3
1 11 111 IV
Figure]

dont les noms et les énergies relatives sont données dans le tableau 1 :

......
5,9

Énergie '
1 1
(kJ-mol_ 1) ___--

Tableau ]

La} Tracer la courbe donnant l'énergie potentielle de la molécule en fonction 
de l'angle dièdre
9, défini sur la figure ci--dessus.

1.b) Calculer la distance au plus près entre les atomes d'hydrogène terminaux 
du n--butane
en conformation éclipsée; comparer avec les rayons de Van der Waals. Conclure.

2. On considère les conformations correspondantes du perfluorobutane (C4F10) :

-----
5 9 8 0,6

Énergie
(kJ'm01"1)-"-
Tableau 2

2.a} Comparer la différence de stabilité de la conformation I dans le butane et 
le perfiuoro--
butane.

2.b) Comment justifier que la conformation trans(-), présentant une rotation de 
--130 par

rapport a la conformation antipéflplanaire, soit la plus stable des 
conformations du perfiuorobu-
tane.

3. L'étude des conformations du butane et du perfluorobutane peut servir de 
modèle pour
l'étude des conformations du polyéthylène (CH2-CH2)n noté PE et du PTF E 
(CF2--CF2)n. Tandis
que la chaîne du PE étiré adopte une conformation zigzag plane, la chaîne de 
PTFE prend une
conformation hélicoïdale représentée sur la figure 2, cette conformation 
entraîne une rigidification
considérable de la chaîne, aussi bien à l'état cristallin qu'à l'état liquide. 
La chaîne de PTFE
ressemble a une barre cylindrique et rigide avec une surface lisse.

3.a} Justifier la structure plane du PE et la structure hélicoïdale du PTFE à 
l'aide des
données des tableaux 1 et 2.

3.b} Calculer le nombre d'unités CF2 présents dans le segment d'hélice 
définissant le motif
de la structure hélicoïdale du PTFE.

3.0) Retrouver simplement un ordre de grandeur du pas de l'hélice indiqué sur 
la figure 2 en
le calculant sur la conformation zigzag plane.

3.d) Pourquoi la chaîne de PTFE présente--elle des conformères trans(-) et 
trans(+} ? Donner
un ordre de grandeur par pas d'hélice de la barrière énergétique qui les sépare.

4. Le PTFE présente un diagramme de phases assez complexe pour un polymère, 
puisque
quatre formes allotropiques différentes ont pu être décelées en fonction de la 
température et de

la pression (figure 3).

Pression (k bar)

20 40 60 80 100
Température (0 C)

Figure 3 - Diagramme de phases du PTFE

4.a} Que représentent les frontières p = f (T) des différents domaines ?

4. b ) Donner l'expression de la chaleur latente de changement de phase en 
fonction des volumes
molaires des deux phases et de la pente de la courbe p = f (T) du changement 
d'état considéré.

4.c) Que signifie une pente positive ?

4.d} Quels sont les changements de phase du PTFE observables sous la pression 
de 1 bar?

5. Dans un domaine cristallin de la phase II, on ne trouve que des hélices 
comportant unique--
ment soit des conformations trans(+}, soit les conformations trans(--), dans la 
chaîne polymérique

(voir structure de la figure 2). La masse volumique de la phase Il vaut 2,35 
g--cm"3 et celle de la
phase IV 2,30 g-cm"3 . La phase III ne comporte que des conformations zigzag 
plane.

5.a} À quel(s) phénomène(s) peut--on attribuer à l'échelle moléculaire les 
changements de
phases Il ----> IV et IV ----> I?

5.b} Pourquoi la phase III ne peut--elle être obtenue qu'à haute pression ?

5.6} Que se passe--t--il a la fusion du polymère (Tf : 3300 C) sachant que 
celle--ci s'accompagne
d'une dilatation de 25 a 30% ?

6. Le PTFE est en fait un polymère semi--cristallin (63% de cristallinitë) dont 
la température
de transition vitreuse est de 120°C.

6.a} Qu'appeIIe--t--on polymère semi--cristallin ?
6.b) À quel phénomène peut--on attribuer cette transition vitreuse ?

6.c} Le PTFE est a la fois hydrophobe et lipophobe. Justifier pourquoi.

II. Synthèse du polytétraflu0roéthylène

Le réactif initial, le trichlorométhane, est traité par le fluorure d'hydrogène 
en présence d'un
acide de Lewis, le pentafluorure d'antimoine, on obtient ainsi le 
chlorodifiuorométhane.

La transformation du chlorodifluorométhane en tétrafluoroéthène se produit en 
phase vapeur
vers 700°C en présence de platine comme catalyseur.

1. Écrire l'équation bilan de la transformation.

2. La polymérisation du tétrafluoroéthylène en PTFE s'effectue grâce a un 
mécanisme de
polymérisation radicalaire. Préciser les différentes étapes de ce mécanisme 
réactionnel en donnant

un exemple d'initiateur de radicaux.

III. Préparation de polymères fluorés par télomérisation

La réaction de télomérisation est un mode particulier de polymérisation dans 
laquelle un télo--
gène (X--Y) réagit avec quelques molécules d'un monomère R2(Ë=CR2 pour donner 
un polymère

du type X--(CR2-CR2)n-Y.

1. Écrire l'équation bilan dans le cas où le télogène est le 
1,1,1,2--tétrafluoro--2--iodoéthane et
le monomère est le tétrafiuoroéthène.

Données :
Énergies de liaison en kJ-mol"l : C-F : 546; C-H : 446; C-I : 213; cc : 348.

2. Une étude expérimentale réalisée a 1750 C fournit la répartition suivante en 
fraction molaire
pour différents polymères de courte chaîne (oligomères) :

Pourcentages respectifs des polymères précédents : X--(CF2--CF2)n--Y suivant la 
valeur de n

n=1:70% n=2:20% n=3:10%

2.0.) Définir et donner l'expression numérique de la masse molaire moyenne en 
nombre Mn
du polymère obtenu.

2.b} Définir et donner l'expression numérique de la masse molaire moyenne en 
masse MW du
polymère obtenu.

2.c} Déterminer la polymolécularité du polymère obtenu.

Données :

Masses molaires respectives approchées en g-mol_1 des polymères selon la valeur 
de n :
n=1:M1æ400;n=2:M2oe500;n=3:M3æ600.

IV. Etude cinétique de la réaction de télomérisation avec amorçage radicalaire

La polymérisation par amorçage radicalaire satisfait au mécanisme réactionnel 
simplifié sui-
vant dans lequel A2 est la molécule d'amorceur, X--Y le télogène et M le 
monomère éthylénique :

A2 ---> 2A' constante de vitesse kd
Amorçage : A' + X--Y --> A-- Y +X' réaction rapide

X' + M --> X -- M° réaction rapide
Propagation : X -- Mg + M --> X -- M;I+1 constante de vitesse kp

Terminaison : X--M; + X--M;l --+ polymère constante de vitesse kt

1. Donner l'expression de la vitesse d'amorçage.

2. Dans ce mécanisme, X ---- M; représente n'importe quel radical carboné 
contenant le mo--
nomère. Donner alors l'expression de la vitesse de propagation.

3. Donner l'expression de la vitesse de la réaction de terminaison.

4. Dans l'hypothèse des chaînes longues, on peut estimer que la vitesse 
d'amorçage est égale au
double de la vitesse de terminaison. Déterminer alors la concentration en 
centres actifs [X -- MR].

5. Le degré de polymérisation moyen DPn est défini comme le rapport de la 
vitesse de
propagation a la somme des vitesses de disparition des centres actifs.

5.a} Donner l'expression de DPn en fonction des constantes de vitesse et des 
concentrations
en espèces stables du milieu.

5.b) Commenter l'influence de la concentration de l'amorceur et du monomère sur 
le DPn.

V. Étude mécanistique de la réaction de télomérisation avec catalyse
d'oxydoréduction

De nombreux travaux ont mis en évidence l'intérêt de l'utilisation de cations 
métalliques
Me"+ dans les réactions de télomérisation. L'un des mécanismes proposés est le 
suivant :

{acc13 + Men+ --> Mec1n+ + Reel;
Amorçage :

RCC15 + M ----> RCClgM°

Propagation : R.CClgM.'1 + M --> RCC12M;+1

Transfert de chaîne : RCClgM.'1 + RCC13 ----> RCClgMHCI + RCC15
Terminaison : RCClgMä + MeCln+ ----> RCClgMDCl + Men+

1. Écrire le mécanisme dans le cas où le télogène est le tétrachlorométhane, le 
monomère
éthylénique le chlorotrifluoroéthène et le cation l'ion Fe2+.

2. Pourquoi s'agit-il d'une catalyse d'oxydoréduction ?

F ... du premier problème

Deuxième problème

Synthèse du clovène

Données en RMN du proton

Déplacements chimiques 5 en ppm

Données de spectroscopie infrarouge (LR)

3,6--4,4

-CH2-CO- -oH2-o-oo -OC--CHg-CO-- -CH=CH- (cycle) HO--C=C-
2,2--2,8 1,7-2,1 3,4--3,8 5,2--6,0 10--12

CH3--C- CH3-o:o- CH3--C-CO-- CHg--O-- -CHg--O-
0,9-1,1 1,6--2,0 1,3-1,4 3,4_4,0

Nombres d'onde des bandes d'absorption du carboner en cm"

(R, R' groupes aliphatiques saturés)

--OH (alcool)

3650--3600 (libre)
3500--3250 (lié)

Nombres d'onde des bandes d'absorption du OH en cm"1

Le clovène noté A est un sesquiterpène naturel de formule brute C15H24 présent 
dans de
nombreuses huiles essentielles comme l'essence de vétiver utilisée en 
parfumerie. Sa structure
tricyclique pontée (un pont CH2), représentée ci--dessous en projection plane 
et dans l'espace,
rend sa synthèse délicate et implique une approche particulière au cours de sa 
préparation.

1. Indiquer quels sont les atomes de carbone asymétriques du clovène A, puis 
représenter un

diastéréoisomère possible de A.

2. Le réactif B utilisé comme produit de départ de cette synthèse est la 
cyclohexane--l,3-dione.
Les déplacements chimiques des protons du spectre RMN, obtenus de manière 
expérimentale,
d'une solution de B dans le chloroforme deutérié sont comparés ci--dessous avec 
ceux calculés,

obtenus par simulation du spectre RMN de B.

Déplacements chimiques (ppm) et multiplicité des protons
nombres de orotons obtenus -ar inté ration

Spectre de la

2,01 2,252,77 5,5 11,25
multiplet (ZH) multiplet (4H) singulet (1H) singulet (1H)

solution de B
dans CDC13

Spectre de B 1,85 2,45 3,61
simulé quintuplet (ZH) triplet (4H) singulet (ZH)

En outre, le spectre l.R. de la solution de B révèle deux bandes 
caractéristiques : une bande
principale forte à 1586 cm"1, et une bande très large entre 2200 et 3200 cm_1 
centrée sur

2800 cm_1.

Z.a} Attribuer de façon claire les différents déplacements chimiques des 
protons du spectre
simulé de B.

2.b) Quel phénomène chimique mettent en évidence les différences observées 
entre les deux
spectres? En déduire la structure de la forme prépondérante de B dans ces 
conditions, puis
effectuer l'attribution correspondante pour les déplacements observés.

Z.c} Expliquer la valeur particulièrement basse du nombre d'onde de la bande 
principale
d'absorption en I.R. de B.

3. La dione B est mise en solution dans un mélange de toluène et d'éthanol (4/1 
en volume)
en présence d'une quantité catalytique d'acide para-toluènesulfonique. La 
solution obtenue est
ensuite portée au reflux à l'aide d'un réfrigérant équipé d'un appareil de 
Dean--Stark. Cet appareil
permet notamment l'élimination de l'eau au fur et à mesure de sa formation. 
Après extraction
de la phase réactionnelle, traitement et distillation sous vide,/on récupère un 
produit liquide C
de formule brute CgH1202, avec un rendement de 75%. Le spectre RMN proton dans 
CDC13
(origine tétraméthylsilane, TMS) est représenté sur la figure 1.

Figure 1 - Spectre RMN proton de C dans CDCZ3

3.a} Dans quel but utilise--t--on un Dean--Stark ?

3.b) À partir des données fournies, écrire l'équation--bilan de la réaction 
puis identifier le
composé C formé.

3.c) Par analogie avec le mécanisme d'acétalisation en milieu acide, proposer 
un mécanisme
justifiant la formation de C.

4. Le composé C est ensuite traité par un léger excès de diisopropy1amidure de 
lithium (LDA)
dans le THF à --78°C, avant qu'une solution d'iodure de méthyle CH31 dans le 
THF n'y soit
ajoutée lentement à la même température. Après réaction et traitement, on isole 
D auquel on
ajoute dans les mêmes conditions, après un traitement préalable par le LDA, une 
solution de
1--bromo--3--chloropropane. Ceci conduit a E de formule brute C12H19C102.

4.a) Quels sont les atomes d'hydrogène de C qui possèdent un caractère acide? 
Écrire les
formules des énolates obtenus dans chaque cas par action du LDA. Quel est 
l'énolate le plus
stable thermodynamiquement ? Justifier votre réponse.

4.b) Sachant qu'au cours du traitement de C, puis de D, par le LDA, les 
énolates, majo--
ritairement formés cinétiquement, ne sont pas les plus stables 
thermodynamiquement, donner
les mécanismes des réactions conduisant à l'obtention de D et E, en précisant 
leurs structures

stériques.

4.0} Pourquoi n'obtient--on pas plutôt une cétone bromée au cours de la 
réaction donnant
naissance a E ?

5. Par action de LiAlH4 dans l'éther (éthoxyéthane) anhydre, E est transformé 
en F qui
est isolé après neutralisation (solution aqueuse de chlorure d'ammonium). F est 
ensuite dissous
dans l'éthanol en présence d'acide chlorhydrique aqueux, puis le mélange obtenu 
est agité à
température ambiante, ce qui conduit finalement à G.

0

(CH2)3CI

5.a} Pourquoi faut--il travailler en milieu anhydre pour préparer F ? Donnez la 
formule semi--
développée de F.

5.b) Donnez un mécanisme succinct décrivant l'action de LiAIH4 sur E par 
analogie avec
celui de la réduction d'une cétone par NaBH4. Quel est le nombre d'équivalents 
théorique de
LiAlH4 que l'on doit utiliser par équivalent de E ?

5.0} Quel intermédiaire F' obtient-on par hydrolyse de F ? Expliquer pourquoi 
F' se trans--
forme facilement en G dans les conditions utilisées, en détaillant le mécanisme 
de la réaction.

6. G est alors soumis à l'action du LDA dans
le THF à basse température puis mis en présence de
2--(bromométhy1)but--1--ène, ce qui permet d'obtenir H.
Ce dernier composé est a son tour traité par un léger excès
de LDA dans les mêmes conditions opératoires que ci--dessus.
La température du mélange réactionnel est ensuite ramenée
à la température ambiante et l'agitation est prolongée une
journée. Après un traitement approprié, I, dont la structure 1 C2H5
est donnée ci--contre, est finalement isolé.

6.a} Donner la structure de H.

6.b) Détailler l'étape de formation de I.
6.c} Quel produit secondaire pourrait être formé lors de la synthèse de H ?

7. L'énone I est portée au reflux dans l'éthanol en présence d'une quantité 
équimolaire de
tétracarbony1hydruroferrate de potassium K[HFe(CO)4]. Ce réactif, source 
d'hydrure, réagit de
manière analogue à celle d'un dialkylcuprate de lithium sur une énone. Le 
mélange réactionnel
est ensuite hydrolysé dans de l'eau glacée pour conduire à J . L'ozonolyse en 
milieu réducteur du
composé J donne ensuite naissance à K, de formule brute C14H2202.

7.a} Donner la structure du produit J obtenu après hydrolyse.

7.19) Donner la formule de K résultant de la réaction d'ozonolyse de J, et 
indiquer quel
réducteur il est possible d'utiliser. Quel autre produit organique est 
également formé au cours

de cette étape '?

7 .c ) Pourquoi ne peut--on pas effectuer directement une hydrogénation 
catalytique de I pour
aboutir à J ?

8. La formation du squelette carboné final du clovène est réalisée par 
chauffage du composé

K dans le méthanol au reflux en présence de KOH. Le produit obtenu est L dont 
la structure
est donnée ci--dessous :

8.a) Quels sont les protons acides de K ?

8.b) Proposer un mécanisme réactionnel permettant de passer de K a L. Comment 
s'appelle
cette réaction ?

8.6) Écrire les formules des autres produits possibles lors de cette réaction.

9. Le précurseur du clovène L est en fait ré--
duit en alcool saturé M par un réactif que l'on
ne précisera pas, puis traité par le réactif de Jones

(Cng/HQSO4) pour donner N. Ce dernier possède
notamment une bande d'absorption intense en I.R.
à 1740 cm"1. La méthylation de N ne conduisant
qu'à un mélange inséparable de plusieurs composés, O
N est mis à réagir avec du méthanoate d'éthyle au
reflux du toluène en présence de méthanolate de so-- \
dium. Le produit () (C15H2202) formé dans ces condi-
tions dont la bande principale observée en I.R. se si--
tue à 1675 cm"17 est traité par la N--méthylaniline \
CH3N(H)C5H5 dans le méthanol en présence d'acide

pam--toluènesulfonique. Le produit résultant P possède
la formule semi--développée indiquée ci--contre.

9.a} Donner la structure de N.

9. b ) Proposer un mécanisme pour expliquer successivement la formation de O et 
de l'énamine
P. Préciser la structure de O.

10. La méthylation de P par de l'iodure de méthyle en milieu basique (NaNH2) 
fournit Q.
Puis la fonction énamine de Q est hydrolysée en présence d'un mélange 1 : 1 
d'acide chlorhydrique
6 mol.L"1 et de méthanol a chaud. Le produit résultant R est traité par une 
solution aqueuse
de potasse (KOH) pour donner S dont la structure est donnée ci--dessous.

S est ensuite réduit par LiAlH4 dans l'éther anhydre pour donner T. Le 
traitement de T
par C1C02Et dans la pyridine fournit alors U, de formule brute C18H3003, qui, 
par chauffage. à
300°C, permet d'obtenir le clovène A.

10.a) Décrire schématiquement les transformations réalisées et donner les 
structures des
intermédiaires successifs R, T et U.

10.b) Par analogie avec la décarboxylation des fi--diacides généralement 
réalisée en fin de
synthèse malonique, imaginer un mécanisme expliquant la formation du clovène A, 
sachant
qu'on observe au cours de cette ultime étape un dégagement gazeux important.

10.c) Quelle était l'utilité de la séquence de transformations réalisées au 
paragraphe 9. ?

10.d) Identifier la transformation clé qui fixe la stéréoehimie du clovène en 
précisant a quelle
étape on pourrait former un autre diastéréoisomère du clovène.

Extrait du corrigé obtenu par reconnaissance optique des caractères



X Chimie PC 2006 -- Corrigé
Ce corrigé est proposé par Alexandre Hérault (Professeur en CPGE) ; il a été
relu par Mickaël Profeta (Professeur en CPGE) et Jean-Julien Fleck (Professeur 
en
CPGE).

Cette épreuve comporte, comme tous les ans à l'X, deux problèmes indépendants :
un de chimie générale, qui aborde cette année la chimie des polymères ; un 
autre de
chimie organique, qui étudie la synthèse d'une molécule naturelle.
· Le premier problème traite des polymères pour la première fois à ce concours
depuis que ce domaine figure au programme des classes préparatoires. L'étude
tourne autour du polytétrafluoroéthylène (PTFE), très utilisé pour ses 
propriétés antiadhésives et connu par sa commercialisation sous la marque 
Teflon.
Il est constitué de cinq parties indépendantes de longueurs inégales. La 
première est la plus longue et la plus déroutante. Elle aborde certaines 
propriétés
structurales et thermodynamiques du PTFE. Cette sous-partie n'a aucun rapport 
avec ce que l'on a l'habitude de faire en classes préparatoires, beaucoup de
questions sont très spécialisées et une réponse précise ne peut souvent pas être
donnée par un élève, même très bon. Les autres sous-parties sont plus courtes
et en rapport avec le programme ; on s'intéresse successivement à la 
polymérisation radicalaire, à des calculs de masse molaire moyenne en nombre et 
en
masse, à la cinétique de polymérisation (passage technique mais finalement pas
particulièrement difficile) puis à une catalyse d'oxydoréduction.
· Le second problème est l'étude de la synthèse organique du clovène, 
sesquiterpène naturel utilisé en parfumerie, dans l'essence de vétiver par 
exemple. Il n'est
pas subdivisé en sous-parties, ce qui le rend délicat à traiter en cas de 
blocage,
même si quelques structures intermédiaires sont données. Les réactions 
utilisées sont variées et couvrent une large part du programme de chimie 
organique.
Une place importante est accordée aux mécanismes réactionnels. Des données
de spectroscopie RMN et IR sont également utilisées pour quelques molécules.
La difficulté générale de l'épreuve est, comme chaque année, assez élevée. Un 
entraînement spécifique pour ce type de problème est utile afin de se 
familiariser avec le
niveau attendu. Ici, indépendamment de la difficulté globale de l'épreuve, la 
première
sous-partie du problème sur les polymères est vraiment déraisonnable et ne 
correspond pas à ce que l'on est en droit d'attendre d'un élève de classes 
préparatoires.
Le jour de l'épreuve, il faut la repérer rapidement et nous vous conseillons de 
la sauter
pour éviter de perdre trop de temps. Concentrez-vous alors sur le reste du 
sujet, plus
classique et plus abordable. La longueur de l'épreuve est telle qu'il est de 
toute façon
difficile de tout traiter dans le temps imparti. S'il reste du temps en fin 
d'épreuve,
vous pourrez toujours revenir sur cette partie pour traiter quelques questions.

Indications
Premier problème
I.1.b Faire un schéma du butane en conformation éclipsée en faisant apparaître
les deux hydrogènes terminaux qui sont face à face. Bien détailler les angles
géométriques pour calculer les distances.
I.3.a Considérer les polymères comme des enchaînements de butanes.
I.3.b Calculer le nombre d'itérations nécessaires pour faire un tour ; 
attention il y
a quatre hélices imbriquées.
I.4.b Il s'agit de la relation de Clapeyron. Utiliser le potentiel chimique et 
sa différentielle pour l'établir.
I.5.c La dilatation prouve que les chaînes sont moins ordonnées.
II.2 Un mécanisme radicalaire nécessite une initiation, une propagation et une
terminaison.
III.2.c La polymolécularité est le rapport entre la masse molaire moyenne en 
masse
et la masse molaire moyenne en nombre.
IV.2 Il faut sommer toutes les vitesses des réactions de propagation.
IV.3 Ici aussi il faut penser à sommer toutes les vitesses de terminaison.
Deuxième problème
2.a Il est aisé de raisonner sur la forme des pics en regardant le nombre de 
couplages pour chaque proton.
2.b Quelle particularité a l'équilibre céto-énolique pour les -dicétone ?
2.c La conjugaison donne à la double liaison un caractère de simple liaison.
4.a Un proton éthylénique n'est pas acide. La conjugaison rend acides les 
protons
à l'opposé du carbonyle sur le cycle.
4.c Le chlore et le brome ont des polarisabilités différentes.
7.c Quelle est la conséquence de la conjugaison sur la facilité d'hydrogénation 
de
la liaison ?
8.c Envisager les réactions issues des autres ions énolates.

Premier problème
Étude d'un polymère fluoré

I.

Propriétés structurales et thermodynamiques du PTFE

I.1.a Les conformations correspondant à 0 et 120 sont des maximums d'énergie
potentielle, celles à 60 et 180 des minimums. La courbe d'énergie potentielle 
issue
de l'analyse conformationnelle est la suivante :
Ep (kJ.mol-1 )
18,8
15,9
3,8
0

60

120

( )

180

Il suffit de se limiter à   [0; 180] en raison de la périodicité. La courbe est 
ensuite
symétrique par rapport à la droite  = 180 jusqu'à 360 .
Les quatre conformations I, II, III et IV se nomment plus couramment éclipsée, 
décalée gauche, pseudo-éclipsée et décalée anti.
I.1.b Pour la conformation éclipsée, la situation pour les atomes d'hydrogène 
les
plus proches est représentée ci-dessous :
H

H

A

B

109,47

Les angles valenciels sont égaux à 109,47 puisque les atomes de carbone 
possèdent
tous une géométrie tétraédrique parfaite.
Commençons par calculer la distance AB.
AB = dC-C (1 + 2 |cos(109,47)|)
Application numérique :
AB = 154 × 1,66  153 ×

5
= 255 pm
3

Pour calculer la distance HH, il est nécessaire d'utiliser l'angle . Pour cela, 
on
utilise le fait que  est égal à 90 - . En utilisant la relation des angles 
alternesinternes, il vient
 = 109,47 - 90 = 19,47
donc

 = 109,47 -  = 109,47 - (90 - 19,47) = 38,94

d'où

HH = AB - 2 dC-H cos(38,94)

Application numérique :
HH = 255 - 220 × 0,77  255 - 220 ×

3
= 90 pm
4

La distance entre les deux atomes d'hydrogène est donc beaucoup plus petite que
la distance de Van der Waals permise (2 × 120 = 240 pm). Les deux atomes sont en
situation de s'interpénétrer. Pour éviter cela, il y a rotation autour de la 
liaison C-C
terminale afin que les deux atomes d'hydrogène ne pointent pas l'un vers 
l'autre.
I.2.a La conformation I dans le perfluorobutane est moins stable que dans le 
butane,
car son énergie est supérieure. Ceci s'explique par le fait que les atomes de 
fluor sont
plus gros que les atomes d'hydrogène.
On peut aussi penser que la densité électronique, supérieure pour les atomes
de fluor, entraîne une répulsion plus importante dans la conformation éclipsée
du perfluorobutane que la répulsion des atomes d'hydrogène dans le butane.
I.2.b Les atomes de fluor étant plus gros que les atomes d'hydrogène, un 
décalage
angulaire est nécessaire pour éviter une gène stérique entre les atomes en 1,3.
F
F
F
F
F

I.3.a On peut considérer que le polyéthylène PE est une suite de butanes 
accrochés
les uns aux autres, les groupements terminaux méthyles du butane étant remplacés
par la suite de la macromolécule. L'analyse conformationnelle est identique, le 
PE
est donc une suite de conformations décalées anti (la plus stable pour le 
butane) les
unes après les autres. La chaîne du PE étiré est donc plane.

H

H

H

H

H

H

H

H

Pour le polytétrafluoroéthylène PTFE, tous les groupements de deux carbones
adjacents adoptent une conformation de type trans(-). Il y a donc une rotation
de 13 à chaque atome de carbone supplémentaire dans la chaîne. Le PTFE a une
structure hélicoïdale.