Centrale Physique MP 2010

Thème de l'épreuve Projet Mose
Principaux outils utilisés mécanique, thermodynamique

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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Concours Centrale - Supélec 2010

Épreuve :

PHYSIQUE

Filière

MP

Projet MOSE
Le 4 novembre 1966 le
L Y
niveau d'eau de la lagune
l
de Venise a fortement auge
menté et plus de 71% de la
ville sont restés submergés
sous plus d'un mètre d'eau
24 h durant. La marée a
atteint 194 cm au-dessus
du niveau 0 de référence,
niveau moyen de la lagune
en 1897. Les marées hautes dont la cote égale ou
O
dépasse 110 cm au-dessus
du niveau de référence
sont appelées « acqua
alta ». Ces phénomènes
liés aux marées océaniques
se succèdent à une cadence
d'après J.P. Neri, 2007
accrue depuis trois décennies. Pour faire barrage à ces flots envahissants, les 
autorités italiennes ont opté en 2001
pour une solution impressionnante : le projet MOSE (MOdulo Sperimentale 
Electromeccanico, MOdule Expérimental Électromécanique). En italien, le prénom 
Mosè est l'équivalent de « Moïse ». L'étymologie courante de ce prénom est « 
sauvé des eaux », ce qui recouvre
bien la finalité du projet.
Étendue du chantier :
· 200 ha à protéger
· 45 km de plage à reconstruire
· 8 km de dune reconstruite
· 15 km de chantier
· Environ 80 vannes de 20 m sur 30 à poser devant les 3 passes d'accès du Lido 
(800 m
de large), Malamocco et Chioggia (400 m de large chacune).
Schémas de fonctionnement d'une vanne à gravité dans les barrages mobiles

Dans le cas où le niveau de l'eau dépasse les 110 cm, les vannes sont 
partiellement vidées de leur eau par injection d'air comprimé : elles se 
soulèvent, en

pivotant sur l'axe des charnières, jusqu'à émerger en isolant temporairement la
lagune du reste de la mer.
Les trois parties du problème (étude du projet, étude du compresseur, le 
phénomène des marées) sont indépendantes.

Partie I - Étude du projet
Le dispositif étudié pour lutter contre les
marées est constitué de caissons métalliques
creux, lesquels, au repos, sont remplis d'eau de
mer et d'un volume résiduel d'air. Ils sont alors
complètement immergés. Chacun de ces caissons peut pivoter autour d'un axe 
horizontal
fixé au fond de la lagune (voir figure).

e

z
H

Y

l

h

h

La base ( e x, e y, e z ) (suivant les axes Ox , Oy et

Oz ) est orthonormée directe. Le vecteur unitaire e Y est orienté dans la 
direction du caisson
xO
y
(axe OY ). On considère   [ 0,  ] . La hauteur
d'eau est H (pour les applications numériques ou discussions on considère
H = 18 m ). Le caisson est modélisé par un parallélépipède creux de hauteur
l = 25 m de largeur L = 20 m et d'épaisseur e = 4, 5 m (on néglige l'épaisseur
des parois métalliques). La hauteur d'eau H est toujours telle que H < l . La 
section d'un caisson est notée S (on a S = eL ). De l'air peut être injecté 
dans le
caisson afin d'y chasser une partie de l'eau.
On considère que la masse de l'air est négligeable devant celle de l'eau. La 
hauteur d'eau restante est notée h (voir schéma). La masse
métallique d'un caisson est m c = 300 tonnes . La
densité volumique de l'eau est notée :
­3
 e = 1000 kg  m ,
l'accélération
de
la
­2
pesanteur : g = 9, 8 m  s .
Afin de simplifier l'étude, on supposera dans
toute la suite du problème que l'on peut assimiler le caisson et l'eau qu'il 
contient à un objet
bidimensionnel rectangulaire, dont l'axe Ox

Y

z
H

l
h

xO

y

supporte l'un des côtés, et l'axe OY est l'une des médianes. On considère 
également que l'eau contenue dans le caisson reste fixe par rapport à celui-ci. 
Dans
ces conditions, les centres d'inertie G c du caisson vide et G e de l'eau qu'il 
contient sont situés sur l'axe OY , aux distances l / 2 et h / 2 du point O.

I.A - Équilibre en dehors des marées

I.A.1)
On note G le centre d'inertie du caisson rempli d'eau sur la hauteur h .
On pose  e =  e S et  c = m c / l . Exprimer OG en fonction de  e ,  c , l et h 
.
I.A.2)
Exprimer la projection suivant e x , notée M x ( P ) , du moment en O du
poids du système constitué par le caisson et l'eau qu'il contient en fonction de
 e ,  c , h , l , g et  .

I.A.3)
On considère un corps  flottant à l'interface entre deux fluides au
repos (une partie de  est en contact avec un fluide, tandis que l'autre partie 
est
en contact avec le deuxième fluide). Montrer les résultats suivants sans 
calculer
d'intégrales :

a) « La somme des forces de pression qui s'exercent sur  est égale à l'opposé de
la somme des poids des deux fluides déplacés. »

b) « La somme des moments des forces de pression qui s'exercent sur  est égale
à l'opposé de la somme des moments des poids des deux fluides déplacés. »
On pourra appuyer sa démarche sur des figures comme celles qui suivent :
Fluide n° 1

Fluide n° 1

Fluide n° 1

Fluide n° 2

Fluide n° 2

Fluide n° 2

I.A.4)
Exprimer M Ox ( f p ) le moment en O suivant e x des forces de pression
en fonction de l ,  e , g , H et  . On pourra considérer les situations où le 
caisson
est totalement immergé ou pas. Que peut-on vérifier sur les expressions
obtenues ?

I.A.5)

On cherche les positions d'équilibre du caisson.

a) Montrer qu'une position d'équilibre pour laquelle le caisson est totalement
immergé et autre que celle où il est horizontal, posé sur le fond, n'est 
possible
que si une certaine condition est vérifiée entre  e et  c . Les valeurs 
numériques
fournies par l'énoncé la vérifient-elle ? Commenter le sens physique du 
résultat.

PHYSIQUE

Filière MP

b) On s'intéresse maintenant aux positions d'équilibre pour lesquelles une 
partie du caisson émerge. Montrer qu'il peut en exister jusqu'à trois. On note  
e ,
l'angle associé à une position d'équilibre. Tracer alors dans le plan ( h , sin 
 e ),
l'ensemble des points représentant un équilibre possible. Préciser notamment
les valeurs particulières de h et sin  qui délimitent les différentes portions 
de
courbes. On fournira les expressions littérales en fonction de  e ,  c , H et l 
et
on effectuera les applications numériques.
c) En restant dans le cas où le caisson est partiellement immergé, discuter la
stabilité des positions d'équilibre et montrer que la hauteur d'eau restant dans
le caisson doit être inférieure à une valeur critique h c pour que la position 
verticale soit une position d'équilibre stable. Exprimer h c en fonction de H , 
 c ,  e
et l . Effectuer l'application numérique pour une profondeur H = 18 m . Sur le
graphe de la question précédente, préciser la nature des positions d'équilibre.
I.B - Étude du régime transitoire
On envisage maintenant l'étude de la remontée d'un caisson vers sa position
d'équilibre. On considère la simplification suivante : le caisson est maintenu 
en
position horizontale au fond de la lagune jusqu'à ce que les pompes aient pu
refouler suffisamment d'air afin qu'il reste une hauteur h d'eau. Le caisson est
alors laissé libre de son mouvement jusqu'à sa position d'équilibre vertical. On
s'intéresse notamment à la durée de ce régime transitoire, que l'on espère assez
courte afin de maintenir le trafic fluvial le plus longtemps possible.
I.B.1)
On s'intéresse à la force de frottement qu'exerce l'eau sur le caisson
lorsque celui-ci est en mouvement. On suppose que le caisson est toujours
immergé.
a) Soit un élément de surface dS se déplaçant dans l'eau avec une vitesse v
perpendiculaire à cet élément de surface. On note v le module de la vitesse. C f
est un coefficient sans dimension. Par une analyse dimensionnelle, déterminer
la valeur de l'exposant  figurant dans l'expression de la force de frottement
d f f = ­ C f  e   ­ 1  dS

exercée par l'eau sur l'élément de surface dS .
b) Montrer alors que le moment en O suivant l'axe e x des forces de frottement
peut s'écrire (la fonction signe associe à un nombre son signe) :
d 
d
M Ox ( f f ) = ­ f  signe  -------   ------- .
 dt   dt 

Exprimer f en fonction de C f , L , l et  e .
Effectuer l'application numérique en prenant C f = 2 .

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PHYSIQUE

Filière MP

I.B.2)
a) On écrit  Ox la projection algébrique sur e x du moment cinétique du système 
constitué par le caisson et l'eau qu'il contient sous la forme :  Ox = J  .
Exprimer J en fonction de  e ,  c , l et L . On considère que h = 12, 6 m dans 
la
suite du problème. Calculer numériquement J . On rappelle l'expression du
moment d'inertie par rapport à l'une de ses extrémités pour une barre homogène
2
de masse M , de longueur L barre : J barre = ( 1 / 3 )  M  L barre . Cette 
expression
pourra être transposée au cas d'une plaque rectangulaire homogène en rotation
autour d'un de ses côtés.
b) Établir l'équation différentielle du mouvement du caisson, valable tant que
ce dernier est totalement immergé, sous la forme :
2

d
d 2
d 
--------2- + a  sgn  -------   ------- ­ b cos  = 0 .
dt
dt
dt

Exprimer a en fonction de f et J , et b en fonction de g ,  e ,  c , l , h et J 
. Déterminer les valeurs numériques de a et b .
Est-ce que le coefficient b est positif ? Doit-il l'être ?
I.B.3)
On considère dans la suite que a = 20 SI et b = 2 SI . On simplifie en
supposant que l'équation différentielle précédente est toujours valable.
On cherche un ordre de grandeur de la durée du régime transitoire. En 
considérant que, durant la remontée du caisson, son mouvement de rotation est 
quasiment uniforme, déterminer l'ordre de grandeur de la durée du régime
transitoire. La comparer avec celle que donne une résolution numérique : 10 s .
I.C - Équilibre en présence des marées
On s'intéresse au nouvel équilibre atteint après la montée des eaux. La hauteur
d'eau du côté des y positifs est passée de H à H + H (elle reste égale à H du
côté des y négatifs).
Attention : avec ces conventions, les hautes
eaux et basses eaux sont inversées par rap- 2.10
port à la première figure donnée en introduc- 1,5.10
tion.
1.10
On admet que l'on peut écrire M Ox , la projection sur e x de la somme des 
moments en 5.10
O de toutes les forces qui s'exercent sur le
0
système constitué par le caisson et l'eau qu'il
100
60
80
120
(°)
contient, sous la forme :
-5.10
8

8

8

7

7

M Ox

B
= A cos   f (  ) + --------------- ,
2
sin 

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-1.108

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PHYSIQUE

Filière MP

la fonction f (  ) vérifiant :
1 / f (  / 2 )  0 et B étant une constante non nulle.
Vérifier que la position verticale n'est plus une position d'équilibre. Donner 
une
interprétation physique.
a) Dans le cas où h = 10 m , on obtient le graphe ci-avant pour la fonction
 a M Ox .
Commenter, et établir un lien éventuel avec la première figure donnée en 
introduction.
b) Dans le cas où h = 23 m et
x
H = 0, 9 m , on obtient le graphe
ci-contre
pour
la
fonction
 a M Ox :
Commenter ce graphe sans faire
de calculs (s'intéresser notamment à l'existence de deux
valeurs de  qui annulent M x ).
Expliquer pourquoi le barrage

49°
90°
résiste mieux à la montée des
eaux si h est différent de 0 m .

Partie II - Étude de la compression et de l'injection de l'air
dans le caisson
II.A - Compression de l'air dans le caisson
Chaque compresseur utilisé
x
pour injecter l'air dans le caisA
C
son, est constitué d'un cylindre
S P
de section s , de volume V 0
entre les sections AB d'abs- Vers le
Caisson
cisse x = d et CD d'abscisse moteur
E
P
S
P
x = 0 , de deux soupapes S 1 et
Vc
F
S 2 , d'un tuyau de volume v
B
D
délimité par les sections CD et
V
EF et d'un piston mobile sans
v
frottement entre les positions
AB et CD . La pression atmosphérique constante s'exerce sur la face extérieure
du piston.
1

0

2

0

0

0

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PHYSIQUE

Filière MP

Lors de la phase d'aspiration, la soupape S 2 se ferme et la soupape S 1 s'ouvre
quand la pression dans le cylindre est juste inférieure à la pression 
atmosphérique P 0 . L'air à la pression atmosphérique P 0 est alors aspiré dans 
le cylindre.
Lors du retour du piston la soupape S 1 se ferme alors que la soupape S 2 
s'ouvre
dès que la pression dans le cylindre devient juste supérieure à la pression P
dans le caisson.
Le volume d'air dans le caisson reste à la valeur constante V c tant que la 
pression P dans le caisson n'a pas atteint la pression P f : pression 
suffisante pour
éjecter l'eau du caisson. On prendra P f = 3P 0 .
N compresseurs travaillent en parallèle pour comprimer l'air dans le caisson ;
N = 10 .
Toutes les transformations sont quasi statiques et s'effectuent à température
constante T 0 : la température de l'atmosphère. L'air, quelque soit sa pression,
sera considéré comme un gaz parfait.
3
3
Valeurs numériques : P 0 = 1 bar ; T 0 = 290 K ; V c = 150 m ; V 0 = 2 m ;
3
v = 0, 5 m ; R ( constante des gaz parfaits ) = 8, 31 SI .
II.A.1) À l'instant initial la pression de l'air dans les compresseurs et dans 
le
caisson est la pression atmosphérique P 0 . Les pistons sont en position AB .
Un moteur actionne les pistons de AB à CD .
On suppose P 1 < P f .
Calculer, en fonction de P 0 , V 0 , V c , v , N , R et T 0 la pression P 1 et 
la variation n du nombre de moles d'air dans le caisson. Effectuer 
l'application numérique.
II.A.2) La soupape S 2 se ferme et les pistons sont déplacés de CD à AB .
Déterminer la position x 1 du piston lorsque s'ouvre la soupape S 1 en fonction
de N , V c , v et d . La mesure de x 1 sera faite à partir de la position CD .
II.A.3) Déterminer le travail w reçu par l'air contenu dans les compresseurs
et le caisson lors du déplacement des pistons de AB à CD . Quel est le transfert
thermique q reçu par l'air ? Exprimer w et q en fonction de P 0 , V c , v , N et
V 0 et faire l'application numérique.
II.A.4) Calculer le travail W a fourni par le moteur lors du déplacement des
pistons de AB à CD puis W r lors du retour de CD à AB .
Montrer que le travail W m fourni par le moteur lors d'un aller et retour des 
pistons est :
W m = V c P 1 ln P 1 / P 0 + ( P 0 ­ P 1 ) V c .
Calculer ce travail et commenter sa valeur.

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PHYSIQUE

Filière MP

II.A.5) À un instant donné, les pistons sont dans la position AB , les soupapes
S 2 sont fermées. La pression est P i à l'intérieur du caisson. Le moteur pousse
les pistons de AB à CD .
Quelle relation les pressions P 0 et P i doivent-elles vérifier afin que les 
soupapes
S 2 s'ouvrent au cours du mouvement ?
Quelle est la position x =  i + 1 des pistons au moment de cette ouverture ?
Quelle est la pression P i + 1 à l'intérieur du caisson lorsque les pistons 
atteignent
la position CD ?
Montrer que P 0 , P i et P i + 1 vérifient la relation (1) suivante :
(1)
P i + 1 ­ bP 0 = a ( P i ­ bP 0 )
a et b étant des constantes que l'on déterminera littéralement, puis 
numériquement.
II.A.6) À l'aide de la relation (1) du II.A.5, calculer la pression P n à 
l'intérieur
du caisson après n va-et-vient des pistons. Quelle est la valeur limite P  de P 
n
lorsque n   ? Interpréter physiquement cette valeur limite.
II.A.7) Pour établir l'expression du travail W m, i + 1 fourni par le moteur et
reçu par le gaz lors du va-et-vient qui conduit la pression du caisson de P i à
P i + 1 , on considère le processus suivant, qui fournit le même résultat, ainsi
qu'on le vérifiera sur le cas particulier W m, 1 = W m .
a) Entre l'instant t et t + dt , le moteur fournit le travail W m, i + 1 
nécessaire à
la compression isotherme (à la température T 0 ) d'une quantité d'air n (en
mole), depuis la pression P 0 à la pression P ( t ) , avec P i  P ( t )  P i + 
1 . Exprimer
W m, i + 1 en fonction de n , R , T 0 , P ( t ) et P 0 .
b) Suite à l'introduction isotherme de la quantité n d'air supplémentaire dans
le caisson, établir, en fonction de n , R , T 0 et V c , l'expression de 
l'augmentation de pression dP qui en résulte.
c) En déduire l'expression de W m, i + 1 en fonction de P ( t ) , P 0 , V c et 
dP puis
celle de W m, i + 1 .
d) Comparer W m, 1 à l'expression de W m établie au II.A.4 et conclure.
II.A.8) Quel est le travail total W t fourni par le moteur pour l'ensemble de n
va-et-vient des pistons, en supposant que le volume d'air dans le caisson est 
toujours constant.
II.A.9) Calculer numériquement :
· la limite maximum P  des pressions accessible,
· le nombre minimum  de va-et-vient des pistons nécessaires pour obtenir
dans le caisson une pression supérieure à P f = 3P 0 . Quelle est alors la pres-

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PHYSIQUE

Filière MP

sion exacte P  dans le caisson, en supposant que l'évacuation de l'eau n'a pas
encore commencé) ? Commenter ce résultat.
· le travail fourni par le moteur pour parvenir à ce résultat.
II.B - Évacuation de l'eau du caisson
Lorsque la pression de l'air dans le caisson atteint une pression supérieure à
3P 0 , l'eau du caisson s'écoule. Le moteur continue à actionner les pistons de
façon à maintenir la pression constante P f de l'air dans le caisson. Les 
transformations de l'air sont toujours isothermes.
II.B.1) On laisse le caisson se soulever lorsque l'air occupe un volume
3
V f = 1120 m dans le caisson, à la pression P f . Les pompes sont alors 
arrêtées.
Quelle est alors la quantité d'air qui a été refoulée dans le caisson par les 10
pompes ?
II.B.2) En transposant la démarche décrite au II.A.7, calculer littéralement
puis numériquement le travail W t fourni par le moteur pour refouler dans le
caisson la quantité d'air calculée précédemment.
II.B.3) Calculer le travail total W total fourni par le moteur pour toute
l'opération : compression initiale de l'air dans le caisson de P 0 à P f puis 
refoulement de l'air à la pression P f dans le caisson.
On désire que la durée totale de cette opération n'excède pas une heure. Quelle
doit être la puissance du moteur ?
II.B.4) À votre avis, comment l'énergie peut-elle être fournie au moteur ?
Quels sont les inconvénients et les avantages du projet MOSE ? Que pensezvous 
de ce projet ?

Partie III - Le phénomène des marées
Les « acqua alta » se produisent lors des grandes marées océaniques. Étudions
ce phénomène.
III.A - Le potentiel gravitationnel
III.A.1) Considérons deux points matériels O et M de masses respectives m 1
et m 2 . La force gravitationnelle exercée par O sur M est :
3

F = ­ Gm 1 m 2 / OM OM ,

G est la constante de gravitation.
Déterminer le champ gravitationnel A créé par O en M .
III.A.2) Par analogie avec l'électrostatique, énoncer le théorème de Gauss
appliqué au champ gravitationnel.

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PHYSIQUE

Filière MP

Que peut-on conclure concernant le champ gravitationnel A exercé par un centre 
attracteur dont la répartition de masse respecte la symétrie sphérique ?
III.B - Marées océaniques
III.B.1) En effectuant un minimum de calculs, on se propose maintenant de
justifier la forme que prend le bourrelet océanique en prenant en compte la 
présence d'un centre attracteur, tel que la Lune ou le Soleil. On notera T , L 
et S
les centres respectifs de la Terre, de la Lune et du Soleil.
Pour simplifier l'étude, on se place dans le cas d'un centre attracteur unique, 
le
Soleil, supposé fixe dans le référentiel de Copernic, considéré comme galiléen.
a) Rappeler la définition du référentiel de Copernic et celle du référentiel 
géocentrique.
b) En considérant que la force exercée par le Soleil sur la Terre vaut m T A S 
( t ) ,
en déduire l'accélération d'entraînement qui apparaît lors de l'écriture de la
relation fondamentale de la dynamique dans le référentiel géocentrique R géo .
c) Soit un point matériel P situé à la surface de la Terre, de masse m , soumis
aux champs attractifs terrestre A T ( P ) , A S ( P ) , ainsi qu'à d'autres 
interactions
de résultante F . Écrire pour ce point P la relation fondamentale de la 
dynamique dans le référentiel géocentrique R géo . Faire notamment apparaître 
le terme
de marée :
Am ( P ) = AS ( P ) ­ AS ( T )
d) En recopiant la figure ci-contre, représenter par une flèche la direction et 
le sens S
T
P1
P2
du terme de marée A m ( P ) en chacun des
points P 1 et P 2 .
e) En déduire la forme du bourrelet océanique, que l'on représentera sur la 
même figure. Indiquer également les lieux de
pleine mer et de basse mer.
III.B.2) Dan le référentiel géocentrique, la Terre tourne en 24h autour de l'axe
des pôles, que l'on considère normal au plan de la figure précédente. En 
dessinant quelques figures, montrer que la forme du bourrelet océanique 
conduit, en
un point fixe de la terre, à un mouvement périodique des eaux, ou marées.
Déterminer la période correspondante T m .
III.B.3) En réalité, les effets de la Lune et du Soleil se superposent sur la 
déformation du bourrelet océanique. Les autres planètes du système solaire sont 
à la
fois trop lointaines et trop peu massives pour présenter un terme de marée
significatif.

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PHYSIQUE

Filière MP

Dans les trois cas suivants (conjonction, quadrature, opposition) indiquer, en
s'aidant de figures, si le phénomène de marée sera de faible amplitude (mortes
eaux) ou de grande amplitude (vives eaux).
S

Conjonction

L

T

L

S

Quadrature

S

Opposition

T

T

L

III.C - Onde de marée
Le modèle statique que nous venons d'étudier n'est pas satisfaisant dans la
réalité ; en particulier pour la mer Méditerranée dont le volume d'eau est 
faible
devant celui des océans. De plus elle peut être considérée comme une mer 
quasifermée. En fait, le mouvement des océans entraîne une onde de marée qui se
propage par le détroit de Gibraltar vers l'intérieur de la Méditerranée. Cette
onde se réfléchit sans déphasage sur la côte orientale du bassin méditerranéen
(Syrie, Liban, Israël). Le bassin méditerranéen peut être modélisé par un 
parallélépipède de longueur L = 1500 km et de profondeur moyenne H = 2 km .
Dans un bassin dit de « faible profondeur », l'onde de marée produit une 
modification de  ( P, t ) au point P à l'instant t de la hauteur d'eau moyenne 
H .  ( P, t )
vérifie l'équation d'onde classique de d'Alembert :
2

2

 = 1 / gH   / t ,
g est l'intensité de la pesanteur.
On rappelle qu'un bassin est dit de faible profondeur lorsque sa profondeur H
est faible devant la longueur d'onde associée aux phénomènes propagatifs qui y
ont lieu.

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PHYSIQUE

Filière MP

III.C.1) Indiquer un autre phénomène ondulatoire qui vérifie cette équation
d'onde.
III.C.2) Calculer la vitesse de propagation c de l'onde. Peut-on considérer que
la Méditerranée est un bassin de faible profondeur ?
III.C.3) Calculer le temps mis par l'onde de marée pour effectuer un aller et
retour dans le bassin méditerranéen en partant de Gibraltar. Peut-on en 
conclure que l'amplitude des marées à l'entrée de la méditerranée est 
nécessairement de faible amplitude ?
Les « acqua alta » qui se multiplient à Venise se produisent le plus souvent au 
moment des
grandes marées, mais comme nous venons de le voir ce phénomène ne peut à lui 
seul expliquer la montée des eaux. Une étude comparative avec la ville de 
Trieste a montré qu'il y a
un écart de 13 cm entre le niveau d'eau des deux villes. Ce qui est en cause 
c'est le pompage
d'eau souterraine pour les activités du port industriel de Venise qui produit 
le tassement
du site.

··· FIN ···

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Extrait du corrigé obtenu par reconnaissance optique des caractères



Centrale Physique MP 2010 -- Corrigé
Ce corrigé est proposé par Raphaël Galicher (Enseignant-chercheur à 
l'université) ; il a été relu par Rémy Hervé (Professeur agrégé à l'université) 
et Stéphane
Ravier (Professeur en CPGE).

Le sujet propose une étude du projet Mose (Modulo Speromentale Electromecanico, 
Module Expérimental Électromécanique). Il s'agit d'un barrage dynamique dont
l'objectif est de protéger la ville de Venise des inondations dues aux fortes 
marées
(les acqua alta). Le problème est divisé en trois parties indépendantes.
· La première partie propose une étude mécanique du projet (mécanique des
systèmes et du solide). Le calcul des moments des forces (poids, poussée 
d'Archimède) s'exerçant sur le barrage (solide en rotation) permet de définir 
les
positions d'équilibre et leur stabilité en fonction des différents paramètres du
problème. Une description dynamique du système permet ensuite de calculer la
durée du régime transitoire amenant aux positions d'équilibre. Enfin, l'énoncé
analyse en détail deux états particuliers du barrage.
· La deuxième partie propose une étude thermodynamique des compresseurs du
projet Mose. D'abord, des transformations isothermes décrivent la phase de
compression du gaz dans un caisson de volume donné. L'énoncé sépare cette
phase de compression en plusieurs transformations successives et propose un
raisonnement pour déterminer le travail à fournir par l'utilisateur. Ensuite, la
phase d'évacuation de l'eau est étudiée et le travail à fournir est déterminé.
· Enfin, le phénomène des marées est abordé dans la troisième partie. La notion 
de
champ gravitationnel est introduite, puis utilisée dans un référentiel non 
galiléen
pour étudier qualitativement le phénomène des marées océaniques provoquées
par le Soleil et la Lune sur Terre. Une dernière sous-partie, très courte, 
étudie
l'onde de marée qui se propage dans le bassin méditerranéen en utilisant une
description d'onde classique de d'Alembert.
Les connaissances nécessaires pour traiter la première partie sont plutôt 
simples,
mais il est important de bien poser le problème pour chaque configuration 
étudiée.
Dans la deuxième partie, l'étude de la phase de compression demande une bonne
maîtrise du cours de thermodynamique et surtout une attention soutenue, car 
presque
aucun résultat intermédiaire n'est donné. L'étude de la phase d'évacuation de 
l'eau est
compliquée car l'énoncé demande de reconstruire, sans indication, un 
raisonnement
similaire à celui proposé dans l'étude de la phase de compression. La troisième 
partie
est une application directe du cours. Signalons enfin que ce problème ne fait 
quasiment
appel qu'au programme de sup.

Indications
Étude du projet
I.A.3 Justifier que les champs de pression des deux sous-systèmes de la figure
reproduisent le champ de pression du système complet. Appliquer alors le
théorème d'Archimède à chaque sous-système.
I.A.4 L'énoncé néglige le poids de l'air devant celui de l'eau, donc il 
convient de
négliger la poussée d'Archimède dans l'air devant celle dans l'eau.
I.A.5.a Remarquer que cos  ne peut pas être nul dans le cas d'un caisson 
totalement
immergé.
I.A.5.b Pour obtenir le domaine d'existence des positions d'équilibre non 
verticales
ne pas oublier que le caisson ne doit pas être totalement immergé.
I.A.5.c Justifier qu'une position d'équilibre est stable si la dérivée par 
rapport à 
de la somme des moments des forces en O selon Ox est négative.
I.B.1.a L'expression fournie par l'énoncé est erronée. Le deuxième v est un 
vecteur
et non un scalaire
I.B.1.b Une force de frottements s'oppose au mouvement.
I.B.2.a Il y a une erreur d'énoncé : J s'exprime en fonction de e , c ,  et h.
I.B.2.b Pour expliquer le signe de b, analyser la solution de l'équation 
différentielle
pour un caisson lâché sans vitesse initiale.
I.B.3 Approcher la vitesse de remontée par sa valeur en  = 0.
Étude de la compression et de l'injection de l'air dans le caisson
II.A.1 Lors d'une transformation isotherme d'un gaz parfait, le produit P V est
constant. Il y a un unique caisson mais N tuyaux et N cylindres.
II.A.4 Entre CD et AB, étudier les contributions du gaz à gauche et à droite du
piston. La contribution du gaz à droite doit être décomposée en deux à
cause de l'ouverture des soupapes.
II.A.7.c Une primitive de ln x est x (ln x - 1).
II.B.1 Il s'agit du nombre de moles refoulées depuis l'instant où la pression du
caisson est Pf .
II.B.2 Calculer le travail reçu par le gaz pendant un va-et-vient augmentant le
volume dans le caisson de Vi+1 - Vi . Déterminer l'augmentation du volume
à chaque étape (Vi+1 - Vi ) et le nombre   de va-et-vient des pistons
nécessaires pour atteindre le volume Vf .
Le phénomènes des marées
III.A.2 La masse est analogue à la charge électrique et la constante 4  0 est 
analogue à -1/G.
III.B.2 Suivre un point de la surface de la Terre sur son plan équatorial au 
cours
du mouvement diurne.
III.B.3 Dessiner les champs appliqués par le Soleil, puis par la Lune et en 
déduire
la forme de la couche océanique.
III.C.3 Estimer la somme de l'onde réfléchie et de l'onde incidente au niveau du
détroit de Gibraltar.

Le rapport du jury liste quelques conseils qui sont habituels mais qui prennent
tout leur sens dans ce sujet dense et touffu :
· une lecture complète et attentive de l'énoncé est nécessaire pour rechercher 
à la fois les hypothèses de travail et les valeurs numériques
pertinentes ;
· le résultat final doit passer au crible d'un contrôle d'homogénéité 
dimensionnelle ;
· une définition du système thermodynamique et du référentiel d'étude
en mécanique sont absolument nécessaires ;
· enfin, le rapport du jury précise une fois de plus que la falsification
manifeste d'un résultat demandé par l'énoncé peut jeter le discrédit
sur l'ensemble de la copie.

Projet MOSE
I. Étude du projet
I.A

Équilibre en dehors des marées

I.A.1 Le caisson est constitué
--
· d'une masse e S h d'eau dont le centre d'inertie Ge est tel que OGe = h/2 -
e
Y;
--
-

· d'une masse mc de métal avec un centre d'inertie Gc repéré par OGc = /2 eY .
La position du centre d'inertie G du caisson (métal et eau) est alors
--
--
--
(mc + e S h) OG = mc OGc + e S h OGe
En projetant selon -
e et en introduisant les notations de l'énoncé
Y

OG =

c  + e h2 /
2 (c + e h/)

Comme l'explique le rapport du jury, pour étudier les positions d'équilibre
d'un caisson en rotation autour d'un axe, il est nécessaire de déterminer au
préalable les moments du poids et des forces de pression. Il note également
que l'évaluation des actions mécaniques des forces de pression est ici délicate,
car le caisson peut être totalement ou partiellement immergé.

-
I.A.2 Le poids du système {caisson+eau} s'applique en G et son moment Mx ( P )

selon -
ex en O est

-
-- -
 
 -
-

Mx ( P ) = (OG  P ) · -
ex = -OG (c  + e h) g (-
e
Y  ez ) · ex

-
-
En utilisant (-
e
Y  ez ) · ex = cos  et l'expression de OG, il vient

-
1
Mx ( P ) = - g c 2 + e h2 cos 
2
On vérifie que si  = /2 alors le moment en O de la force est nul car, dans
ce cas, le vecteur représentant le poids pointe vers O.
I.A.3 Selon le théorème d'Archimède, la résultante des forces de pression qui
s'exercent sur un système immergé dans un fluide au repos s'identifie à l'opposé
du poids du fluide déplacé appliqué au centre de gravité de ce fluide.
Ici, l'interface entre les fluides 1 et 2 est de masse nulle, ce qui implique 
que
les forces de pression appliquées de part et d'autre de cette interface 
s'équilibrent.
La somme des forces de pression qui s'exercent sur  est alors égale à la somme 
des
forces de pression s'exerçant sur les systèmes constitués respectivement de 
fluide 2
(figure centrale) et de fluide 1 (figure de droite). D'après le théorème 
d'Archimède,
il vient que la somme des forces de pression qui s'exercent sur  est égale
à l'opposé de la somme des poids des deux fluides déplacés.
Comme les poids des deux fluides déplacés s'appliquent aux centres de masse de
ces fluides et que le système est à l'équilibre, la somme des moments des forces
de pression qui s'exercent sur  est égale à l'opposé de la somme des
moments des poids des deux fluides déplacés.

-

I.A.4 D'après la question précédente, le moment MOx (fp ) en O selon -
ex des forces
de pression qui s'exercent sur le caisson est égal à la somme des moments en O

selon -
ex des poids des deux fluides déplacés qui s'appliquent aux centres de masse
respectifs de chacun. Or, l'énoncé néglige la masse de l'air devant celle de 
l'eau.

-
Seul le moment du poids de l'eau déplacée intervient dans l'expression de MOx 
(fp ).
Ce poids s'applique au point F défini sur les schémas suivants.

H

-

ez

air
eau
-
e
Y

2

2

O

F

H

-

ey

air
eau
H
2 sin 

F
H
2 sin 

-
e
Y

-

ez

O

-

ey

Si le caisson est totalement immergé (schéma de gauche), le volume d'eau 
déplacée

-
-
est S  et fp s'applique en F tel que OF = /2 -
e
Y . Il vient

-
 -
- -

MOx (fp ) = (OF  fp ) · 
ex = g e S  cos 
2
Si le caisson est partiellement immergé, le volume d'eau déplacée est S H/sin  
et la

-
-
force f s'applique en F tel que OF = H/ (2 sin ) -
e. On a alors
p

Y

-

- -
 -
MOx (fp ) = (OF  fp ) · 
ex =

H
H
g e S
cos 
2 sin 
sin