X Physique 2 PC 2012

Thème de l'épreuve Étude de quelques phénomènes non linéaires dans les milieux diélectriques
Principaux outils utilisés oscillateurs mécaniques, ondes, diffraction, réflexion totale

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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Énoncé obtenu par reconnaissance optique des caractères


ÉCOLE POLYTECHNIQUE ­ ÉCOLES NORMALES SUPÉRIEURES
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE INDUSTRIELLES

CONCOURS D'ADMISSION 2012

FILIÈRE

PC

COMPOSITION DE PHYSIQUE ­ B ­ (XELC)
(Durée : 4 heures)
L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée pour cette épreuve.
Pour les applications numériques, on se contentera de donner un unique chiffre 
significatif.

Étude de quelques phénomènes non linéaires dans les milieux diélectriques
Nous nous proposons d'étudier quelques comportements de milieux diélectriques 
soumis à un
champ électrique intense. Dans ce contexte, un champ électrique est considéré 
comme intense
lorsque son module atteint une certaine proportion du champ impliqué dans la 
cohésion du milieu.
En première partie, nous établirons un modèle de polarisabilité électronique 
pour un milieu
diélectrique homogène et isotrope (DHI), dans le cadre de la réponse linéaire. 
Une deuxième partie
sera dédiée à l'étude du phénomène de doublement de fréquence (relativement à 
la fréquence
de l'onde électromagnétique excitatrice). Dans une dernière partie, nous 
étudierons l'effet Kerr
optique. Ces trois parties sont indépendantes mais il est conseillé, au moins, 
de lire attentivement
la première partie.
Nous considérerons un milieu diélectrique comme un isolant idéal et donc ne 
comprenant
aucune charge susceptible de se déplacer bien au delà d'une distance atomique. 
Lorsque les barycentres respectifs des charges positives et négatives d'une 
entité polarisable élémentaire (atome,
molécules ou groupe d'atomes) du matériau diélectrique ne coïncident pas, il 
apparaît un dipole
électrique p~. Nous ne considérerons que la polarisation induite par un champ 
électrique.
Données numériques, formulaire et notations.
Charge électrique élémentaire :
Masse de l'électron :
Vitesse de la lumière dans le vide :
Perméabilité magnétique du vide :
Permittivité diélectrique du vide :
2(cos x)2 = 1 + cos(2x)
2 cos x sin(2x) = sin x + sin(3x)
4(cos
x)3 = 3 cos x + cos(3x)
Z x
du
= Argth(x)
1
-
u2
0

e
me
c
µ0
0
2
e
40

1

= 1, 60 × 10-19
= 9, 11 × 10-31
= 3, 00 × 108
= 4 × 10-7
= 8, 85 × 10-12

C
kg
m·s-1
kg·m·C-2
F·m-1

= 2, 31 × 10-28

N·m2

Nous désignons par P~ le vecteur polarisation. Si l'élément de volume  contient 
Np entités
Np
pi  N p~i (N désignera toujours
~
polarisables, de moment dipolaire individuel p~i , alors P~ =

un nombre d'objets par unité de volume) .

Partie I :

Un modèle de susceptibilité électronique en réponse linéaire.

Nous nous intéressons ici à la polarisation qui résulte de la déformation du 
nuage électronique
d'un atome par une onde électromagnétique. Nous considérons un milieu DHI 
contenant N électrons par unité de volume. Ce milieu est soumis à une onde 
électromagnétique, plane progressive
harmonique, de pulsation  et de nombre d'onde k, caractérisée par les champs :
(

~ = E0 cos(t - kx) ~uy
E
~ = B0 cos(t - kx) ~uz
B

;
.

(1)

Les vecteurs unitaires ~ux , ~uy et ~uz forment un trièdre direct. Sur le 
domaine de fréquence considéré, le milieu est supposé non absorbant.
Nous notons ~r le vecteur déplacement du barycentre du nuage électronique, par 
rapport
à celui du noyau (supposé fixe). En supposant un unique électron concerné, ce 
vecteur vérifie
l'équation de la dynamique :
me

d2~r
~ +F
~EM
=F
dt2

(2)

.

~ et F~EM représentent les forces que le nuage électronique subit de la part du 
noyau et de celle
F
de l'onde électromagnétique. Tout effet dissipatif est négligé.
~.
1. Caractérisation de la force d'interaction noyau­nuage F
Modélisons le nuage électronique, associé à l'électron (me , -e) dans son 
mouvement orbital,
par une boule de rayon a et de densité volumique de charge uniforme. Pour k~rk  
a, nous
considérons que le nuage ne se déforme pas lors de son déplacement relatif.
~ . L'écrire sous la forme F
~ = -me  2 ~r.
a) Exprimer alors la force F
0

b) Exprimer
de 0 .

02

en fonction de e, 0 , a et me . Proposer un ordre de grandeur de a puis

c) Exprimer le potentiel W2 (r) duquel dérive F~ .
d) Interpréter 0 dans le cadre de ce modèle.
2. Caractérisation de la force d'interaction onde­nuage F~EM .
a) Rappeler les hypothèses qui président au calcul de cette force 
d'interaction, dans le
cadre classique, et que nous adopterons.
b) Exprimer la force électromagnétique subie par le nuage.
3. Susceptibilité linéaire.
a) Exprimer le déplacement ~r, solution de l'équation (2) pour le régime 
sinusoïdal forcé.
b) Exprimer le vecteur polarisation P~ correspondant.
2

c) La susceptibilité L (linéaire) est, ici, définie par la relation algébrique :
~
P~ = 0 L E
Exprimer L en fonction des grandeurs p2 

.

(3)

p2
N e2
et 0  2 . Esquisser et analyser
me 0
0

son évolution en fonction de .
d) Estimer l'ordre de grandeur de 0 (on pourra, d'abord, l'exprimer en fonction 
de N
et a).
Pour les matériaux entrant dans le cadre de cette modélisation, la permittivité 
relative
statique est de l'ordre de quelques unités. Ceci corrobore-t-il le résultat 
obtenu ?

Définition du cadre d'étude pour les deuxième et troisième parties.
Dans les cristaux, il peut apparaître d'autres entités polarisables que celle 
formée simplement
par un nuage électronique et son noyau. Pour ces entités, les distance, masse 
et charge caractéristiques peuvent s'écarter sensiblement de a, me et e. Nous 
les notons L, m et q. Nous supposons
que ce sont ces entités qui sont à la base des phénomènes nous intéressant. 
Nous notons N leur
N q2
.
nombre par unité de volume et redéfinissons p2 selon l'égalité p2 
m0
Le déplacement de la particule effective de charge q et de masse m, d'une 
entité, est noté ~r.
~ = E(x, t) ~uy , où E(x, t) = E0 cos(t - kx).
Nous limitons notre étude au cas tel que ~r = r ~uy et E
Ce champ est considéré comme uniforme à l'échelle de |r| et à celle de 
l'élément de volume  .
Enfin, nous notons W (r) le potentiel d'interaction entre les deux éléments 
interactifs d'une
entité polarisable.

Partie II :

Effet non linéaire d'ordre deux ­ Doublement de fréquence.

L'optique classique repose sur la linéarité de la réponse du milieu au champ 
électrique. Lorsque
~
kEk atteint une certaine proportion du champ électrique intra­entité 
polarisable, propre au
milieu, celui-ci ne répond plus linéairement. Le vecteur polarisation n'est 
alors plus une fonction
linéaire du champ électrique. Nous aborderons cet effet en apportant des 
corrections au modèle de
polarisation linéaire décrit précédemment et construit sur le potentiel 
d'interaction, harmonique,
1
W2 (r)  m02 r 2 .
2
II.A

Ordres de grandeur.

4. Proposer un ordre de grandeur du champ électrique intra-atomique (noté E  ).
5. Il apparaît que les effets non linéaires deviennent observables pour des 
champs électriques
avoisinant 10-3 E  . Un laser (pulsé), de puissance 10 kW, focalisé sur une 
surface de 100 µm2
permettrait-il d'oberver de tels effets ?

3

II.B

Composantes de la polarisation.

Écrivons le développement W3 (r) du potentiel W (r), limité à l'ordre trois, 
sous la forme :
r
1
W3 (r) = W2 (r)(1 +  ) où W2 (r) = m02 r 2
L
2

(soit W (r) = W3 (r)+o(r 3 )) .

(4)

Le paramètre  est positif et inférieur à l'unité.
6. Un tel potentiel permettrait-il de modéliser l'interaction noyau­nuage pour 
le modèle
adopté à la question (1), mais hors du domaine linéaire ?
7. Écrire le principe fondamental de la dynamique (PFD) appliqué à la particule 
effective
(m, q), soumise à la force d'interaction et à l'action de l'onde 
électromagnétique (on la
supposera placée en x = 0).
8. Nous recherchons une solution r(t) de l'équation précédente sous la forme 
d'un développement en puissances de , limité au premier ordre :
r(t) = a1 cos(t) + {a0 + a2 cos(2t)}

(5)

.

a) Écrire le PFD développé jusqu'au premier ordre par rapport à  (soit, 1 ).
b) En considérant successivement les termes d'ordre 0 et 1 , exprimer a1 puis 
a0 et a2 .
c) Au vu de la forme du potentiel, justifier le signe de a0 .
d) Exprimer la polarisation et l'écrire sous la forme :
P (t) = 0 L E0 cos(t) - 

3 (0 L E0 )2
{1 + H cos(2t)}
4P 

.

(6)

Expliciter L (fonction de ), qui définit la susceptibilité linéaire du milieu, 
le coefficient P  en fonction de N , L et q, et enfin H en fonction de  et 0 .
e) Esquisser l'allure de l'évolution de l'amplitude (P2 ) de la composante 
relative à la
pulsation 2, de la polarisation P , en fonction de . Commenter ce tracé.
f) Miller (1963) écrivit P2 sous la forme :
¶

©

P2 =  2L () L (2) (0 E0 )2

,

(7)

et il établit que le coefficient  variait assez peu d'un matériau à l'autre 
(utilisé dans ce
domaine). Préciser l'intérêt pratique de cette propriété. Sans calcul, indiquer 
comment
accéder à forme de la dépendance de  avec les données du problème. Proposer une
relation plausible.
g) Le milieu est traversé par le faisceau d'un laser (Nd-YAG) de longueur 
d'onde  = 1064
nm (proche infrarouge). Qu'attendons-nous à observer à sa sortie ?

II.C

Intensité de l'onde de fréquence double.

Nous nous proposons de déterminer l'intensité de l'onde, de pulsation 2, à la 
sortie d'un
cristal d'épaisseur b (selon la direction de propagation ~ux ). L'apparition de 
cette onde n'est
4

sensible que si les vitesses de phase des ondes de pulsations  et 2 sont 
identiques (condition
dite d'accord de phase). En pratique, cette condition peut être satisfaite en 
utilisant un cristal
anisotrope. Nous supposerons ici simplement L () = L (2) (ce qui n'est pas en 
accord avec
le résultat de la question (3)).
Considérant maintenant l'ensemble des points du milieu, nous devons restituer 
la dépendance
spatiale, omise à l'échelle de  . La polarisation s'écrira alors P (x, t) = P 
(t - kx).
Pour un milieu polarisable et dans le contexte de notre étude, l'équation de 
propagation du
champ électrique s'écrit :
1 2E
2P
2E
-
=
µ
0
x2
c2 t2
t2

.

(8)

Une solution de l'équation (8), restreinte aux composantes harmoniques  et 2, 
est recherchée
sous la forme :
E(x, t) = E1 (x) cos(t - kx) + E2 (x) sin{2(t - kx)} ,

(9)

avec une polarisation s'écrivant :
P (x, t) = 0 L E(x, t) + 20 DE 2 (x, t) .
Sous l'hypothèse

(10)

d2 Ei
 k2 |Ei |, les amplitudes E1 et E2 vérifient le système d'équations
dx2

différentielles :

dE1

= -K E1 E2

dx

dE

2

= +K E12
dx

avec k =

,
(11)

,

D

r et où K =  et r = 1 + L .
c
c r

9. Exprimer les composantes R1 (x) et R2 (x) des vecteurs de Poynting, 
moyennées sur la
période du fondamental, pour chacune des deux ondes de pulsations  et 2.
10. Établir que le système d'équations (11) est compatible avec la conservation 
de l'énergie
électromagnétique.
Interpréter ce résultat dans le contexte de notre étude.
11. Déterminer l'équation différentielle dont la fonction E2 est solution.
12. Exprimer E2 (b) en fonction de E1 (0)  E0 .
13. Exprimer le rapport R2 (b)/R1 (0) et représenter son évolution en fonction 
de KbE0 . Analyser ce résultat.
14. Calculer l'ordre de grandeur du rapport R2 (b)/R1 (0) pour un cristal 
d'épaisseur b = 0, 5 cm,
éclairé par un laser (pulsé) de puissance 1 MW, de longueur d'onde de 1064 nm 
dans le vide,
et de section de faisceau de 2 mm2 .
Données : r  2, 3 et D  5, 0 × 10-13 m·V-1 .
15. En construisant une longueur caractéristique de variation de la fonction E2 
, vérifier que
l'hypothèse associée au système d'équations (11) est satisfaite (pour les 
données précédentes).
5

Partie III :

Effet non linéaire d'ordre trois ­ Effet Kerr optique.

Nous rappelons que le cadre de cette étude à été défini en préambule des 
parties II et III.
III.A

Effet Kerr.

Les milieux susceptibles de présenter des effets non-linéaires d'ordre trois 
sont constitués d'entités polarisables centrosymétriques. Leur potentiel 
d'interaction W (r) est donc pair. Écrivons
le développement W4 (r) du potentiel W (r), limité à l'ordre quatre, sous la 
forme :
®

W4 (r) = W2 (r) 1 - 

Å ã2 ´

r
L

où W2 (r) =

1
m02 r 2
2

(soit W (r) = W4 (r)+o(r 4 )) . (12)

Le paramètre  est positif et inférieur à l'unité.
16. Écrire le principe fondamental de la dynamique (PFD) appliqué à la 
particule effective
(m, q), soumise à la force d'interaction et à l'action de l'onde 
électromagnétique (la particule
est supposé placée en x = 0).
17. Recherchons des solutions r(t) de l'équation précédente sous la forme d'un 
développement
en puissances du paramètre , limité au premier ordre :
r(t) = a1 cos(t) +  {b1 cos(t) + b3 cos(3t)}

(13)

.

En s'inspirant de la démarche adoptée à la partie II, déterminer les 
expressions de a1 puis
de b1 et b3 .
18. Limitons-nous dès à présent au terme de pulsation  de la réponse du milieu.
Établir que la composante, de pulsation , de la polarisation s'exprime :
P (x, t) = 0 L (1 + ) E(x, t)

où  =

3 02
2 02 -  2

ß

0 L E0
N qL

TM2

.

(14)

Cette relation définit la susceptibilité   L (1 + ) correspondante du milieu, 
ainsi que
sa susceptibilité linéaire L que l'on explicitera.
La dépendance  = (E02 ) caractérise l'effet Kerr.
19. L'indice optique n est défini par l'égalité n2 = 1 + . En supposant, a 
priori, ||  1,
n - nL
exprimer l'écart relatif d'indice  
, où nL représente l'indice du milieu en réponse
nL
linéaire.
~ = E0 cos(t - kx) ~uy , traverse ce mi20. Une onde plane, décrite par le champ 
électrique E
lieu. Justifier que  est proportionnel à l'intensité de cette onde, moyennée 
sur sa période
temporelle ( =  I).
21. Pour l'arséniure de gallium, dans l'infra-rouge,   2 × 10-20 m2 · W-1 . 
Vérifier que, même
pour un laser (pulsé) de très forte puissance dont l'intensité lumineuse I peut 
atteindre
109 W · mm-2 , l'hypothèse adoptée à la question (19) reste satisfaite.

6

III.B

Autofocalisation d'un faisceau lumineux.

Nous souhaitons rendre compte, par une approche très simplifiée, du phénomène 
d'autofocalisation d'un faisceau laser dans un milieu diélectrique. Un laser 
émet une onde monochromatique,
de longueur d'onde dans le vide   0, 7 µm, qui traverse le diélectrique selon 
~ux . L'amplitude
du champ électrique décroît du centre du faisceau vers l'extérieur. Pour 
modéliser grossièrement
cette dépendance du champ selon une direction orthogonale à la direction de 
propagation ~ux ,
~ = E(z) cos(t - kx) ~uy , d'amplitude E(z)
nous adoptons un champ électrique de la forme : E
s'écrivant :
(

E(z) = E0
E(z) = 0

pour
pour

(où z0  10 µm et E0  109 V·m-1 ) ;
.

|z|  z0
|z| > z0

(15)

En accord avec la partie précédente, nous écrivons l'indice du milieu sous la 
forme :
n(z) = nL

Ç

E(z)2
1+
2n2L

å

,

où   10-22 m2 ·V-2 et nL  1, 5

.

(16)

22. En considérant que l'on peut faire l'analogie avec la diffraction par une 
fente, exprimer
alors la divergence angulaire d du faisceau, en fonction de , z0 et 
accessoirement nL (se
reporter à la figure (1)). Estimer d .

z
d
y

2z0

x
d

Fig. 1: Diffraction du faisceau.
23. Déterminer l'angle limite  au dessous duquel la réflexion des rayons, 
formant le faisceau,
est totale (se reporter à la figure (2)).
nL

n

z
y
x

Fig. 2: Autofocalisation du faisceau ­ Rayon(s) réfléchi et/ou réfracté.
24. Déterminer la valeur critique Ec du champ pour laquelle la divergence du 
faisceau est
contrebalancée par l'effet Kerr. Donner un ordre de grandeur de Ec .
25. Décrire les situations pour E0 > Ec et E0 < Ec .

7

Extrait du corrigé obtenu par reconnaissance optique des caractères



X Physique B PC 2012 -- Corrigé
Ce corrigé est proposé par Rémy Hervé (Professeur en CPGE) ; il a été relu par
Clélia De Mulatier (ENS Cachan) et Stéphane Ravier (Professeur en CPGE).

Ce sujet en trois parties aborde la réponse diélectrique des matériaux au 
passage
d'une onde électromagnétique dans les domaines linéaire et non linéaire, ainsi 
que les
applications associées.
· La première partie est consacrée à la réponse linéaire. Elle s'appuie sur la
réponse mécanique du nuage électronique au passage d'une onde électromagnétique 
harmonique, en faisant appel à la construction du vecteur polarisation
à partir du moment dipolaire induit. Restant relativement proche des grandes
notions vues en cours sur les milieux, la difficulté de cette partie repose 
essentiellement sur sa concision. En particulier, dès la première question, il 
est
demandé de reconstruire le modèle de la réponse élastique du nuage électronique 
à un champ électrique, sans autre hypothèse qu'une description sommaire
de la forme de la distribution de charge.
· La partie centrale constitue véritablement le coeur du sujet. Elle s'appuie 
sur le
modèle de la première partie pour y introduire une non linéarité de deuxième
ordre et met en place les outils et la démarche à réutiliser dans la dernière
partie. Parfois un peu technique dans les calculs, l'énoncé choisit toutefois de
faire l'impasse sur les plus grosses difficultés pour se concentrer sur 
l'interprétation physique des résultats. C'est donc avant tout d'une bonne 
compréhension
de la dynamique de l'interaction matière-rayonnement qu'il faut faire preuve.
À noter que la dernière sous-partie aborde l'intéressante question de la 
production d'un faisceau de fréquence double dans certains cristaux non 
linéaires.
· La dernière partie s'intéresse à la première non linéarité observable dans les
cristaux centro-symétriques. Elle est très semblable à la précédente, en moins
détaillé ; l'application à l'étude de l'autofocalisation requiert une bonne 
compréhension des phénomènes de diffraction et de réflexion totale.
Relativement court, ce sujet exige de ne pas se laisser perturber par des 
calculs
souvent lourds, à défaut d'être vraiment compliqués, pour ne pas perdre de vue 
la
physique mise en jeu. C'est d'ailleurs une des raisons de sa difficulté. Les 
calculs restent rares et ne sont pas mis en avant ; en revanche, la maîtrise 
des concepts physiques
et la capacité à utiliser des raisonnements abordés dans d'autres situations 
sont très
développés. Seuls ceux qui ont du recul sur le programme peuvent espérer tirer 
leur
épingle du jeu sur une telle épreuve. Il faut également noter que la 
connaissance des
propriétés énergétiques des ondes électromagnétiques est indispensable pour 
répondre
à de nombreuses questions.

Indications
Partie I
1.a Commencer par déterminer l'action du nuage électronique sur le noyau.
1.d La force obtenue est une force de rappel élastique (identique à celle d'un 
ressort).
2.a Il faut une hypothèse « non relativiste » et une hypothèse permettant de 
supposer
que le champ incident est uniforme à l'échelle de l'atome.
2.b À l'aide des hypothèses précédentes, il faut réduire l'action du champ 
électromagnétique à la seule force du champ électrique au centre de l'atome.
3.d Dans un milieu condensé (liquide, solide), N  a-3 .
Partie II
5 La puissance surfacique transportée par une onde plane harmonique 
monochromatique est de l'ordre de 0 c E0 2 .
8.b Pour être vraie à tout instant, l'équation de l'ordre un en  conduit à deux
nouvelles équations.
8.c Il faut exploiter l'asymétrie du potentiel.
8.f Faire une analyse dimensionnelle.
10 Montrer que E1 2 + E2 2 est constant.
11 Utiliser la grandeur conservée précédente pour obtenir une équation 
différentielle
non linéaire sur E2 .
12 Faire apparaître la forme intégrale donnée en introduction.
Partie III
18 Raisonner en x = 0. Exprimer  d'abord en fonction de a1 et b1 .
21 On peut considérer que l'indice d'un milieu condensé est au moins de 1,1.
22 La diffraction d'une onde plane par une fente de largeur d conduit à un 
faisceau
conique d'ouverture
=

nd

Étude de quelques phénomènes non linéaires
dans les milieux diélectriques
I. Un modèle de susceptibilité électronique
en réponse linéaire
1.a Soit O le barycentre du noyau et G celui du nuage électronique. Plutôt que 
la
force exercée par le noyau sur le nuage électronique, cherchons dans un premier 
temps

-
la force - F exercée par le nuage électronique sur le noyau. Le nuage 
électronique
étant supposé être une boule de rayon a uniformément chargée de charge totale 
-e,
sa charge volumique est
3e
=-
4  a3
-

Cette distribution est à géométrie sphérique. Le champ Ee créé par le nuage 
électronique est donc radial et ne dépend que de r, la distance à G :
--
-

GM

Ee (M) = E(r) -
er = E(GM)
GM
Soit une surface de Gauss sphérique de rayon r < a et concentrique avec le 
nuage.
Le flux du champ électrique au travers de cette surface est
-

[Ee ] = 4 r2 Ee (r)
Tandis que la charge enfermée par la surface de Gauss est
4
Qint =  r3 
3
Par conséquent, d'après le théorème de Gauss, le nuage électronique crée, en un
point M voisin de G, le champ
--
-

 --
e
Ee (M) =
GM = -
GM
3
3 0
4 0 a
Le nuage électronique portant la charge -e, le noyau doit porter la charge +e 
pour
que l'atome soit neutre. Il en résulte l'action du nuage électronique sur le 
noyau

-
-
 --
-
 
--

- F = e E (GO) = e E (--
r)
avec -
r = OG
e

et donc

e

-

F =-

e2

-
r
4 0 a3

Si on veut déterminer directement la force exercée par le noyau sur le nuage
électronique, il faut écrire l'intégrale des forces élémentaires exercées sur
chaque point du nuage. On obtient alors une intégrale complexe impossible à
intégrer sans faire appel au théorème de Green-Ostrogradsky, ce qui revient
à déterminer le champ électrique créé par le nuage électronique.
1.b En comparant l'expression proposée à celle obtenue, il vient
0 2 =

e2
4 0 a3 me

On peut prendre a de l'ordre de la taille d'un atome, soit un angström :
0  1016 rad.s-1

-
1.c F est une force de rappel élastique de constante de raideur me 0 2 . Elle 
dérive
donc du potentiel
W2 (r) =

1
me  0 2 r 2
2

On peut noter que ce résultat est donné en introduction de la partie II.
1.d La force d'interaction étant une force de rappel élastique, 0 est la 
pulsation
d'oscillation libre du dipôle : si le barycentre du nuage électronique est 
initialement
écarté de celui du noyau et qu'on laisse ensuite le système évoluer librement, 
le point
G oscille autour de O à la pulsation 0 .
2.a On suppose que la vitesse de déplacement de l'électron est faible devant la
vitesse de la lumière (mouvement non relativiste). On suppose également que la
longueur d'onde de l'onde incidente est grande devant la taille de l'atome, donc
grande devant a.
Cette seconde hypothèse, très pratique puisqu'elle permet de considérer que
le nuage électronique voit un champ incident uniforme, revient à supposer
l'absence de comportement corpusculaire de la lumière. C'est une hypothèse
« non quantique ».
2.b Comme la longueur d'onde de l'onde électromagnétique est grande devant la
taille de l'atome, soit a, l'électron perçoit un champ extérieur uniforme égal 
à celui
au centre de l'atome (soit en O). Par conséquent, le nuage subit la force de 
Lorentz

-

-

-

F EM = -e E (O, t) - e -
v  B (O, t)

où -
v est le vecteur vitesse de l'électron. Toutefois, sachant que dans une onde 
électromagnétique le champ magnétique a une amplitude de l'ordre de E0 /c, le 
second
terme est de l'ordre de
v
car, par hypothèse, v  c.
e E0  e E0
c
On peut ainsi négliger le second terme et écrire (en prenant xO = 0) :
-

-

F EM = -e E (O, t) = -e E0 cos(t) -
u
y
3.a L'équation (2) conduit à

e -
d2 -
r

+ 0 2 -
r =-
E
dt2
me
Recherchons une solution harmonique en régime sinusoïdal forcé à la pulsation ,
soit une solution vérifiant

d2 -
r

= - 2 -
r
dt2
Il vient immédiatement

-

r =-

0

2

1
e -
E
2
-  me