Mines Maths 1 PC 2014

Thème de l'épreuve Somme de projecteurs
Principaux outils utilisés algèbre linéaire, projecteurs, trace, matrices par blocs

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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A 2014 MATH I PC

ÉCOLE DES PONTS PARISTECH.

SUPAERO (ISAE), ENSTA PARISTECH,
TELECOM PARISTECH, MINES PARISTECH
MINES DE SAINT ETIENNE, MINES DE NANCY,
TELECOM BRETAGNE, ENSAE PARISTECH (Filière MP).
ÉCOLE POLYTECHNIQUE (Filière TSI).

CONCOURS 2014

PREMIÈRE ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES

Filière PC

(Durée de l'épreuve : trois heures)
L'usage d'ordinateur ou de calculatrice est interdit.

Sujet mis à la disposition des concours :
Cycle international, ENSTIM, TELECOM INT, TPE-ENR

Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page dela copie :

MATHÉMATIQUES I - PC

L'énoncé de cette épreuve comporte 5 pages de texte.

Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur 
d'énoncé,
il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons 
des initia-
tives qu'il est amené à prendre.

Somme de projecteurs

Notations

On note N l'ensemble des entiers naturels, R l'ensemble des réels et ./%n 
l'ensemble
des matrices n >< n à coefficients réels.

Dans tout le problème, X est un espace vectoriel de dimension n 2 2 sur le
corps des réels et T un endomorphisme non nul de X .

Soit 9% une base de X , on note T93 la matrice représentant T dans cette base.
On note N (T) le noyau de T et R(T) l'image de T
On dit que T est une homothétie si c'est un multiple scalaire de l'identité.

On appelle projecteur un endomorphisme P de X idempotent, c'est-à-dire tel que
P2 =P

On note 1 l'endomorphisme identité de X , lin la matrice identité de ./%n et O 
la
matrice nulle.

1 Traces et projecteurs

Si A EUR.//Z... on appelle trace de A le nombre réel suivant :

Tl
ÏÏA : Z aii.
i=1

Question 1 Soient A et B EUR.//Z... montrer que tr AB = tr BA.

Question 2 Montrer que la trace de la matrice T93 associée à T est indépendante 
de la
base 9%.

On appelle trace de T, notée tr T, la valeur commune des traces des matrices 
repré-
sentant T. On dit que la trace est un invariant de similitude.

Soit P un projecteur de X .

Question 3 Démontrer que X = R (P) 69 N (P).
Question 4 En déduire que rg P= tr P.

On pose P' =I--P.

Question 5 Montrer que R (P') = N (P) et que R (P) = N (P') .

Question 6 Démontrer que la dimension de la somme de deux sons--espaces F et G 
de X
est inférieure ou égale à la somme de leurs dimensions.

Question 7 Montrer que si l'endomorphisme S est une somme finie de projecteurs 
F,,
i = 1,...,m, alors trSEUR N et trSZ rgS.

2 Projecteurs de rang 1

On suppose dans cette partie que le rang du projecteur P est égal à 1.

Question 8 Démontrer qu'il existe ,a E R tel que PTP= ,uP.

Soit (6 = {f1, f2, . . . , fn} une base de X adaptée à la décomposition

X=R(P)OEN(P).

Question 9 Montrer que dans la base (6 la matrice représentant T s'écrit

(1)

où ,a est le nombre réel dont l'existence découle de la question 8, et B 
E.//tn_1.

Question 10 Montrer que si P'TP' n'est pas proportionnel à P', alors 18, défini 
en (1),
n'est pas la matrice d'une homothétie. On rappelle que P' =I--P.

3 Endomorphismes différents d'une homothétie

On suppose dans cette partie que l'endomorphisme T n'est pas une homothétie.

Question 11 Démontrer qu'il existe un vecteur x E X tel que x et Tx ne soient 
pas liés
(c'est-à-dire ne soient pas colinéaires).

Question 12 Montrer qu'il existe une base 9% = {e1, e2, . . . , en} dans 
laquelle la matrice
'11' 93 est de la forme suivante :

,_\

T93 : 0 Où A EURÆn_1.

Question 13 En déduire que si tr T= 0, il existe une base 9ä' dans laquelle la 
diagonale
de '1I'93/ est nulle.

Soit t,, i = 1, . . . , n une suite de n nombres réels vérifiant tr T= ZÏ=1 ti.

Question 14 En dimension n = 2, démontrer qu'il existe une base 9%" dans 
laquelle *1I'93"
ait pour éléments diagonaux les t,, i = 1, 2.

Soit t E R, on admettra qu'en dimension n 2 3, il existe un projecteur L de X de
rang 1, tel que d'une part LTL= tL et d'autre part L'TL' ne soit pas 
proportionnel à
L' =I--L.

Question 15 En dimension n 2 3, à l'aide des questions 9 et 10 démontrer qu'il 
existe
une base (6 dans laquelle la matrice représentant T s'écrit

t1|><><

T.EUR = >< B où B n'est pas une homothétie.
><

Question 16 En dimension n 2 3, démontrer par récurrence qu'il existe une base 
9%"
dans laquelle T9," ait pour éléments diagonaux les t,, i = 1, . . . , n.

4 Décomposition en somme de projecteurs

On suppose désormais que T est un endomorphisme de X vérifiant tr TE N et tr TZ
rgT. On pose ,o = rgT et 6 = trT.

Question 17 Montrer qu'il existe une base 9% dans laquelle T 93 est de la forme 
suivante :
'1I'1 @
'1I'2 @ '

où T1 est une matrice de taille p >< p.

Supposons tout d'abord que '1I'1 ne soit pas la matrice d'une homothétie

Question 18 A l'aide de la question 16 montrer qu'il existe une base 9ä' dans 
laquelle

_ t1 >< _
>< @
E -. t . _ _
'1I'93, = _ P ou les t,, 1 = 1, ,o sont des entiers non nuls.
5 ©
_ >< _

Question 19 En déduire que T est la somme d'un nombre fini de projecteurs.

On suppose maintenant que T1 est la matrice d'une homothétie.

Question 20 Démontrer que là encore, T est la somme d'un nombre fini de 
projecteurs.

Fin de l'épreuve

Extrait du corrigé obtenu par reconnaissance optique des caractères



Mines Maths 1 PC 2014 -- Corrigé
Ce corrigé est proposé par François Lê (ENS Lyon) ; il a été relu par Tristan
Poullaouec (Professeur en CPGE) et Guillaume Batog (Professeur en CPGE).

Le sujet porte sur les endomorphismes d'un espace vectoriel de dimension finie
(au moins 2) qui peuvent s'écrire comme une somme finie de projecteurs. Plus 
précisément, on montre que ce sont les endomorphismes à trace entière et 
supérieure à
leur rang.
· La première partie demande de retrouver des résultats de cours sur les 
projecteurs et la trace. En particulier, le but de la question 4 est de montrer 
que trace
et rang d'un projecteur sont égaux. La partie se termine par la preuve que si
un endomorphisme est une somme de projecteurs, alors sa trace est entière et
supérieure à son rang.
· Dans la courte deuxième partie, on étudie la matrice d'un endomorphisme 
quelconque dans une base particulière associée à un projecteur de rang 1.
· La troisième partie est plus technique. On y prouve que si un endomorphisme T
n'est pas une homothétie et si t1 , . . . , tn sont des réels dont la somme est 
égale
à la trace de T, il existe une base dans laquelle la matrice de T a pour 
éléments
diagonaux les réels t1 , . . . , tn .
· Enfin, la quatrième partie s'attache à montrer que si un endomorphisme est
à trace entière et supérieure à son rang, c'est une somme finie de projecteurs.
On utilise notamment les résultats de la troisième partie.
Le sujet mélange des questions de cours (numéros 1, 2, 3 et 5) et des questions
« classiques » (numéros 4, 11 et 13). Il faut rester vigilant et bien rédiger 
le tout.
Remarquons que les notations utilisées dans le sujet sont inhabituelles : N(T) 
pour
le noyau d'un endomorphisme T, R(T) pour son image, TB pour sa matrice dans
une base B. Elles peuvent déstabiliser, mais le correcteur s'attend à ce que 
vous les
employiez.

Indications
Partie 1
4 Utiliser une base de X adaptée à la décomposition obtenue à la question 3 et
chercher la matrice de P dans cette base.
6 Chercher une famille génératrice de F + G à partir d'une base de F et d'une 
base
de G.
7 Pour l'inégalité Tr S > rg S, commencer par montrer, grâce au résultat de la 
question 6, que si U et V sont des endomorphismes de X, alors rg (U+V) 6 rg 
U+rg V.
Procéder ensuite par récurrence sur m en écrivant, pour l'étape d'hérédité,
S = (P1 + P2 + · · · + Pm-1 ) + Pm
afin d'appliquer à S l'inégalité sur le rang d'une somme.
Partie 2
8 Travailler matriciellement dans une base adaptée à la décomposition en somme
directe X = R(P)  N(P).
10 Montrer la contraposée en calculant la matrice de P TP dans la base C obtenue
à la question 9.
Partie 3
11 Raisonner par l'absurde en supposant que pour tout x  X, la famille (x, Tx)
est liée. Commencer par montrer que cela implique que pour tout x, Tx est
proportionnel à x. Démontrer ensuite que les coefficients de proportionnalité 
ainsi
introduits sont tous égaux.
13 Procéder par récurrence sur n en utilisant la question 12 lors de l'hérédité.
14 Choisir une base B construite comme à la question 12 pour l'endomorphisme T 
et
considérer les endomorphismes U et T définis par UB = Diag(t1 , t2 ) et T = T-U.
Appliquer ensuite le résultat de la question 13 à T .
16 Bien que l'énoncé laisse entendre que la récurrence est à initialiser à n = 
3,
on peut avantageusement la faire commencer à n = 2, ce cas étant celui traité à
la question 14.
Partie 4
18 Commencer par trouver des entiers (positifs) t1 , . . . , t de somme Tr T 
afin de
pouvoir appliquer les résultats des questions 14 et 16 à l'endomorphisme dont la
matrice dans la base B de la question 17 est T1 . Le fait de choisir des ti 
positifs
sera utile pour la question suivante.
19 Décomposer la matrice obtenue à la question 18 en une somme de matrices
de projecteurs. On pourra avantageusement interpréter chacun des ti comme la
somme 1 + · · · + 1 (ti fois).
20 Se ramener au cas précédent en retranchant à T le projecteur dont la matrice
dans la base B  construite à la question 18 est Diag(1, 0, . . . , 0).

Signalons que l'utilisation par l'énoncé d'accolades pour désigner des familles
de vecteurs est sujette à discussion, puisque de telles familles ne sont pas des
ensembles. Pour cette raison, nous utiliserons dans ce corrigé des parenthèses
en lieu et place des accolades de l'énoncé.

1. Traces et projecteurs
1 Notons A = (aij )16i,j6n et B = (bij )16i,j6n . Pour calculer la trace de AB 
et celle
de BA, commençons par calculer leurs éléments diagonaux. Avec la formule donnant
les termes d'une matrice produit, on a, pour tout i  [[ 1 ; n ]],
(AB)ii =

n
P

et

aik bki

(BA)ii =

k=1

Par conséquent,

n
P

bik aki .

k=1

Tr (AB) =

n
P

(AB)ii =

i=1

n P
n
P

aik bki

i=1k=1

Cette somme double étant finie, on peut intervertir l'ordre de sommation, de 
sorte
que
Tr (AB) =

n P
n
P

k=1i=1

soit

aik bki =

n
P

(BA)kk

k=1

Tr (AB) = Tr (BA)

2 Soient B et B  deux bases de X et Q = MatB B  la matrice de passage de B
à B  : on sait que TB = QTB Q-1 . En utilisant le résultat de la question 1, il 
vient
Tr (TB ) =
=
=
=
Tr (TB ) =
Ainsi,

Tr (QTB Q-1 )
Tr ((QTB )Q-1 )
Tr (Q-1 (QTB ))
Tr (Q-1 QTB )
Tr (TB )

La trace de TB est indépendante de la base B.

On prendra garde à ne pas faire dire au résultat de la question 1 ce qu'il
ne dit pas : de façon générale, si A, B et C sont trois matrices, alors
Tr (ABC) prend des valeurs différentes par permutation de A, B, C : par
exemple, Tr (ABC) 6= Tr (ACB) en général. Il faut donc bien grouper les
matrices avant d'utiliser la propriété Tr (AB) = Tr (BA).
3 On peut par exemple montrer que R(P)  N(P) = {0} et vérifier que l'égalité de
dimensions dim X = dim R(P) + dim N(P) est vraie.
· Soit x  R(P)N(P). Comme x  R(P), il existe   X tel que x = P(). Alors,
puisque x  N(P), on a P(x) = 0 = P2 (). Or, P2 = P car P est un projecteur :
ainsi, 0 = P2 () = P(), d'où x = 0. Cela montre que R(P)  N(P)  {0}.
Réciproquement, on a bien 0  R(P)  N(P). Ainsi, R(P)  N(P) = {0}.

· D'après la formule du rang, dim X = dim N(P) + rg P = dim N(P) + dim R(P).
En conclusion,

X = R(P)  N(P)

Une autre façon de faire est de montrer que R(P)  N(P) = {0} et
que X = R(P) + N(P). Pour cette dernière égalité, il est aisé de vérifier
que si x  X, il se décompose selon cette somme en x = P(x) + (x - P(x)).
En effet, P(x)  R(P) par définition de l'image de P et x - P(x)  N(P)
car P(x - P(x)) = P(x) - P2 (x) = P(x) - P(x) = 0.

4 Déterminons la matrice de P dans une base adaptée à la décomposition en somme
directe obtenue à la question précédente afin de calculer la trace de P.
Soient (e1 , . . . , er ) une base de R(P) et (er+1 , . . . , en ) une base de 
N(P).
La famille B = (e1 , . . . , er , er+1 , . . . , en ) est une base de X car X = 
R(P)  N(P).
Pour trouver la matrice de P dans cette base, décomposons sur celle-ci chacun 
des
vecteurs P(ei ), pour tout i  [[ 1 ; n ]]. Si i  [[ r + 1 ; n ]], alors ei  
N(P) et il vient
immédiatement P(ei ) = 0. Si maintenant i  [[ 1 ; r ]], alors ei  R(P) : il 
existe fi
appartenant à X tel que ei = P(fi ). Dans ce cas, P(ei ) = P2 (fi ) = P(fi ) 
puisque P
est un projecteur. Ainsi, P(ei ) = ei lorsque i  [[ 1 ; r ]]. La matrice de P 
dans la
base B est donc la suivante :
e1
e2
..
.
er
er+1
..
.
en

P(e1 )
P(er ) P(er+1 )

0 ···
1 0 ··· 0
 0 1
0
0 ···

 ..
.
..
.
. . ..
 .
.

 0 ··· 0 1
0
···

 0 ··· ··· 0
0
···

 .
.
.
..
..
 ..
0 ···
0 ··· ··· 0

P(en )

··· 0
··· 0 

..  
Ir
. 
=

O
··· 0 

··· 0 
.. 
. 

O
O

··· 0

D'après la question 2, la trace de P est égale à la trace de la matrice 
précédente,
donc Tr P = Tr Ir = r. Autrement dit,
Tr P = rg P
5 Traitons d'abord la première égalité proposée, en procédant par double 
inclusion.
Soit d'abord x  R(P ) : il existe   X tel que x = P (). En se souvenant que
P2 = P, on obtient
P(x) = P(P ()) = P( - P()) = P() - P() = 0
Ainsi, x  N(P) pour tout x  R(P ), ce qui signifie que R(P )  N(P).
Réciproquement, soit x  N(P). Par définition même de P , on a P (x) = x-P(x).
Or P(x) = 0, ce qui entraîne que x = P (x). Par conséquent x  R(P ) pour
tout x  N(P). Autrement dit, N(P)  R(P ) et finalement
R(P ) = N(P)