Centrale Chimie PC 2003

Thème de l'épreuve Synthèse de la nootkanone. Chimie de l'iode.
Principaux outils utilisés orbitales frontières, diagrammes potentiel-pH, RMN, courbes intensité-potentiel, chimie organique
Mots clefs rMN

Corrigé

(c'est payant, sauf le début): - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

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Qn_ OE@=E ...=>=IQ ä>=mñw

mËN omËQ:OE .. OEOEËOEQ oeÈoËoü

Partie I - Synthèse organique

Cette partie porte sur la structure et la synthèse de la
Nootkatone, sesquiterpène de formule ci-contre : \

Ce composé fut isolé pour la première fois du bois de

cèdre d'Alaska puis plus tard de la pulpe de pample-

mousse et d'autres agrumes. Sa structure a été déter-- O

minée en 1965 et sa synthèse totale a dès lors été l'objet de nombreuses
recherches en raison de son utilisation dans l'industrie des parfums. La
rétrosynthèse est la suivante :

la notation :? signifie « issu de »

LA - Préparation du précurseur 1 : la pent-3-én-2-one
l.A.1) Aldolisation de l'éthanal

On fait réagir à 200 C de l'éthanal en présence de soude diluée. On obtient 
après
réaction le 3 -hydroxybutanal. Donner la formule topologique du produit formé
et le mécanisme de sa formation.

I.A.2) Condensation croisée

a) Dans les mêmes conditions opératoires, un mélange d'éthanal et de propa-
none peut conduire à plusieurs produits, combien ?

Avec une méthode différente, la réaction conduit majoritairement à un produit
A de formule brute C5H...OZ.

Le spectre RMN de A présente l'allure suivante (table fournie en annexe) :
- doublet pour 3 H à 1,2 ppm ; singulet pour 8 H à 2,2 ppm ;

- doublet pour 2 H à 2,4 ppm ; singulet pour 1 H à 2,6 ppm ;

- multiplet pour 1 H autour de 4 ppm.

b) Interpréter le spectre RMN et donner la structure et le nom de A ., Quelle 
est
la multiplicité du signal situé autour de 4 ppm '?

c) Préciser les conditions opératoires permettant d'obtenir A.

I.A.3) Obtention de la pent-3-én-2-one

Préciser les conditions opératoires les plus favorables permettant de passer de
A à la pent-3--én-2-one. Quel est le nom de cette transformation ?

I.B - Préparation du précurseur 3
1.8.1) Addition de Michaël

En présence d'une solution d'éthanolate de sodium CN
dans l'éthanol, le malonate de diéthyle (ou propa- EtO2C

nedioate de diéthyle, noté B) réagit sur l'acryloni-

trile (ou propènenitrile, noté C) pour conduire au

composé D de formule ci--contre : EtOzc D CN
a) Donner la formule du mono-anion formé par 3 2 1

action de l'éthanolate de sodium sur B. Justifier le : N

caractère acide du malonate de diéthyle B . 4 C

b) En vous aidant du modèle de la mésomérie, mon--

trer que C présente deux sites électrophiles. Quel est le nombre d'électrons
délocalisés sur cette molécule '?

c) Proposer un mécanisme de formation de D et justifier le fait qu'une quantité
catalytique d'éthanolate de sodium suffit.

d) On suppose que la réaction est régie par un contrôle frontalier. On donne les
caractéristiques des orbitales moléculaires (O.M.) rc de C (Ci représente le 
coef--
ficient de l'orbitale atomique relative à l'atome i dans l'OM. considérée)

Énergiedel'0.M.n d+l,7B d+0,8|3 d--O,SB d--1,6B
61 0,50 0,63 0,52 0,29
62 0,60 0,20 --0,50 --0,59
C3 0, 54 ----O, 47 --0, 29 O, 64

c4 0,31 --0,58 0,63 --0,41

i) Préciser la HO (plus haute orbitale occupée) et la BV (plus basse orbitale
vacante) de C. Selon l'approximation des orbitales frontières, quelle est 
l'orbi-
tale de C qui joue un rôle privilégié lors de la formation de D ? Justifier.

ii) Dans l'hypothèse du contrôle orbitalaire, préciser la régiosélectivité lors 
de
la réaction de C . Est--elle conforme au résultat expérimental '?

I.B.2) Hydrolÿse exhaustive de D

L'hydrolyse en milieu basique de D conduit, après passage en milieu acide, au
composé E de formule brute (19H1208 .

a) Donner la formule topologique de E .
b) Rappeler le mécanisme de saponification de la fonction ester.
I.B.8) Décarboxylation de E

Le chauffage de E permet de réaliser une monodécarboxylation conduisant à F.
Expliquer pourquoi les fonctions acides carboxyliques de E n'ont pas toutes la
même réactivité vis-à--vis de la décarboxylation. En déduire la structure de F.

1.8.4) Cyclisation de la chaîne carbonée

L'estérification exhaustive de F par le méthanol conduit a 0
G. Placé en présence d'une solution de méthanolate de

sodium dans le méthanol, G évolue, entre autre, vers le . C02Me

composé cyclique H (H est le précurseur 3) :

Proposer un mécanisme de passage de G à H .

I.C - Passage du précurseur 3 au précurseur 2 C02 Me
I.C.l) Méthylation de H

H placé en milieu basique est opposé à l'iodométhane, ce qui

permet d'obtenir I .
a) Donner un exemple de base utilisable pour cette réaction .

en justifiant soigneusement la réponse.
b) Justifier la régiosélectivité de la méthylation.
I.C.2) Protection de fonction

1 est ensuite transformé en J (figure ci-contre). La protec- O

tion de la fonction cétone de J sous forme d'acétal avec

l'éthane- ], 2 --diol échoue partiellement. En revanche,

l'action de l'éthane- ], 2 --dithiol (analogue soufré de l'éthane- J
1, 2 --diol ) conduisant au thioacétal K permet une protection

efficace. CO H
a) Quelle est la réaction compétitive à la formation de 2

l'acétal ?

b) Proposer une structure pour K .

I.C.3) Fonctionnalisation de la chaîne latérale

a) On souhaite transformer la fonction acide carboxylique de K en une cétone
méthylée pour obtenir le composé L .

En notant K sous la forme RCOOH , il s'agit () 0
donc d'effectuer la transformation ci-contre : R--< ------> R--<
Alors que l'iodure de méthylmagnésium ne K OH L
permet pas de réaliser cette transformation,

l'action de deux équivalents de méthyllithium suivie d'une hydrolyse en milieu
acide (MeLi plus réactif que MeMgl ) est couronnée de succès.

i) Quelles réactions se produisent entre la fonction acide carboxylique et le
méthyllithium ? (on appelle K ' le produit obtenu)

ii) Proposer un mécanisme pour le passage de K' à L en milieu acide.

b) Proposer une méthode permettant de passer de L à M de formule
ci-contre : R %

L'action d'une solution de dichloromercure (II) dans le méthanol per-- M
met de déprotéger la fonction cétone et d'obtenir 2 (voir début d'énoncé).

I.D - Obtention de la Nootkatone : annellation de Robinson

La réaction de 2 avec la (E) -pent-3-én-2-one (précurseur 1) en présence
d'hydrure de sodium (NaH) conduit à la Nootkatone recherchée. Sachant que
l'hydrure de sodium joue le rôle de base, proposer un mécanisme pour la réaction
de 2 avec la (E) -pent-8-én-2-one.

I.E - Étude structurale |

I.E.1) Préciser, en justifiant la réponse, le nombre /,4"X

de stéréoisomères possibles de la Nootkatone.

I.E.2) Le seul stéréoisomère possédant les proprié- O
tés odorantes est le suivant :

Quelle est la configuration des atomes de carbone asymétriques de ce
stéréoisomère ?

I.E.3) Sachant que le substituant isoprényle se trouve en l

position équatoriale, donner une représentation de la confor- ,\
. . \ . ; ' \

mation chaise correspondant a la structure c1-contre. '

En déduire une représentation perspective de la Nootka-
tone.

Partie II - À propos de l'iode

Dans tout le problème, la température est fixée à 25° C soit 298K

II.A - Étude de la solubilité du diiode

Données pouvant être utiles :

Constante des gaz parfaits R = 8, 31 J -- moÎl - K_'

Masses molaires atomiques en g--moÏ': H = 1,0 ; C = 12,0 ; O = 16, ()

,)
-- 5

Masse volumique en g -- cm à 25°C: eau liq : 1,0

Potentiels standard E° en V à 25°C 1 /1' = 0,62V ; S4Oâ'/S2oâ' = 0,09V

2aq

II.A.1) Étude d'une solution « diluée idéale »

On considère une solution « diluée idéale » formée d'un unique soluté (noté avec
l'indice 2) dans un solvant (noté avec l'indice 1 ). En négligeant la dépendance
en pression, donner l'expression, à une température donnée. °

a) Du potentiel chimique 112 C du solutÛé en fonction de sa concentration 
molaire
c2 et du potentiel chimique standard 112 C défini par référence a l'état du 
soluté
en solution infiniment diluée, dans l'échelle des concentrations molaires.

b) Du potentiel chimique 1122 x du soluté en fonction de sa fraction molaire x2 
et
du potentiel chimique standard u(2',x, .. défini par référence à l'état du 
soluté en
solution infiniment diluée, dans l'échelle des fractions molaires.

c) Du potentiel chimique 111 du solvant en fonction de sa fraction molaire xl et
du potentiel chimique standard ul) défini par référence au corps pur liquide.

II.A.2) Application au diiode

Sachant que la solubilité du diiode dans l'eau pure à 25° C vaut
3 _ 1 36 >< 10_3 mol. L_ ,enq déduire les valeurs des potentiels chimiques 
standard
dans l'eau du diiode u2_aq C met u2_aq x 0.11 pose u °(I2) . = 0.

solzde

II.A.3) Équilibre de partage du diiode entre 2 solvants

On réalise, à 25° C , un équilibre de partage du diiode entre une phase aqueuse
et une phase constituée de tétrachlorométhane CCZ4 non miscible a l'eau.

0 La concentration du diiode dans la phase organique, déterminée par spec-

trophotométrie, est égale à Corg : 7. 40 >< 10--2m01.L_1

° La concentration du diiode dans la phase aqueuse est déterminée par titrage.
On titre 100 0 mL de cette solution aqueuse préalablement séparée de la
phase organique par une solution de thiosulfate de sodium Na 228 O de con-
centration égale a 1, 24 >< 10 2.mol L ;équivalence observée a V-- --- 213 7 mL.

a) Rappeler le protocole expérimental de la détermination d'une concentration
par spectrophotométrie.

b) Comment repère-t--on l'équivalence dans le titrage de la phase aqueuse ?

c) À partir des résultats obtenus, calculer le potentiel chimique standard du
diiode dans CCl4 : u(2'_OÂgoe.

II.A.4) Solubilité du diiode dans CCI4

Calculer la solubilité du diiode dans CC!4 à 250 C .

II.A.5) Solubilité du diiode dans l'eau, en présence d'ions iodure

Pour augmenter la solubilité du diiode dans l'eau, on opère en présence d'un
excès d'ions iodure. Il s'établit alors l'équilibre: 12aq+1' : I% de constante
d'équilibre K0 = 4, 6 >< 102 à 25° C. '

a) Exprimer la solubilité du diiode. Justifier l'augmentation de solubilité.

b) Calculer la valeur de la solubilité du diiode dans une solution contenant àla
préparation 0,5 mol.L--1 en iodure de potassium.

II.B - Étude d'une méthode de titrage des ions sulfure

Potentiels standard E0 en V à 25° C (à pH : O) :

O,/H,O = 1,23 ;13/1" = 0,54 ;IOj,/Ij3 = 1,17 ;S,,Oâ"/S,Oâ' = 0,09

On prendra (RT/F) lnlO : 0,06V à 25° C.

II.B.1) Diagramme E -- pH simplifié du soufre en solution aqueuse

Le diagramme E -- pH du soufre est fourni en annexe. On a pris en compte les
espèces suivantes: S (solide), HSOQl , SOî', HZS, HS', et S'. Il a été tracé
pour une concentration en chacune des espèces dissoutes égale à 10"2 mol.lf1 .

a) Identifier, dans le graphe donné dans l'annexe à rendre avec la copie, 
chacune
des espèces repérées par les lettres A , B , F.

b) Retrouver la pente théorique de la frontière entre les espèces D et F.

c) On ajoute du soufre dans un bécher contenant de l'eau désaérée, puis on
introduit de la soude concentrée. Décrire les phénomènes observés et écrire
l'équation de la réaction observée.

d) On laisse, a l'air libre, pendant plusieurs heures, une solution de H 2S . On
constate alors la présence d'un trouble jaunâtre. Proposer une interprétation.

ll.B.2) Diagramme E -- pH simplifié de l'iode en solution aqueuse
On prendra uniquement en compte les espèces suivantes 13 , I _ et IO'3 .

Tracer ce diagramme E -- pH sur le graphe donné dans l'annexe à rendre avec la

copie, en prenant la convention suivante : sur une frontière la concentration de
\ . / \ _] _1

chaque espece est prise egale a 10 mol.L .

II.B.3) Titrage des ions sulfure
On lit le mode opératoire suivant :

1re étape: dans 20, 0 mL d'une solution de diiode à 0, 10 mol.L"1 dans K] en
excès, on ajoute 20 mL d'hydroxyde de sodium à 2 mol. L_'.

2me étape: on introduit 20 0 mL de la solution de sulfure de sodium Na 2S a
titrer (de concentration approximative 102.m01 L .On chauffe légèrement pen-

dant 10 min , tout en agitant.

3me étape : après avoir refroidi, on acidifie la solution par addition d'acide 
sul-

furique dilué.

4...9 étape : on effectue le titrage par une solution de thiosulfate de sodium a

0, 10 mol.L_l . Le volume versé à l'équivalence est de 22, 4 mL .

a) Interpréter le mode opératoire à l'aide des diagrammes E -- pH et indiquer
les réactions mises en jeu au cours des différentes étapes de ce protocole en 
pré-
cisant les équations-bilans.

b) En déduire la concentration de la solution de sulfure.

II.C - Étude du titrage des ions Sn(ll ) par le diiode, suivi par
potentiomètrie

Potentiels redox standard en V a 25° C :

H+/H2 : () ;Sn4+/Sn2+ : 0,15 (en milieu HCZ) ; 12aq/I' : 0,62 ; 02/H20: 1,23

Dans cette question, pour l'iode au nombre d'oxydation zéro, on ne tiendra
compte que de l'espèce 12 et pas du tout de l'espèce [% .

Les couples H +/H 2 et 12aq/I" sont des systèmes électrochimiques rapides sur
électrode de platine.

Les couples Sn4+/ S n2+ et 02/ H 20 sont des systèmes électrochimiques lents sur
électrode de platine (on donne l'ordre de grandeur des surtensions en valeur
absolue : 0, 1 V ).

II.C.1) Étude de courbes intensité-potentiel

contre

électrode /' électrode

de référence

(ECS)

électrode
de travail

Le montage ci-dessus permet le relevé de courbes intensité-potentiel de systè-
mes électrochimiques ; l'électrode de travail est une électrode de platine. Par
convention, un courant anodique est positif et un courant cathodique est 
négatif.

a) Qu'appelle-t-on système électrochimique rapide ? système électrochimique
lent '? Donner l'allure des courbes i-- E correspondantes.

\

b) Lorsque la solution aqueuse (acidifiée a pH : 0) contient comme espèces
électroactives : HJ", I 12 et Sn4+ (en concentrations comparables), l'allure de 
la
courbe i--E est donnée ci-dessus.

lnterpréter l'allure de cette courbe. On identifiera les réactions électrochimi-
ques mises enjeu.

c) Donner l'allure de la courbe i--E lorsque la solution aqueuse (à
pH : 0) contient comme espèces électroactives: II+,Sn2+,Sn4+ et I" (les con-
centrations des espèces Sn", Sn4+ et I' sont comparables).

d) Même question si la solution (à pH : 0 ) contient : H +, Sn4+ et I ' (les 
concen-
trations des espèces Sn4+ et I' sont comparables).

H.C.2) Titrage suivi par potentiomètrie à courant nul

On veut titrer une solution contenant des ions S n2+ par une solution de diiode.
On utilise la méthode classique de potentiomètrie à intensité nulle, l'électrode
de mesure est en platine. Le pH de la solution est maintenu à 0 .

Notations :

On note c0 : la concentration en Sn2+ , Vo : le volume de cette solution, c : 
la con--
centration de la solution de 12, V : le volume versé, Véq : le volume versé à 
l'équi-
valence. On pose : x : V/Véq .
a) Donner l'allure de la variation du potentiel de l'électrode de, platine au 
cours
du titrage en fonction de x . Calculer la valeur du potentiel pour x = O, 5 .

b) Lorsqu'on effectue ce titrage expérimentalement, on observe que le potentiel
n'est pas stable avant l'équivalence, le relevé des mesures n'est possible
qu'après l'équivalence. Expliquer pourquoi en vous servant des courbes i-- E de
la question II.C.1.

II.C.3) Titrage suivi par potentiomètrie à courant imposé

Pour améliorer le titrage, on fait passer un courant (très faible et constant),
l'électrode de platine jouant le rôle d'anode ; les variations de concentration 
des
différentes espèces tiennent essentiellement à la réaction de titrage, la 
microé-
lectrolyse réalisée ne formant ni ne consommant aucune espèce, car l'intensité
choisie est très faible. Expliquer l'intérêt de cette méthode.

ooo FIN ooo

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Extrait du corrigé obtenu par reconnaissance optique des caractères



Centrale Chimie PC 2003 -- Corrigé
Ce corrigé est proposé par François-Xavier Coudert (ENS Ulm) ; il a été relu par
Sandrine Brice-Profeta (ENS Cachan) et Mickaël Profeta (Professeur agrégé).

Le sujet est divisé en deux parties totalement indépendantes. Il est 
relativement
long, et il ne faut pas trop tarder dans la rédaction de la deuxième partie.
Dans la première partie, on étudie la synthèse d'un composé organique, la 
Nootkatone. L'énoncé nous guide pas à pas dans cette étude qui passe en revue 
une large
part des réactions des dérivés carbonylés. La plupart des questions sont 
indépendantes entre elles, ce qui permet de ne pas rester bloqué. L'accent est 
mis sur la
compréhension des mécanismes et de la stratégie générale de synthèse. On a 
parfois
recours à des données expérimentales (spectre RMN) ou à des arguments théoriques
(théorie des orbitales frontières) afin de mieux comprendre les phénomènes 
impliqués.
Étant axée sur les dérivés carbonylés, cette partie est un outil de travail 
utilisable en
cours d'année, pour réviser ce chapitre.
La seconde partie traite de la chimie de l'iode. Les premières questions portent
sur le potentiel chimique du diiode en solution, et proposent de calculer, à 
partir de
données expérimentales, la solubilité du diiode dans différentes conditions. 
Ensuite,
après avoir établi les diagrammes E-pH du soufre et de l'iode, on les utilise 
pour
analyser un protocole de titrage des ions sulfure en solution aqueuse. Enfin, 
on s'intéresse à une méthode de titrage des ions Sn2+ suivi par potentiométrie 
; on se fonde
pour cela sur quelques considérations générales sur les courbes 
intensité-potentiel.

Indications
Partie I
I.A.2.a Quels énolates peut-on former ? Sur quoi peuvent-ils réagir ?
I.A.2.b Parmi les possibilités évoquées plus haut, réduire le choix grâce à la 
formule
brute. Trancher ensuite avec les données RMN.
I.B.1.b Si, dans une des formes mésomères limites, un atome présente une lacune,
il est électrophile.
I.B.1.c Il s'agit de deux additions (1,4) sur l'acrylonitrile. Le composé 
obtenu est
lui-même une base forte.
I.B.2.a Quelles fonctions présentes subiront l'hydrolyse ? Comparer avec le 
nombre
d'atomes d'oxygène indiqués par la formule brute finale.
I.B.4 Quels anions peut-on former à partir de G ? Il s'agit d'une 
addition-élimination de ce carbanion sur une fonction acide carboxylique.
I.C.1.a Il faut éviter la concurrence d'une transestérification.
I.C.1.b Quel est l'hydrogène le plus acide du composé H ?
I.C.2.a Que peut donner un alcool opposé à J ?
I.C.2.b Le thiol se comporte exactement comme le diol, du point de vue de cette
réaction.
I.C.3.a.ii K est un gem-diol, forme hydratée de la cétone.
I.E.1 Combien de carbones asymétriques présente la Nootkatone ?

Partie II
II.A.2 Quel équilibre est établi ? Quelle relation entraîne-t-il entre les 
potentiels
chimiques ?
II.A.3.c Il s'agit encore d'un équilibre qui entraîne une égalité de potentiels 
chimiques.
II.A.5 La solubilité, c'est la quantité de diiode que l'on peut dissoudre dans 
l'eau,
quelle que soit la forme sous laquelle il se dissout.
II.B.1.a Classer les espèces par degré d'oxydation.
II.B.1.b Écrire la loi de Nernst.
II.B.1.d Penser aux couples de l'eau.
II.B.2 Attention à la frontière I3 -/I- !
II.C.1.c Quel est le potentiel à l'équilibre ? Quelles réactions se produisent 
s'il augmente ? S'il diminue ?
II.C.2.a Utiliser qualitativement la loi de Nernst.
II.C.3 Quel est le point de fonctionnement du système dans les deux cas (courant
nul et courant imposé) ?

I.
I.A

Synthèse organique

Préparation du précurseur 1 : la pent-3-én-2-one

I.A.1 Le 3-hydroxybutanal possède la formule suivante :

O

OH

1

3

2

4

Il est formé par aldolisation de l'éthanal en milieu basique aqueux.

O
H
O

O

O

O

O

H

O

O

+H2 O

+

OH

O

-HO-
I.A.2.a Si l'on place un mélange d'éthanal et de propanone en milieu basique
aqueux, chaque espèce peut former un énolate. Chacun de ces énolates peut 
lui-même
réagir soit sur la propanone, soit sur l'éthanal. On a donc formation des 
quatre produits suivants :
O

OH

O

OH

(1)

(2)

O

O
OH

OH

(3)

(4)

I.A.2.b Le composé A comporte cinq atomes de carbone ; il s'agit donc de la
molécule 1 ou de la molécule 3. La molécule 3 comporte six protons 
magnétiquement
équivalents et non couplés (sur les deux groupes méthyle en  du groupe hydroxy),
mais le spectre RMN de A ne présente pas de singulet intégrant pour six protons.
Le composé A est donc la 4-hydroxypentan-2-one.

O
1

2

OH
3

A

4

5

Le spectre RMN de A peut être interprété de la manière suivante, en numérotant
les carbones suivant la nomenclature :
· Le singulet 3 H correspond aux protons portés par le carbone terminal, en  de
la cétone (C1 ). Son déplacement (2, 2 ppm) correspond bien à un proton en 
d'une cétone.
· Le doublet 3 H est dû aux protons terminaux (C5 ), couplés au proton lié à C4 
.
Le déplacement très faible (1, 2 ppm) est typique des protons d'une chaîne
aliphatique.
· Le singulet 1 H correspond au proton alcoolique. Son déplacement (2, 6 ppm)
est compatible avec la table donnée en annexe.
· Le doublet 2 H est dû aux protons portés par C3 , couplés au proton porté
par C4 . Le fait qu'il soit en  du groupe carbonyle explique son déplacement
chimique (2, 4 ppm).
· Le multiplet 1 H correspond au proton lié à C4 . Il est couplé aux trois 
protons
terminaux, ainsi qu'aux deux protons du C3 . Ce signal est donc un quadruplet
de triplets. Son fort déplacement (aux alentours de 4 ppm) est expliqué par
la proximité de l'atome d'oxygène.
Le quadruplet de triplets ne sera pas visible en tant que tel sur le spectre RMN
du produit A. En effet, les deux constantes de couplage sont très proches
(chaîne alphatique), il y a donc superposition des deux contributions, et le
proton peut être considéré comme ayant cinq voisins identiques. Le signal
sera alors un sextuplet.
I.A.2.c Pour obtenir uniquement le composé A, il faut que le seul carbanion 
présent
dans le milieu soit l'énolate de la propanone, et qu'il ne réagisse que sur 
l'éthanal.
On peut donc utiliser une base forte pour former quantitativement l'énolate de 
la
propanone, afin d'éviter les réactions de condensation de l'énolate sur la 
propanone
elle-même, puis ajouter l'éthanal pour qu'ait lieu la réaction d'addition de 
cet énolate
sur l'éthanal. La base choisie doit être forte, et le solvant aprotique (pour 
pouvoir
utiliser une base forte).
I.A.3 La déshydratation d'un alcool en position  d'un groupe carbonyle s'appelle
crotonisation. Elle se produit après une aldolisation, par simple retour en 
milieu
acide. Un léger chauffage est parfois nécessaire. Elle peut aussi se produire 
en milieu
basique, mais la réaction est plus difficile à obtenir, à moins que la double 
liaison
formée ne soit conjuguée avec un système aromatique.